Complex Adaptive Systems: New Ways to Study Officer Training
[YouTube, 22.08.2026, Military History Not Visualized]
Warum modelliert man Kriegführung, statt nur aus der Militärgeschichte zu lernen? Oberst i Gst Patrick Hofstetter argumentiert, dass die verschiedenen Perspektiven sich ergänzen. Historische Vergleiche, qualitative und quantitative Forschung sowie Simulationen machen je andere Aspekte sichtbar. Gerade im Krieg fehlen oft verlässliche Daten. Agentenbasierte Modelle können deshalb helfen, wiederkehrende Muster und Wechselwirkungen zu erkennen. Das Gespräch führt von Selbstähnlichkeit und Flankenschutz bis zu einer sehr praktischen Frage: Wie lassen sich Ausbildung, Erholung und Einsatz von Truppen sinnvoll verbinden?
Starke Führung ohne starke Führer: Was die Schweiz von zeitgemässer militärischer Führung lernen kann
[Sichtweisen Schweiz, 29.09.2026, Patrick Hofstetter]
Klare Aufträge, Respekt vor Menschen und handlungsfähige Organisationen: Militärische Führung verbindet, was in Krisen leicht auseinanderfällt. Davon kann nicht nur die Schweizer Armee lernen. In diesem Meinungsartikel legt der Autor dar, dass starke Führung nicht zwingend starke Führer braucht – und dass die Schweiz dies und vieles mehr von zeitgemässer militärischer Führung lernen kann, um für die die nächste Krise besser gewappnet zu sein.
True to Swiss Armed Forces operational guidelines «Augen vor Bewegung», any movement must be preceded by reconnaissance. Open-source intelligence (OSINT) can help soldiers gain the required situational awareness and can therefore support individual training and mission planning. Exploring the various functions of Google Earth Pro can serve as a useful starting point. For this purpose, a great resource is the «OSINT at Home» series on the YouTube channel «Bendobrown» of the OSINT investigator Benjamin Strick.
Important: As open-source information can be outdated, wrong or incomplete, it should be used carefully and in combination with other sources.
A lot of ink has been spilled about the effectiveness of aerial drones in the Russian-Ukrainian War. These wartime innovations and adaptations in Ukraine have prompted analysts to debate to what extent other armed forces can extract “lessons learned” from the ongoing war, and to what extent those lessons can solely be applied to the unique context of the Russian-Ukrainian War. A US-American who volunteered in the Ukrainian Special Operations Forces (SSO), and has also worked with the Taiwanese Armed Forces, now provides his viewers with insights on the factors in Taiwan which would force drone warfare to be conducted differently. He mentions how Ukraine is a country with vast open fields separated by tree lines, and how Taiwan features more mountainous and densely vegetated areas which carry implications for signal range, the effectiveness of enemy camouflage and so on. As parts of Switzerland are similarly mountainous to Taiwan, some of the video’s insights are relevant for the Swiss Armed Forces.
The Heart of War: Ukraine’s Key Battlefield System
[CEPA, 16.03.2026, David Kirichenko]
Ukrainian aerial drones and increasingly also ground drones are gathering a lot of international attention. Yet in this article, Kirichenko argues that this is just one part of the picture; hardware is one thing, software the other. The author stresses how important software such as the battlefield management system “Delta” is in coordinating hardware effectively. Delta is crucial for situational awareness and near real-time command. It helps with targeting and avoiding friendly fire. Moreover, integrated AI capabilities mean kill chains can further be shortened. Overall, the article shows how hardware is just part of the picture, and that for hardware to be truly effective it needs to be well-integrated within the larger system.
Brookfield argues that Europe has invested too heavily in expensive missile-centric air defence when trying to solve the problem of cheap, mass-produced drones. He argues that low-cost drones can be produced and financed on a much larger scale than advanced interceptor missiles. He mentions the Falklands War and the current Russian-Ukrainian war to argue that a sustainable defence against massed attacks combines gun-based air defences with interceptor drones.
Le « Update Conduite » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien. Si vous découvrez des choses intéressantes à lire sur Command, Leadership ou Management, nous serions heureux que vous les partagiez avec nous. Nous serions heureux de recevoir des conseils pour le prochain numéro du Leader’s Digest par leadersdigest@leadershipcampus.ch.
Nouveau : tous les articles parus jusqu’à présent dans la rubrique « Update Conduite » sont désormais disponibles dans les Archives Update Conduite.
Gabriel étudie les limites de résistance psychologique des soldats en temps de guerre. Son analyse du « soldat chimique » et de l’influence pharmacologique sur l’anxiété, l’épuisement et la capacité à tenir le coup revêt une importance particulière. Cet ouvrage met en lumière la frontière entre traitement médical, amélioration des performances militaires et devoir de protection.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce livre ?
Le langage clair et direct ainsi que la retenue délibérément objective de l’auteur permettent de ressentir directement l’horreur de la guerre, sans pour autant la réduire à une abstraction clinique.
Y a-t-il des points sur lesquels vous ne soutenez pas l’argumentation du livre ou des domaines qui, selon vous, ne sont pas assez développés ?
Cet ouvrage a été publié en 1987 et est donc marqué par la guerre froide. Il ne peut donc pas tenir compte des changements de paradigme liés à la « Global War on Terror » et à la guerre russo-ukrainienne.
À qui s’adresse votre recommandation ?
Aux soldats et aux supérieurs hiérarchiques peu expérimentés et naïfs quant à la réalité de la guerre.
En quoi ce livre vous a-t-il aidé dans votre quotidien de chef militaire ?
Cela m’a fait prendre pleinement conscience des horreurs de la guerre et de la responsabilité qui incombe à un supérieur hiérarchique. Cela m’a permis de faire le lien avec mon expérience de soldat en Afghanistan.
À quel aspect du modèle Command-Leadership-Management rattachez-vous ce livre ?
La dimension humaine, notamment le leadership, occupe clairement une place centrale dans cet ouvrage. L’accent mis sur le leadership est essentiel pour se préparer à la guerre.
À propos de l’auteur de la recension
Le capitaine Alexander Schäbler est officier régional chargé de la jeunesse au sein de la Bundeswehr à Potsdam et chargé de mission en matière de politique de sécurité. Il intervient dans les écoles et auprès du grand public pour aborder les questions de la guerre et de la paix, ainsi que la politique étrangère et de sécurité allemande. Auparavant, il a servi au sein du Service central de santé militaire et a été déployé en Afghanistan et au Mali. Cap Schäbler est titulaire d’un master en études stratégiques et est membre permanent du comité consultatif chargé des questions de commandement interne auprès du ministre allemand de la Défense.
À propos du « Livre du mois »
Le « livre du mois » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.
Nouveau : tous les articles parus jusqu’à présent dans la rubrique « Livre du mois » sont désormais disponibles dans les Archives Livre du mois.
Les jeux de décision de Leader’s Digest vise à inciter les abonnés de cette newsletter à de se mettre – dans le cadre de scénarios – dans le rôle de personnes qui se trouvent confrontées à des défis éthiques ou tactiques.
Nous reprenons d’abord le dernier scénario présenté ; ensuite, Col Patrick Hofstetter, enseignant conduite et communication à l’Académie militaire de l’EPF Zurich, présente les recommandations d’action que nous avons reçues. Ce mois-ci, le gagnant recevra, en plus du livre du mois du mois dernier, le jeu de société « Offensive Le Jeu ».
Via Negativa est un outil d’appréciation de situation : à partir d’un ordre de bataille, d’un plateau et d’un dispositif donnés (Partie A), bornés par des servitudes de mouvement, de portée, le participant formule un jugement tactique. Le participant n’y exécute rien : il ne déplace pas de pion selon des règles de résolution, il ne tranche aucun combat. Son rôle est d’analyser la situation posée et de produire une appréciation — possibilités d’évolution et intention de combat — comme il le ferait face à une situation réelle. La plus-value didactique de la Via Negativa tient à cette discipline : en commençant par écarter ce qui est impossible plutôt qu’en imaginant ce qui est souhaitable, elle réduit le risque de construire un raisonnement à partir d’un scénario choisi à l’avance, et resserre le jugement sur ce que la situation permet réellement. La méthode s’appelle Via Negativa parce qu’elle commence par ce qui est exclu, non par ce qui est possible : on établit d’abord ce que Rouge ne peut pas faire, avant de risquer une hypothèse sur ce qu’il fera probablement.
Les éléments ci-dessous sont donnés : ils décrivent la situation de départ et le cadre du problème. Veuillez consulter l’image ci-dessous.
Situation
Bleu (BLUEFOR) est la propre force chargée de progresser vers un objectif (case N6). Rouge (OPFOR) est une force adverse déployée en position défensive.
1 compagnie d’infanterie mécanisée (Symbole : soldat avec arme antichar)
2 compagnies de chars de combat (Symbole : char)
2 sections de drones effecteur (tir indirect) (Symbole : drone)
OPFOR
2 compagnies d’infanterie légère en case L8 et J5
1 compagnie de chars de combat en case L9
1 section de drone effecteur (tir indirect) en case I5
Plateau et terrain
Grille de 26 × 16 cases. Colonnes numérotées de 1 à 10, lignes repérées de A à O. Chaque case représente un type de terrain.
Cases blanches — terrain découvert. Permet le mouvement des unités lourdes (infanterie mécanisée / chars de combat).
Cases vertes — terrain couvert. Position défensive avantageuse pour l’unité qui s’y trouve.
Cases grises claires — zones urbaines. Position défensive avantageuse pour l’unité qui s’y trouve.
Cases grises foncées — réseau routier. Permet le mouvement des unités lourdes (infanterie mécanisée / chars de combat).
Cases bleues — rivières. Une rivière ne peut être franchie que par un pont, quel que soit le type d’unité.
Dispositif de départ
OPFOR est déployé selon son dispositif défensif. BLUEFOR établit son propre dispositif de départ sur les cases qui lui sont attribuées.
Objectifs
BLUEFOR doit s’emparer vers la case objectif (N6) (case marquée d’un carré bleu en traitillé).
Mouvement et portées des systèmes
Ces éléments bornent ce qu’une unité peut ou ne peut pas faire. Ce sont des limites de capacité et de posture.
Compagnie d’infanterie légère
Mouvements : Jusqu’à 2 cases par séquence temporelle (environ 30’), tout terrain sauf rivière — franchissement possible uniquement par un pont.
Efficacités/portées : 2 cases, 1 case en terrain couvert ou urbain.
Compagnie d’infanterie mécanisée
Mouvements : Jusqu’à 3 cases par tour terrain découvert ou réseau routier uniquement — ni terrain couvert, ni zone urbaine, ni rivière hors pont.
Efficacités/portées : 1 case, sans influence du terrain.
Compagnie de chars de combat
Mouvements : Jusqu’à 3 cases par tour terrain découvert ou réseau routier uniquement — ni terrain couvert, ni zone urbaine, ni rivière hors pont.
Efficacités/portées : 3 cases en terrain découvert, 1 case en terrain couvert ou urbain avec route.
Section de drone effecteur
Mouvements : Jusqu’à 2 cases par séquence temporelle (environ 30’), tout terrain sauf rivière — franchissement possible uniquement par un pont.
Efficacités/portées : 3 cases, sans influence du terrain.
Questions
À partir des seules conditions de jeu et servitudes à respecter, établir une appréciation de situation en quatre volets, dans cet ordre :
Impossibilités de OPFOR. Avant toute hypothèse positive, établir ce que OPFOR ne peut pas faire — ce que les conditions et servitudes excluent d’emblée. Ce volet ne cherche pas ce que OPFOR fera, mais ce qui est déjà hors de sa portée.
Possibilité de développement déterminante. Une fois les impossibilités posées, quelle évolution de la situation, parmi ce qui reste ouvert à OPFOR, est la plus probable ou la plus lourde de conséquences pour BLUEFOR ?
Intention de combat. Pour la possibilité déterminante, ce que BLUEFOR déciderait de faire — formulé de façon synthétique : Force – espace – temps – information, avec justification.
Situation de départ. En tant que BLUEFOR, comment vais-je placer mes 5 unités au début sur les cases A3 à A8 ?
Recommandation d’action du jeu de décision de Leader’s Digest #28
Avec le Decision Game #30, nous avons pour la première fois proposé un TDG fondé sur le concept de jeu Via Negativa. La différence essentielle par rapport aux TDG précédents réside dans le fait que l’on ne cherche pas immédiatement la meilleure solution tactique. Le point de départ consiste plutôt à déterminer ce que l’adversaire ne peut pas faire. Sur la base de ce processus d’exclusion, on déduit une possibilité déterminante d’évolution de la situation adverse, puis l’intention de combat propre. Le plateau de jeu sert ainsi de base structurée à l’appréciation tactique – sans qu’il soit nécessaire de jouer effectivement les différents tours.
Nous avons tenu compte de cette logique dans l’évaluation. Chaque solution a été notée sur une échelle de 0 à 5 selon cinq critères : impossibilités de l’OPFOR 25 %, possibilité déterminante d’évolution de la situation 20 %, intention de combat 30 %, cohérence interne et dispositif initial 10 %, ainsi que décisions réservées et capacité d’adaptation 15 %. La qualité de l’analyse de ROUGE représente ainsi 45 % de la note. Ce choix est délibéré : une bonne intuition tactique peut conduire au bon résultat dans une situation donnée ; une méthode explicite et vérifiable doit, en revanche, rester applicable lorsque la situation change.
Trois approches différentes
Les trois contributions illustrent très clairement cette différence. Le cap Raphael Iselin obtient la première place avec 2,95 points sur 5 ; les deux autres solutions sont proches, avec respectivement 2,30 et 2,10 points.
Le cap Iselin convainc notamment par l’analyse la plus systématique des possibilités d’action adverses. Il combine les capacités de mouvement et les portées d’action des différents systèmes d’armes pour en déduire les limitations de l’OPFOR. Il relève également que l’objectif N6 n’offre lui-même aucune protection et identifie la section de drones adverse comme un élément-clé qu’il convient de neutraliser le plus tôt possible. Sa volonté d’obtenir une « avance dans la décision » touche ainsi à un mécanisme central de la situation. Sa solution comporte toutefois également des erreurs. Son effort principal passe par le franchissement sud, couvert par les drones et les chars, alors que le franchissement nord se trouve initialement hors de portée des chars rouges. La qualité de l’analyse ne se traduit donc pas entièrement dans sa propre intention de combat. En outre, plusieurs possibilités d’évolution adverses sont évoquées sans que l’une d’elles soit clairement désignée comme déterminante ou particulièrement dangereuse.
Le deuxième suit presque le chemin inverse. Son idée de manœuvre est celle qui se rapproche le plus de notre solution de référence : il choisit le franchissement nord, entend d’abord y battre une partie limitée de l’adversaire et ainsi combattre les forces rouges successivement plutôt que simultanément. Ses réflexions sur l’adaptation ultérieure à la réaction adverse vont également déjà dans le sens de décisions réservées. Le problème réside surtout dans la justification. La première étape de la Via Negativa est à peine appliquée ; elle est en partie remplacée par un raisonnement en miroir du type « si j’étais l’adversaire, je ferais… ». L’intuition tactique est donc plausible, mais seulement partiellement reproductible. S’y ajoutent quelques incohérences dans le dispositif initial ainsi que la fixation de forces devant le franchissement central, particulièrement bien couvert.
Le troisième, qui suit de près, propose quant à lui le cadrage formel le plus rigoureux de l’exercice. Il identifie deux ambiguïtés réelles dans l’énoncé, calcule le temps nécessaire pour atteindre N6 et formule un besoin en renseignement relativement précis, assorti de déclencheurs pour les décisions ultérieures. Son idée de dégrader d’abord les forces rouges avant l’action décisive va également dans la bonne direction. Ici aussi, le principal problème réside toutefois dans le manque de cohérence entre l’analyse et l’ordre : bien qu’il constate lui-même que l’OPFOR peut agir plus rapidement sur N6, sa solution finit malgré tout par se transformer en course vers l’objectif. S’y ajoutent des erreurs de calcul concernant l’action des drones et un effort par le franchissement central, couvert par trois systèmes adverses.
La comparaison des trois solutions montre ainsi particulièrement bien pourquoi la méthode a été davantage pondérée dans ce TDG que la simple concordance avec une solution de référence. Pour un instrument destiné à entraîner l’appréciation tactique comme la Via Negativa, la qualité de la démarche analytique est finalement déterminante. L’analyse de référence montre par ailleurs que la situation doit être comprise moins comme une course vers N6 que comme un problème de séquençage : d’abord maîtriser le drone adverse et les positions de feu dangereuses, ensuite réduire les différents éléments adverses, et seulement à la fin occuper l’objectif.
Nous félicitons chaleureusement le cap Raphael Iselin et lui souhaitons beaucoup de plaisir à la lecture de What I Learned Losing a Million Dollars de Jim Paul et Brendan Moynihan, ainsi qu’à la découverte du jeu de plateau Offensive Le Jeu, offert en complément.
En novembre, nous proposerons à nouveau un TDG fondé sur ce concept de jeu. Pour la prochaine édition, nous recommandons à toutes les participantes et à tous les participants de garder en particulier les trois points suivants à l’esprit :
Exclure d’abord, puis raisonner sur le champ restant. Avant toute hypothèse sur le comportement adverse, établir ce que chaque unité adverse ne peut pas faire en fonction du mouvement, de la portée et du terrain. Le plan s’appuie ensuite uniquement sur le champ qui subsiste : si cette base est solide, le reste du raisonnement l’est aussi.
Dimensionner le plan sur le dangereux, pas sur le probable. Dans le champ restant, la possibilité la plus probable n’est pas forcément celle contre laquelle le plan doit tenir. Le plan doit rester robuste face à la plus dangereuse, parce que c’est elle qui fait basculer la situation si elle se réalise.
Rattacher les décisions réservées aux exclusions. Pour chaque ajustement, formuler le déclencheur sous la forme « si X est observé, Y suit », et préciser quelle exclusion X remettrait en cause. Le plan reste ainsi lié à ses fondations et se corrige dès que l’une d’elles cède.
À propos du « Jeu de Décision »
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CONEX 26 - Point d'accès radio (RAP) blindé dans le tunnel du Bözberg. Photo : VBS/DDPS (Ben Zurbriggen)
Military Leadership in Extreme Situations: An International Perspective
[Springer, 2026, Sarah von Felten (ed.)]
The volume examines military leadership in extreme situations from an international comparative perspective. Contributions from sixteen countries and regions address how armed forces conceptualise leadership and prepare military personnel for demanding operational environments. The chapters cover themes such as decision-making under uncertainty, resilience, adaptability, ethics and followership, while considering the influence of different institutional, cultural, and security contexts.
[NZZ Libro, 2026, Patrick Hofstetter, Thomas Vogel, Reto Wegmann]
Comment conduire lorsque le quotidien oscille entre chaos et complexité tout en exigeant précision et fiabilité? Les auteurs proposent un cadre pratique qui articule trois perspectives complémentaires: la mission, l’humain et l’organisation. Modèles, outils et exemples permettent aux cadres de structurer leur action et de mieux faire face aux tensions inhérentes à la conduite. Cette édition est une traduction de l’ouvrage allemand «Auftrag. Mensch. Organisation.» des mêmes auteurs, adaptée géographiquement au lectorat francophone par des exemples et des références spécifiques.
Individuelle Katastrophenvorsorge: Gefährdungswahrnehmung, Informationsbedürfnisse und persönliche Vorsorge der Schweizer Bevölkerung
[CSS ETH, April 2026, Simon Aebi, Jurgena Kamberaj]
Das Center for Security Studies an der ETH hat im Rahmen eines Risk & Resilience Reports eine Studie zu individueller Katastrophenvorsorge durchgeführt, die auf einer repräsentativen Umfrage basiert. Die Studie zeigt unter anderem, dass sich die individuelle Katastrophenvorsorge im Vergleich zu den letzten Umfragen in 2011 und 2017 weiterentwickelt hat, diese jedoch auch heute noch zu unsystematisch ist. Die Autoren der Studie schlagen vor, diesem Mangel an systematischer individueller Katastrophenvorsorge mit effektiver Kommunikation entgegenzutreten, sowie Katastrophenwarnungen via Mobilfunk (Cell Broadcast) zu ermöglichen. Die vollständige Studie können Sie auf dem folgenden Link als PDF-Datei herunterladen.
The End of Audacity? Artificial Intelligence and the Future of Command
[Modern War Institute, 24.12.2025, Antonio Salinas, David V. Gioe]
Salinas and Gioe highlight the role audacity played in successful military operations, and note that military officers should beware of “algorithmic caution”, where a lack of AI’s approval leads to a lack of decisive action. The authors use historic examples such as the D-Day landings in Normandy to showcase how Clausewitz’ moral forces and other factors shape the success of military operations; they argue that as AI struggles with those non-quantifiable factors, it is crucial that officers see AI as a tool to help decision-making, rather than to look to AI for leadership itself.
Ukrainian computer game-style drone attack system goes viral
[Guardian, 03.11.2025, Robert Booth]
In this article Booth describes how Ukraine «gamified» and decentralised procurement processes. Since 2024, a various number of points are distributed to Ukrainian units when they destroy a Russian target, and those points can then be used by said unit to order more equipment on the Brave1 marketplace, which has been called «Amazon-for-War». As the distributed points per target can be adapted and hence incentives can be shifted, the point system can be adapted to changing battlefield priorities.
Austria’s Neutrality At 70—Is it Still Fit for Purpose?
[ICDS, 27.10.2025, Felix Gasper]
Debates on neutrality are not unique to Switzerland, and are also ongoing in Switzerland’s eastern neighbour. Whereas Austria is part of the EU and Switzerland is not, the similarities of the neutrality debates in both countries are striking.
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Les raisons de perdre sont bien plus universelles et identifiables que les raisons de gagner. Le livre part d’un postulat déstabilisant : il n’existe pas de méthode universelle pour gagner, mais il existe des mécanismes universels par lesquels on perd — et ces mécanismes sont avant tout psychologiques. Maîtriser les conditions de la perte est donc la condition préalable à tout succès durable.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce livre ?
Son honnêteté chirurgicale. Jim Paul ne livre pas un manuel de succès mais une autopsie détaillée de son propre effondrement — financier, psychologique, professionnel. Ce qui me touche particulièrement, c’est la distinction qu’il opère entre les fautes d’analyse et les fautes dans l’application : on peut avoir raison sur le fond et tout perdre par incapacité à gérer ses propres biais dans l’exécution. Cette séparation entre le raisonnement et le comportement est d’une pertinence immédiate pour le chef militaire, qui doit non seulement concevoir une manœuvre juste, mais tenir psychologiquement lorsque la réalité s’écarte du plan.
Y a-t-il des points sur lesquels vous ne soutenez pas l’argumentation du livre ou des domaines qui, selon vous, ne sont pas assez développés ?
Le livre reste ancré dans le monde financier américain des années 1980, et certains exemples vieillissent mal. Plus fondamentalement, il traite principalement de décisions individuelles — la dimension collective, centrale dans le commandement militaire, y est peu développée. La question de savoir comment les biais individuels se propagent et s’amplifient au sein d’un état-major ou d’une unité mériterait un développement à part entière.
À qui s’adresse votre recommandation ?
À tout officier ou sous-officier qui a déjà maintenu une décision trop longtemps par ego, qui a confondu une série de succès avec une compétence durable, ou qui a sous-estimé la part psychologique dans ses propres erreurs de commandement. Ce livre est également accessible à un lecteur civil : sa réflexion sur le risque, l’incertitude et les biais cognitifs dépasse largement le cadre boursier.
En quoi ce livre vous a-t-il aidé dans votre quotidien de chef militaire ?
Ce livre m’a d’abord offert quelque chose d’inattendu : une compréhension plus claire de la « nature même » de la prise de décision en environnement incertain. En lisant l’autopsie que Jim Paul fait de ses propres erreurs, j’ai réalisé que l’incertitude n’est pas un obstacle extérieur à la décision — elle en est la condition permanente et irréductible. On ne décide jamais « malgré » l’incertitude ; on décide « dans » l’incertitude, et c’est précisément là que les biais prennent le dessus.
Ce qui m’a le plus frappé, c’est la similarité profonde entre la situation du trader et celle du chef militaire. Les deux évoluent dans un environnement où l’information est incomplète, le temps contraint, les conséquences asymétriques et le retour d’expérience souvent trop tardif pour corriger le tir. Le trader qui maintient une position perdante en espérant un retournement du marché et le commandant qui s’accroche à un plan dépassé par la situation commettent structurellement la même erreur — non par manque d’intelligence, mais parce que leur psychologie les protège de l’inconfort d’avoir tort.
Cette découverte a changé ma manière d’aborder mes propres décisions. J’ai commencé à traiter mes ordres moins comme des plans à tenir que comme des « hypothèses à falsifier » — en définissant à l’avance les signaux et des mécanismes qui doivent me conduire à les réviser, indépendamment de l’investissement déjà consenti. C’est peut-être la leçon la plus opérationnelle du livre : la discipline de la perte, bien comprise, est une forme de lucidité tactique.
À quel aspect du modèle Command-Leadership-Management rattachez-vous ce livre?
Principalement au Command: la gestion de l’incertitude, la discipline de révision des décisions et la résistance aux biais cognitifs sous pression sont des compétences de commandement au sens plein. Mais aussi au Leadership: comprendre ses propres mécanismes d’aveuglement est un préalable à la crédibilité. Un chef qui ne connaît pas ses biais les transmet à son unité.
Où voyez-vous les plus grands défis à venir pour la conduite dans l’armée suisse ?
Le défi central est de former des cadres capables de distinguer une décision juste dans son principe d’une décision devenue fausse dans son application — et d’avoir le courage de la réviser publiquement. La culture institutionnelle tend à valoriser la constance comme vertu, parfois au détriment de l’adaptabilité. Or, dans un environnement à haute intensité, s’accrocher à un plan dépassé par les événements n’est pas de la ténacité : c’est une faute tactique.
Et où voyez-vous les plus grandes chances à cet égard ?
La prise de conscience croissante que la robustesse psychologique est une compétence de commandement à part entière, pas un trait de caractère inné. Les jeunes cadres suisses montrent une capacité réelle à remettre en question leurs propres raisonnements lorsqu’on leur en donne le cadre et la légitimité. Introduire explicitement dans la formation des outils d’analyse des biais décisionnels — à côté des outils d’analyse tactique — serait un levier de progrès considérable pour l’institution.
À propos de l’auteur de la recension
Maj EMG Mavrik Grangier est officier de carrière au sein de la Formation d’application des blindés et de l’artillerie de l’Armée suisse, responsable pour l’introduction de TASYS (système d’exploration tactique). Commandant désigné (2027) d’un groupe d’artillerie, il développe une réflexion sur le leadership, la prise de décision en environnement incertain et l’organisation militaire, qu’il nourrit d’une lecture interdisciplinaire alliant stratégie, épistémologie et management.
À propos du « Livre du mois »
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Spécialistes de la montagne sur le terrain.
Photo : VBS/DDPS (Philipp Schmidli)
Les jeux de décision de Leader’s Digest vise à inciter les abonnés de cette newsletter à de se mettre – dans le cadre de scénarios – dans le rôle de personnes qui se trouvent confrontées à des défis éthiques ou tactiques.
Nous reprenons d’abord le dernier scénario présenté ; ensuite, Dr. Florian Demont, éthicien militarie à chaire du conduite et communication à l’Académie militaire de l’EPF Zurich, présente les recommandations d’action que nous avons reçues.
Jeu de décision de Leader’s Digest #29
Ce scénario est une adaptation de l’épisode de Star Trek : La Nouvelle Génération intitulé « La Chasse aux sorcières » (1991, saison 4, épisode 21) et traite des mesures excessives de prévention du terrorisme qui s’intensifient de manière exponentielle, sans jamais sortir du cadre légal, mais qui deviennent éthiquement discutables, car l’intention de prévenir le terrorisme se heurte à la réalité de l’intimidation, de la délation et, le cas échéant, des erreurs judiciaires au nom de la prévention générale.
Vous êtes commandant de compagnie et un accident de voiture a eu lieu dans votre unité, causant d’importants dommages matériels, mais sans faire de blessés. Par hasard ou non, un camarade a été vu la veille au soir à proximité du véhicule accidenté. Comme cette personne a en outre de la famille en Chine, en France, en Russie, au Royaume-Uni et aux États-Unis d’Amérique, certains camarades spéculent sur un possible sabotage ou sur des motivations terroristes.
Lorsqu’une commission d’enquête externe, composée de membres haut gradés et hautement professionnels du département, se penche sur l’accident, sa présidente ou son président vous dit en aparté qu’il est certain qu’il ne peut pas y avoir eu un seul saboteur, mais qu’au moins trois personnes ont dû collaborer. Pour protéger les autres camarades et à titre de prévention dissuasive, ces personnes devraient, même en l’absence de preuves suffisantes, être déstabilisées par des pressions appropriées et amenées à avouer ou, au minimum, à quitter les forces armées. Surtout dans la situation géopolitique actuellement si tendue, il faudrait tuer le mal dans l’œuf et envoyer des signaux clairs de souveraineté nationale ainsi que de tolérance zéro face au sabotage.
Il vous est demandé discrètement, sans tenir compte d’éventuelles amitiés personnelles, de désigner les trois personnes que vous jugez les plus capables d’un tel acte et, dans la mesure où vous en avez connaissance dans le cadre du service ou à titre privé, de transmettre à la direction de la commission toute information susceptible de les compromettre.
On vous garantit l’anonymat ainsi qu’un accompagnement pénal et psychologique militaire correct du processus, dès que les mesures de protection immédiates auront pris effet. Dans le même temps, il est laissé entendre que, si vous ne pouvez ou ne voulez désigner personne, le soupçon pourrait très bien naître que vous-même, en tant que commandant, cherchiez à protéger quelqu’un, voire à le couvrir. Après tout, il ne s’agirait pas seulement de cet accident concret, respectivement de cet acte de sabotage, mais de la sécurité nationale.
Questions
Comment procédez-vous ?
Recommandation d’action du jeu de décision de Leader’s Digest #29
Le scénario du dernier jeu de décision confrontait les participants à un conflit fondamental en matière de conduite : un commandant est soumis à des pressions informelles de la part de la direction d’une commission d’enquête externe afin de désigner, sans éléments de preuve solides, des militaires de sa propre unité comme responsables présumés d’un acte de sabotage. Cette demande est justifiée par des impératifs de sécurité nationale dans un contexte géopolitique tendu. La tâche consistait à réagir à cette requête contraire au droit sans porter atteinte ni au fonctionnement des institutions ni à la responsabilité du commandant envers sa propre unité. Les solutions soumises ont présenté différentes approches particulièrement pertinentes pour la pratique de la conduite militaire.
Le deuxième prix revient à Markus Heini, qui a choisi une confrontation directe et fondée sur des principes. Il exige de la commission une confirmation écrite de la demande contraire au droit, renvoyant ainsi clairement la responsabilité de celle-ci à son auteur. Son argumentation éthique se distingue par sa grande clarté : quiconque suspend les principes de l’État de droit au nom de la sécurité porte précisément atteinte à l’institution qu’il prétend protéger.
Le premier prix revient au Plt Arthur Martin Lopez. Sa contribution se distingue par une analyse approfondie et systématique de la situation ainsi que par une stratégie d’action qui en découle de manière précise. Le Plt Lopez identifie tout d’abord le caractère informel de l’entretien comme une tentative délibérée d’influencer sa décision. Plutôt que de s’engager dans une confrontation verbale, il choisit de consigner immédiatement les faits dans une note au dossier et de transmettre l’affaire par la voie de service officielle.
L’élément déterminant pour l’attribution du premier prix réside toutefois dans sa manière d’assumer la conduite au sein de l’unité. Alors que d’autres contributions ont largement laissé cet aspect de côté, le Plt Lopez a identifié le danger que représentent les rumeurs persistantes pour la cohésion de la compagnie, notamment au regard des origines multinationales du militaire soupçonné. Il prévoit une communication active et structurée envers la troupe afin de mettre un terme aux spéculations susceptibles de nuire à la cohésion et de faire respecter le principe de la présomption d’innocence.
L’évaluation de cet EDG souligne que l’intégrité dans la conduite militaire est particulièrement mise à l’épreuve lorsque la pression institutionnelle se conjugue avec la perspective d’une solution apparemment simple. Dans la pratique, il ne suffit pas d’affirmer son attachement aux principes de l’État de droit. Il faut également être capable de traduire cette position en mesures concrètes, juridiquement fondées et appropriées du point de vue de la conduite. La protection des subordonnés contre l’arbitraire demeure à cet égard un élément central de la responsabilité du commandement militaire.
Nous adressons nos chaleureuses félicitations au Plt Arthur Martin Lopez et lui souhaitons une excellente lecture de «Philosophische Anthropologie und Religion», ouvrage publié sous la direction de Moritz von Kalckreuth.
À propos du « Jeu de Décision »
Le « Jeu de Décision » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.
Nouveau : vous trouverez tous les articles parus jusqu’à présent dans la rubrique « Jeu de Décision », classés et archivés, en cliquant sur les deux liens suivants :
[MILAK ETH, 26.05.2026, Tibor Szvircsev Tresch et al.]
Die diesjährige Studie zur aussen-, sicherheits- und verteidigungspolitischen Meinungsbildung der Schweizer Stimmbevölkerung zeigt unter anderem: 50% sind der Ansicht, dass Auslandeinsätze der Schweizer Armee zur Sicherheit der Schweiz beitragen. Die Zustimmung zu einer Annäherung der Schweiz an die NATO ist um 3 Prozentpunkte auf 56% gestiegen. Nur noch 25% befürworten die Abschaffung der Wehrpflicht – der tiefste Wert seit 1983.
Over the past few years, both sides in the Russo-Ukrainian War have adopted unmanned aerial systems (UAS) extensively at the tactical level. Deep strikes, including attacks on Russian oil refineries, also have strategic effects. Ukraine now fields improved fixed-wing drones that use AI for terminal guidance, enabling them to reach their targets even under electronic-warfare disruption. Combined with degraded Russian air defence capabilities, this means that Ukrainian medium-range strikes increasingly generate effects at the operational level. Protecting military logistics under similar conditions is therefore a pressing question for many armed forces.
Beyond FPVs: Learning the Lessons of the Ukraine War, All of Them
[Modern War Institute, 08.10.2025, Sam Scanlon]
Scanlon argues that the war in Ukraine is neither a crystal ball for future warfare nor irrelevant to it. While debate often remains fixated on aerial drones, innovation has spread across domains: ground robots increasingly perform routine and high-risk tasks, and maritime drones have evolved rapidly, as demonstrated by Ukrainian naval drones downing Russian fighter aircraft in May 2025. He further argues that low-cost deep-strike capabilities require equally low-cost defensive solutions. Overall, the article makes the case that armed forces must learn and adapt quickly enough to out-innovate a changing adversary.
Will, Cohesion, Resilience, and the Wars of the Future
[CSIS, 16.09.2025, Daniel Byman]
This article by the Center for Strategic and International Studies reasons that modern conflicts depend as much on political unity and societal resilience as on military power. Drawing on Ukraine and the Middle East, it highlights three imperatives, namely building public trust to strengthen societal resilience, reinforcing alliance cohesion through coordination, and countering divisive disinformation.
The Russian «Firehose of Falsehood» Propaganda Model
[RAND, 11.07.2016, Christopher Paul, Miriam Matthews]
Already having been published 10 years ago, this article examines in detail how modern Russian propaganda works, and why its inherent contradictions are not a flaw but rather a core feature. Paul and Matthews argue that people’s mental resilience and awareness are key in lowering their vulnerability to propaganda, saying “[D]on’t expect to counter Russia’s firehose of falsehood with the squirt gun of truth. Instead, put raincoats on those at whom the firehose is aimed”.
Bevölkerungsschutz im bewaffneten Konflikt: Ländervergleich zu Schutzbauten und Evakuierungen
[CSS ETH, Mai 2026, Leonard Schliesser]
Zivile Resilienz ist ein zentraler Bestandteil militärischer Verteidigungsfähigkeit. Um die Wiederausrichtung des Schweizer Bevölkerungsschutzes auf militärische Konflikte zu unterstützen, vergleicht diese Fallstudie den aktuellen Stand ziviler Schutzbauten und Evakuierungskonzepten in Finnland, Deutschland, Polen und in der Ukraine. Besonders hervorgehoben werden dabei das umfassende Sicherheitsmodell Finnlands, das Tempo im Polnischen Bevölkerungsschutz sowie die forcierte Improvisationsfähigkeit im Ukrainischen Bevölkerungsschutz. Auf der verlinkten Website können Sie die komplette Studie als PDF-Datei herunterladen.
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Nouveau : tous les articles parus jusqu’à présent dans la rubrique « Update Conduite » sont désormais disponibles dans les Archives Update Conduite.
À travers onze articles offrant des perspectives très variées, cet ouvrage propose un aperçu passionnant de la religion et de la religiosité en tant que composantes de l’identité humaine. La terminologie religieuse et les symboles religieux portés sous forme d’amulettes ou de tatouages sont fréquents non seulement sur les théâtres d’opérations, mais aussi chez les militaires de nos forces armées, souvent sans grande réflexion. Cet ouvrage propose différentes façons de prendre en compte ces aspects dans la pratique du commandement, sans pour autant instrumentaliser la religion ni porter atteinte à la liberté de culte.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce livre ?
Parce qu’il s’agit d’un recueil, l’ouvrage ne propose ni définition ni méthode uniforme, et donc potentiellement idéologique. Il revient aux lecteurs de se forger leur propre opinion.
Y a-t-il des points sur lesquels vous ne soutenez pas l’argumentation du livre ou des domaines qui, selon vous, ne sont pas assez développés ?
Non, car les différents articles s’appuient sur des arguments différents. Les lecteurs peuvent ainsi choisir eux-mêmes le point de vue qui correspond le mieux à leur expérience et à leurs convictions personnelles.
À qui s’adresse votre recommandation ?
À tous ceux qui souhaitent conduire des soldats de manière professionnelle tout en protégeant la liberté de religion, en tant que droit humain, dans la zone d’opération. Cette recommandation s’adresse également aux responsables qui souhaitent intégrer la religion de manière réfléchie et respectueuse dans leur propre pratique du commandement.
En quoi ce livre vous a-t-il aidé dans votre quotidien de chef militaire ?
Cet ouvrage présente des approches très variées permettant d’interpréter la perception religieuse d’un point de vue anthropologique, et met en lumière les motivations ou les freins qui peuvent en découler, tant chez les dirigeants que chez les dirigés.
À quel aspect du modèle Command-Leadership-Management rattachez-vous ce livre?
Leadership – car il s’agit avant tout d’intégrer de manière pertinente les connaissances anthropologiques dans sa propre pratique du leadership, tant dans le domaine civil que militaire : plus on identifie et reconnaît clairement les constantes humaines, plus on peut conduire et être conduit efficacement.
Où voyez-vous les plus grands défis à venir pour la conduite dans l’armée suisse ?
Je vois ici le même défi que chez nous, en Autriche. Il s’agit, face à un déluge (volontairement créé) d’informations et de suggestions d’actions dans l’espace numérique, de ne pas ignorer ni négliger les supérieurs hiérarchiques directs et les subordonnés, ainsi que leurs décisions.
Et où voyez-vous les plus grandes chances à cet égard ?
Dans le cadre de liens personnels, d’une réflexion claire et sereine sur ses propres racines et ses objectifs, ainsi que d’une coopération internationale constructive. Avec un clin d’œil venu d’Autriche : la « diplomatie de l’Apfelstrudel » peut elle aussi y contribuer. Il s’agit de prendre le temps de partager un repas, d’engager la conversation et de rester ouvert à son interlocuteur.
À propos de l’auteur de la recension
Le Militärdekan (aumônier) Stefan Gugerel enseigne, parallèlement à son activité d’aumônier militaire catholique, l’éthique militaire à l’Académie des sous-officiers de l’armée de terre à Enns ainsi qu’à l’Académie militaire thérésienne à Wiener Neustadt. Ses engagements à l’étranger l’ont jusqu’ici mené au Tchad, au Kosovo, en Bosnie-Herzégovine ainsi qu’au Liban. Pour Gugerel, James Bond et Star Trek constituent deux sources de culture populaire particulièrement intéressantes pour aborder des scénarios relevant de l’éthique militaire.
À propos du « Livre du mois »
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Les jeux de décision du Leader’s Digest vise à inciter les abonnés de cette newsletter à de se mettre – dans le cadre de scénarios – dans le rôle de personnes qui se trouvent confrontées à des défis éthiques ou tactiques.
Nous reprenons d’abord le dernier scénario présenté ; ensuite, Maj EMG Anton Regli et Col EMG Patrick Hofstetter, enseignant conduite et communication à l’Académie militaire de l’EPF Zurich, présentent les recommandations d’action que nous avons reçues.
Jeu de décision de Leader’s Digest #28
«Commandant, Commandant, Ils sont là ! Les ORIONISTES attaquent.» Tu es brutalement tiré de ton sommeil. Il te faut d’abord un instant, puis la nouvelle réalité te frappe comme une gifle :
Nous sommes en 2028, la guerre fait rage en EUROPE. Les États-Unis se sont détournés du partenariat transatlantique. Après une pression massive et des actions hybrides sur le front oriental, l’OTAN s’est fragmentée en alliances régionales de défense. La HONGRIE et l’AUTRICHE cèdent de plus en plus à la pression politique de l’agresseur oriental ORION. Celui-ci a annoncé vouloir entraîner la défense avancée de la patrie dans le cadre de la manœuvre WESTWIND 28. À cet effet, la 42e armée blindée de la Garde s’est déployée dans la région du VORARLBERG.
En réaction à la dégradation de la situation, le Conseil fédéral a mobilisé l’armée il y a trois mois et nommé un commandant en chef de l’armée. La population est divisée et effrayée. Dans les grandes villes en particulier, des voix réclament une adaptation : «mieux vaut vivre sous ORION que mourir inutilement». Le moral de l’armée reste en revanche intact, même si l’ancienneté du matériel et les faibles stocks préoccupent la troupe et ses chefs.
La conduite cohérente de l’armée s’est révélée difficile dès le début, car le système de commandement et de contrôle n’est pas encore introduit sur l’ensemble du territoire et nos réseaux semblent compromis. Des drones d’attaque ont déjà été employés ponctuellement contre des objectifs militaires et civils en SUISSE ORIENTALE, mais ORION en a toujours contesté l’attribution. La défense sol-air a révélé à cette occasion de graves lacunes. De plus, des actions régulières de probing sollicitent de plus en plus la flotte des anciens FA-18, et l’espace aérien n’est plus que partiellement sous notre contrôle.
Pour toutes ces raisons, le commandement de l’armée a opté pour un dispositif de déploiement très décentralisé. Une grande partie des formations d’infanterie a été immédiatement engagée pour protéger la frontière et les infrastructures critiques. Elles remplissent leur mission avec discipline. Le Cdt en chef a en outre mis en place, avec des régiments de volontaires, un réseau de forces légères couvrant toute la SUISSE afin de prévenir l’espionnage, le sabotage et la subversion, et ainsi renforcer le sentiment de sécurité de la population. Les forces lourdes conduisent l’instruction en fonction de l’engagement (IFE) réparties sur l’ensemble de la SUISSE. Afin de préserver la liberté d’action, une autonomie logistique élevée a été ordonnée, c’est-à-dire qu’une grande partie du matériel et des munitions a déjà été perçue par les bataillons. Les réserves ont été décentralisées et réparties entre les divisions et les brigades.
Le bataillon mécanisé 29 se prépare dans la région de THOUNE à un engagement possible. Tu commandes la compagnie DELTA, qui se trouve dans le secteur d’attente de BLUMENSTEIN après les exercices de tir de la veille.
L’officier de garde Dugalesi, qui t’a réveillé, t’informe de la situation :
Aujourd’hui à 0500, l’ennemi a mené une frappe massive avec des missiles de croisière, des missiles balistiques et des drones d’attaque contre des objectifs symboliques ainsi que contre des infrastructures militaires de conduite et de logistique. ORION a manifestement lancé sa campagne de suppression de notre défense aérienne et de destruction de notre puissance aérienne. La situation aérienne est confuse. Les formations de protection de la frontière sont soumises à un feu d’artillerie massif, et une poussée terrestre est imminente.
Des hélicoptères de combat et des drones tactiques MALE (Medium Altitude Long Endurance) ont manifestement pénétré dans l’espace aérien à l’aube et tournent au-dessus de BERNE. Des images circulent également sur les réseaux sociaux montrant des hélicoptères de transport ayant atterri sur l’aérodrome de BELP, ainsi que des vidéos d’autres vagues d’appareils se déplaçant vers l’ouest à travers le pays.
Le régiment de volontaires BUBENBERG, stationné dans la ville fédérale, signale des combats avec des personnes en civil et rapporte l’arrestation d’agents à des checkpoints ainsi que des explosions dans la VIEILLE VILLE DE BERNE. La police a donc appelé la population urbaine à se rendre dans les abris et à ne pas quitter les habitations.
Aucune trace du Conseil fédéral jusqu’à présent. Des rumeurs indiquent toutefois que le gouvernement aurait voulu s’exfiltrer par l’aérodrome de BELP avant que celui-ci ne soit occupé par l’ennemi. Une vidéo tremblante prise avec un téléphone portable montre un convoi de véhicules tout-terrain noirs devant le terminal de l’aérodrome.
Le contact avec l’échelon supérieur est interrompu. Il faut partir du principe que le QG de la brigade a été touché.
Le S2 (officier renseignement) interprète la situation confuse du renseignement dans la région de BERNE comme une tentative de l’ennemi de briser rapidement la volonté du peuple et de l’armée par une attaque aérienne écrasante et une frappe stratégique de décapitation, afin d’éviter d’avoir à se frayer péniblement un chemin au sol.
Un premier posé d’assaut aérien à BELP a déjà eu lieu. Cette formation doit vraisemblablement sécuriser l’aéroport afin de permettre l’acheminement de forces supplémentaires. L’ennemi tentera probablement ensuite de prendre le contrôle de bâtiments gouvernementaux symboliques et de capturer ou tuer la conduite politique et militaire.
Le commandant du bataillon 29 a décidé de ne pas attendre davantage. Il a immédiatement déclenché ses éléments de reconnaissance afin de densifier l’image de la situation. Il veut
pousser avec une compagnie d’avant-garde le long de l’axe A6/H6 afin de l’ouvrir et de le maintenir ouvert ;
prendre avec deux compagnies le QUARTIER DU PALAIS FÉDÉRAL afin de le tenir et de créer des conditions favorables pour la STRATCOM (Strategic Communication);
détruire avec une compagnie l’ennemi héliporté à BELP afin de lui interdire l’acheminement de forces supplémentaires ;
assurer la logistique, y compris le service sanitaire, au moyen des processus établis dans l’IFE, avec de petites équipes mobiles de ravitaillement selon le principe de livraison vers l’avant.
La compagnie DELTA reçoit la mission suivante : «Prend et tient l’aérodrome de BELP. Empêche d’autres posés d’assaut aérien.» Et, selon les mots du commandant de bataillon : «Par pitié, ne me fusillez pas notre gouvernement national !»
L’officier de garde Dugalesi t’informe en outre qu’il a déclenché, comme mesure immédiate, l’alarme MECCANO. Cela signifie que les sections établissent de manière autonome la disponibilité de marche et auront atteint le degré de disponibilité de marche IV («prêt au départ en quelques minutes») dans 1 heure.
Les chefs de section se présenteront auprès de toi dans 30 minutes pour la donnée d’ordres. Les contraintes temporelles excluent une planification détaillée de l’action. Ce qui est désormais requis, c’est un plan compréhensible et exécutable, ainsi qu’une conduite résolue au combat.
Ennemi
Il n’existe aucune information précise sur le dispositif ennemi à l’aérodrome de BELP. Le S2 estime que l’ennemi dispose des moyens suivants :
infanterie légère, au maximum de l’ordre de la compagnie
3 à 4 véhicules légèrement blindés, probablement des BMP, modèle inconnu
toute la palette des moyens d’effet de l’infanterie, en particulier différents types de drones, armes antichars et mortiers.
Il faut en outre s’attendre à ce que des forces d’opérations spéciales ennemies, de l’ordre du groupe, se trouvent déjà dans la région afin d’appuyer les éléments débarqués.
Moyens propres
Ta compagnie est composée comme suit :
2 capteurs pour la reconnaissance et la conduite du feu avec véhicule d’exploration 93/97, y compris TASYS
1 section de chars avec 4 chars de combat 87 WE
2 sections de grenadiers de chars avec chacune 4 chars de grenadiers 2000 NUV
1 section de sapeurs de chars avec 4 chars du génie 21
1 section de mortiers avec 4 mortiers 16
12 microdrones, divers modèles destinés à l’acquisition visuelle d’informations, répartis entre les capteurs et les sections de combat
1 section de commandement, comprenant 1 char de dépannage et quelques véhicules non blindés pour la logistique et le service sanitaire.
Les trois mois d’IFE ont fortement amélioré, comme prévu, le niveau d’instruction de ta compagnie. L’intégration des sapeurs de chars et des mortiers a fonctionné après certaines difficultés initiales. La boucle sensor-to-shooter est établie et fonctionne, tant que la technique fonctionne. Le moral et la discipline de la troupe sont très bons. Tu es heureux de pouvoir t’appuyer sur des sous-officiers fiables et expérimentés. Ton cadre supérieur se compose en grande partie d’officiers de milice et de sous-officiers supérieurs entreprenants, capables de trouver des solutions créatives à des problèmes tactiques et techniques.
Trois aspects te préoccupent surtout :
ce sera le premier engagement de combat de ta compagnie. Tu ne sais pas comment les chefs et la troupe réagiront à la réalité de tuer et de mourir. Il ne reste que la confiance dans l’entraînement, la résilience et la cohésion ;
le jeune chef de section Leo (char de combat Leopard), le lieutenant Capreol, est «fraîchement sorti de l’école» et dispose donc de connaissances tactiques limitées. Certes engagé par principe, mais souvent hésitant dans les décisions importantes, il s’appuie fortement sur l’expérience et l’initiative de ses commandants de char ;
lorsque les grenadiers de chars débarquent, plus rien ne les arrête. Après les exercices de certification il y a deux semaines, l’inspecteur a relevé que le moral très élevé de la troupe «confine parfois à la témérité». Une agressivité fondamentale ciblée bascule rapidement vers une forme de «trigger-happiness».
Environnement
Le terrain se présente conformément aux images satellites accessibles au public.
Pour cette journée d’avril, un brouillard élevé est annoncé. Il a fortement plu la semaine dernière.
Contraintes temporelles
La compagnie DELTA a atteint le degré de disponibilité de marche IV à 0600.
Aucune contrainte temporelle n’est connue concernant la durée de la mission ou un éventuel appui. Par ton réseau, tu sais que les camarades des bataillons frères 13 et 14 se trouvent dans les régions du KANDERTAL et du SEELAND.
Questions
Esquisse ta décision sur la carte et formule ton intention de manière simple et précise.
Justifie les aspects suivants en quelques phrases afin que tes chefs de section puissent comprendre ton intention :
Où et comment attends-tu le dispositif ennemi ?
Comment comptes-tu engager ta propre supériorité de feu ?
Quelles mesures prends-tu contre les hélicoptères de combat et les drones ?
Comment traites-tu la rumeur selon laquelle le Conseil fédéral se trouverait dans la zone de combat ?
Recommandation d’action du jeu de décision de Leader’s Digest #28
« Point culminant BELP »
Cinq solutions détaillées nous sont parvenues pour le Tactical Decision Game « Point culminant BELP ». Malgré des accents différents, elles témoignent d’une remarquable unité de doctrine : tous les participants partent du principe que l’adversaire aéroporté tient l’aérodrome de BELP comme base d’opérations, sécurise ses accès et engage ses quelques véhicules blindés comme réserve mobile.
Les solutions suivent ainsi fondamentalement la même logique du combat interarmes : les capteurs assurent la reconnaissance et appuient la conduite du feu, les chars de combat établissent la supériorité de feu, les grenadiers de chars conduisent l’attaque, tandis que les sapeurs de chars garantissent la mobilité et rendent la piste inutilisable. Face aux drones et aux hélicoptères de combat adverses, les participants misent avant tout sur des mesures de protection passives telles que le camouflage, la dispersion, de courtes durées en position et la rapidité.
La présence supposée du Conseil fédéral n’est pas non plus considérée comme un obstacle à l’accomplissement de la mission. Des exigences accrues sont toutefois proposées en matière d’identification des objectifs, de conduite du feu et de progression dans le secteur du terminal. Les solutions auraient pu davantage tenir compte du fait qu’il s’agit simplement d’une désinformation ciblée de l’adversaire. Nous concentrons toutefois notre analyse sur un autre aspect.
Le point décisif : la marche d’approche
La faiblesse commune des solutions réside dans le fait qu’elles planifient principalement le combat sur l’aérodrome, mais prennent moins systématiquement en compte la marche d’approche sous la reconnaissance et les actions retardatrices adverses. ORION ne doit pas détruire les forces de réaction suisses. Il lui suffit de retarder leur arrivée jusqu’à la prochaine vague aéroportée.
Le terrain compartimenté autour de BELP permet à l’adversaire de bloquer des passages obligés avec peu de moyens, de canaliser les formations mécanisées et de les user au moyen d’embuscades ou d’attaques de drones. Une marche d’approche groupée par l’A6 et la HUNZIGENBRÜGG paraît certes évidente, mais elle est précisément particulièrement risquée : un seul véhicule détruit ou un obstacle simple pourrait bloquer toute la compagnie sur la mauvaise rive de l’AARE.
Dans la plupart des solutions, les drones adverses sont principalement envisagés comme un problème de protection. Ils constituent pourtant également un moyen de reconnaître la progression, de diriger les forces propres vers un terrain défavorable et de gagner du temps. Le recours quasi réflexe aux hauteurs dominantes ne convainc lui aussi que partiellement. Depuis HOHBURG, la possibilité d’agir efficacement sur l’aérodrome est incertaine ; à ENGLISBERG et ZIMMERWALD, les chars de combat devraient s’exposer sur des ruptures de terrain et seraient ainsi particulièrement vulnérables aux drones et aux armes antichars.
Il en découle une autre approche : marcher séparément et frapper ensemble. Les grenadiers de chars devraient progresser sur plusieurs axes, tandis que le détachement de chars serait maintenu comme élément de réserve mobile. Les capteurs seraient d’abord engagés pour reconnaître les axes d’approche propres, puis seulement pour acquérir des objectifs sur l’aérodrome. L’adversaire devrait ainsi répartir ses faibles moyens entre plusieurs menaces et pourrait moins facilement canaliser l’attaque.
Le vainqueur : lt Maxime Rinderknecht
La première place revient au lt Maxime Rinderknecht. Sa solution reconnaît mieux que les autres que le combat ne commence pas seulement sur l’aérodrome. Il répartit ses capteurs et ses forces dans plusieurs secteurs, tient compte de KEHRSATZ et des axes de fuite possibles et relie la situation tactique à l’importance opérative d’une seconde vague aéroportée ainsi qu’aux conséquences stratégiques d’une éventuelle présence du Conseil fédéral.
Son approche est toutefois complexe et exige une synchronisation rigoureuse. C’est précisément la dispersion spatiale qui la rend comparativement robuste : l’adversaire peut moins facilement retarder les forces suisses sur un axe unique, tandis que le détachement de chars peut verrouiller l’aérodrome ou intervenir là où une occasion favorable se présente en premier.
Mention honorable : plt Arthur Martin Lopez
Le plt Arthur Martin Lopez mérite une mention honorable. Sa solution est la plus cohérente en ce qui concerne l’intention, les points de décision, la boucle capteur-effecteur, la discipline de feu et le passage à la défense. Elle accorde en outre une attention particulière au facteur humain.
Les effets supposés du détachement de chars à distance ainsi que la marche d’approche centralisée sont toutefois problématiques. Cette dernière pourrait être stoppée par une seule embuscade avant même le déclenchement de la manœuvre de flanc prévue. Le plt Lopez présente ainsi le plan le plus abouti sur le plan méthodique, mais pas le plus robuste compte tenu du terrain et des délais disponibles.
Dans l’ensemble, les cinq propositions témoignent d’un bon niveau tactique et d’une compréhension commune du combat interarmes. L’enseignement central de ce TDG consiste toutefois à identifier le sous-problème déterminant: la question n’est pas seulement de savoir comment battre l’adversaire sur l’aérodrome, mais si les forces propres peuvent l’atteindre à temps et en conservant leur liberté d’action.
Nous félicitons chaleureusement le lt Maxime Rinderknecht et lui souhaitons beaucoup de plaisir à la lecture de «Clausewitz verstehen: Wirken, Werk, Wirkung» de Christian Th. Müller.
À propos du « Jeu de Décision »
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Designing A Generative AI Platform For Tactical Training Of Junior Officers
[TDHJ, 28.05.2026, Ivan Colak-Antic, Lauriane Fivaz, Simone Matteo Locatelli]
In this article, Colak-Antic (research associate at MILAK), Fivaz and Locatelli (students at MILAK) analyse the potential of generative AI for tactical decision games in junior officer training. They argue that traditional wargames and TDGs are valuable, but constrained by instructor capacity, limited scenario diversity, single-point decisions and instructor bias. AI-enabled platforms could help alleviate these shortcoming by enabling their users to repeatedly practise varied, multi-step tactical scenarios with adaptive adversaries, battlefield visualisation and personalised debriefings. Phillip J. Halton’s CustomGPT “What Now, Commander?”, while not part of the article, gives a useful impression of how such a tactical AI tutor could feel in practice. The authors nevertheless underline that such systems require multi-agent architecture, adequate data, coherent scenario progression and feedback based on national doctrine.
Drones Aren’t Antithetical to Maneuver Warfare – They’re the Key to Unleashing its Effectiveness
[Modern War Institute, 25.11.2025, Charlie Phelps]
Phelps challenges the view that drones undermine manoeuvre warfare and argues that they are essential to preserving tempo, initiative, and offensive action in future large-scale land combat. Rather than treating drones simply as a tool to strike, he highlights the manifold tasks drones can serve apart from striking enemy targets. When properly integrated, they can provide persistent reconnaissance, support electronic warfare, and rapidly expose gaps in the enemy’s defences. In doing so, Phelps argues that tactical drones can enable mission command and manoeuvre warfare.
10 Ukrainians Humbled Two NATO Battalions. When Will NATO Wake Up?
[War on the Rocks, 26.03.2026, Bryan Daugherty]
In this article Daugherty highlights the gaps in NATO capabilities which Hedgehog 2025, a NATO exercise including Ukrainian soldiers, highlighted. He stresses the need for armed forces to cooperate with Ukraine to catch up in drone warfare and drone interception capabilities. Whilst they are not part of NATO, the Gulf States’ inability for reliable and sustained air defence against Iranian saturation attacks has further driven the author’s point home; states such as Saudi Arabia have consequently decided to cooperate more closely with Ukraine.
Neocentaur: A Model for Cognitive Evolution Across the Levels of War
[Modern War Institute, 09.05.2025, William J. Barry, Blair Wilcox]
In this piece, a professor of emerging technology at the U.S. Army War College and his colleague discuss the potential and risks of integrating AI into the strategic, operational and tactical levels of war. They advocate a Neocentaur model, where human operators are paired with AI, yet where humans maintain control over the machine. Moreover, they warn of the dangers of the inherently attractive process of cognitive offloading, where humans, especially when working in a stressful environment, are tempted to over-rely on machines for decision-making. In that case, generative AI would direct human cognition instead of augmenting it. The authors warn of this minotaur drift, the trend towards giving up control to machines.
Emergent Approaches to Combined Arms Manoeuvre in Ukraine
[RUSI, 23.10.2025, Jack Watling]
After Ukraine’s failed 2023 southern offensive, Watling argues that the war in Ukraine has exposed why classic combined arms manoeuvre, massing armour, infantry and artillery to achieve surprise and then exploit, is now far harder. Persistent drone reconnaissance, dispersed sensors and space-enabled communications lead to a more transparent battlefield, and concentrations of troops and equipment are detected and hit quickly. Just as importantly, resupply and reinforcements are often easier to target than frontline troops, so offensives lose momentum before any weaknesses in the enemy’s defences can be exploited. Watling focuses on higher-performing Ukrainian assault units which treat manoeuvre as a staged system across three zones: contact, middle (enemy fires, EW, UAV teams and logistics), and deep. The assault unit’s sequence is to contest the enemy’s sensing, isolate a chosen sector from support and resupply, then deliberately degrade and fix the defence before suppressing, closing, clearing, and consolidating with overwatch across open terrain.
This CSIS article considers how rapid technological advances such as in drone technology and AI are changing the character of war. Sensors are ubiquitous, and traditionally massing forces is increasingly risky, as are non-dispersed logistics. The authors argue that to adapt to this new character of war, armed forces need to acquire robust counter-drone and electronic warfare (EW) capabilities and redundant secure communications. Moreover, the article strikes the importance of dispersed tactics and agile procurement systems.
Seven Contemporary Insights on the State of the Ukraine War
[CSIS, 17.11.2025, Mick Ryan]
In this nuanced analysis, Mick Ryan shares the insights he gathered from observing the Russian-Ukrainian War. Amongst other points, he argues that while drone saturation has certainly changed how the war is fought, it is not a drone war as drones complement rather than replace existing capabilities such as artillery. The author then further investigates the role of military adaptation, long-range strikes and the upcoming of a new battle triangle.
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