[MILAK ETH, 26.05.2026, Tibor Szvircsev Tresch et al.]
Die diesjährige Studie zur aussen-, sicherheits- und verteidigungspolitischen Meinungsbildung der Schweizer Stimmbevölkerung zeigt unter anderem: 50% sind der Ansicht, dass Auslandeinsätze der Schweizer Armee zur Sicherheit der Schweiz beitragen. Die Zustimmung zu einer Annäherung der Schweiz an die NATO ist um 3 Prozentpunkte auf 56% gestiegen. Nur noch 25% befürworten die Abschaffung der Wehrpflicht – der tiefste Wert seit 1983.
Over the past few years, both sides in the Russo-Ukrainian War have adopted unmanned aerial systems (UAS) extensively at the tactical level. Deep strikes, including attacks on Russian oil refineries, also have strategic effects. Ukraine now fields improved fixed-wing drones that use AI for terminal guidance, enabling them to reach their targets even under electronic-warfare disruption. Combined with degraded Russian air defence capabilities, this means that Ukrainian medium-range strikes increasingly generate effects at the operational level. Protecting military logistics under similar conditions is therefore a pressing question for many armed forces.
Beyond FPVs: Learning the Lessons of the Ukraine War, All of Them
[Modern War Institute, 08.10.2025, Sam Scanlon]
Scanlon argues that the war in Ukraine is neither a crystal ball for future warfare nor irrelevant to it. While debate often remains fixated on aerial drones, innovation has spread across domains: ground robots increasingly perform routine and high-risk tasks, and maritime drones have evolved rapidly, as demonstrated by Ukrainian naval drones downing Russian fighter aircraft in May 2025. He further argues that low-cost deep-strike capabilities require equally low-cost defensive solutions. Overall, the article makes the case that armed forces must learn and adapt quickly enough to out-innovate a changing adversary.
Will, Cohesion, Resilience, and the Wars of the Future
[CSIS, 16.09.2025, Daniel Byman]
This article by the Center for Strategic and International Studies reasons that modern conflicts depend as much on political unity and societal resilience as on military power. Drawing on Ukraine and the Middle East, it highlights three imperatives, namely building public trust to strengthen societal resilience, reinforcing alliance cohesion through coordination, and countering divisive disinformation.
The Russian «Firehose of Falsehood» Propaganda Model
[RAND, 11.07.2016, Christopher Paul, Miriam Matthews]
Already having been published 10 years ago, this article examines in detail how modern Russian propaganda works, and why its inherent contradictions are not a flaw but rather a core feature. Paul and Matthews argue that people’s mental resilience and awareness are key in lowering their vulnerability to propaganda, saying “[D]on’t expect to counter Russia’s firehose of falsehood with the squirt gun of truth. Instead, put raincoats on those at whom the firehose is aimed”.
Bevölkerungsschutz im bewaffneten Konflikt: Ländervergleich zu Schutzbauten und Evakuierungen
[CSS ETH, Mai 2026, Leonard Schliesser]
Zivile Resilienz ist ein zentraler Bestandteil militärischer Verteidigungsfähigkeit. Um die Wiederausrichtung des Schweizer Bevölkerungsschutzes auf militärische Konflikte zu unterstützen, vergleicht diese Fallstudie den aktuellen Stand ziviler Schutzbauten und Evakuierungskonzepten in Finnland, Deutschland, Polen und in der Ukraine. Besonders hervorgehoben werden dabei das umfassende Sicherheitsmodell Finnlands, das Tempo im Polnischen Bevölkerungsschutz sowie die forcierte Improvisationsfähigkeit im Ukrainischen Bevölkerungsschutz. Auf der verlinkten Website können Sie die komplette Studie als PDF-Datei herunterladen.
Le « Update Conduite » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien. Si vous découvrez des choses intéressantes à lire sur Command, Leadership ou Management, nous serions heureux que vous les partagiez avec nous. Nous serions heureux de recevoir des conseils pour le prochain numéro du Leader’s Digest par leadersdigest@leadershipcampus.ch.
Nouveau : tous les articles parus jusqu’à présent dans la rubrique « Update Conduite » sont désormais disponibles dans les Archives Update Conduite.
À travers onze articles offrant des perspectives très variées, cet ouvrage propose un aperçu passionnant de la religion et de la religiosité en tant que composantes de l’identité humaine. La terminologie religieuse et les symboles religieux portés sous forme d’amulettes ou de tatouages sont fréquents non seulement sur les théâtres d’opérations, mais aussi chez les militaires de nos forces armées, souvent sans grande réflexion. Cet ouvrage propose différentes façons de prendre en compte ces aspects dans la pratique du commandement, sans pour autant instrumentaliser la religion ni porter atteinte à la liberté de culte.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce livre ?
Parce qu’il s’agit d’un recueil, l’ouvrage ne propose ni définition ni méthode uniforme, et donc potentiellement idéologique. Il revient aux lecteurs de se forger leur propre opinion.
Y a-t-il des points sur lesquels vous ne soutenez pas l’argumentation du livre ou des domaines qui, selon vous, ne sont pas assez développés ?
Non, car les différents articles s’appuient sur des arguments différents. Les lecteurs peuvent ainsi choisir eux-mêmes le point de vue qui correspond le mieux à leur expérience et à leurs convictions personnelles.
À qui s’adresse votre recommandation ?
À tous ceux qui souhaitent conduire des soldats de manière professionnelle tout en protégeant la liberté de religion, en tant que droit humain, dans la zone d’opération. Cette recommandation s’adresse également aux responsables qui souhaitent intégrer la religion de manière réfléchie et respectueuse dans leur propre pratique du commandement.
En quoi ce livre vous a-t-il aidé dans votre quotidien de chef militaire ?
Cet ouvrage présente des approches très variées permettant d’interpréter la perception religieuse d’un point de vue anthropologique, et met en lumière les motivations ou les freins qui peuvent en découler, tant chez les dirigeants que chez les dirigés.
À quel aspect du modèle Command-Leadership-Management rattachez-vous ce livre?
Leadership – car il s’agit avant tout d’intégrer de manière pertinente les connaissances anthropologiques dans sa propre pratique du leadership, tant dans le domaine civil que militaire : plus on identifie et reconnaît clairement les constantes humaines, plus on peut conduire et être conduit efficacement.
Où voyez-vous les plus grands défis à venir pour la conduite dans l’armée suisse ?
Je vois ici le même défi que chez nous, en Autriche. Il s’agit, face à un déluge (volontairement créé) d’informations et de suggestions d’actions dans l’espace numérique, de ne pas ignorer ni négliger les supérieurs hiérarchiques directs et les subordonnés, ainsi que leurs décisions.
Et où voyez-vous les plus grandes chances à cet égard ?
Dans le cadre de liens personnels, d’une réflexion claire et sereine sur ses propres racines et ses objectifs, ainsi que d’une coopération internationale constructive. Avec un clin d’œil venu d’Autriche : la « diplomatie de l’Apfelstrudel » peut elle aussi y contribuer. Il s’agit de prendre le temps de partager un repas, d’engager la conversation et de rester ouvert à son interlocuteur.
À propos de l’auteur de la recension
Le Militärdekan (aumônier) Stefan Gugerel enseigne, parallèlement à son activité d’aumônier militaire catholique, l’éthique militaire à l’Académie des sous-officiers de l’armée de terre à Enns ainsi qu’à l’Académie militaire thérésienne à Wiener Neustadt. Ses engagements à l’étranger l’ont jusqu’ici mené au Tchad, au Kosovo, en Bosnie-Herzégovine ainsi qu’au Liban. Pour Gugerel, James Bond et Star Trek constituent deux sources de culture populaire particulièrement intéressantes pour aborder des scénarios relevant de l’éthique militaire.
À propos du « Livre du mois »
Le « Livre du mois » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.
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Les jeux de décision du Leader’s Digest vise à inciter les abonnés de cette newsletter à de se mettre – dans le cadre de scénarios – dans le rôle de personnes qui se trouvent confrontées à des défis éthiques ou tactiques.
Nous reprenons d’abord le dernier scénario présenté ; ensuite, Maj EMG Anton Regli et Col EMG Patrick Hofstetter, enseignant conduite et communication à l’Académie militaire de l’EPF Zurich, présentent les recommandations d’action que nous avons reçues.
Jeu de décision de Leader’s Digest #28
«Commandant, Commandant, Ils sont là ! Les ORIONISTES attaquent.» Tu es brutalement tiré de ton sommeil. Il te faut d’abord un instant, puis la nouvelle réalité te frappe comme une gifle :
Nous sommes en 2028, la guerre fait rage en EUROPE. Les États-Unis se sont détournés du partenariat transatlantique. Après une pression massive et des actions hybrides sur le front oriental, l’OTAN s’est fragmentée en alliances régionales de défense. La HONGRIE et l’AUTRICHE cèdent de plus en plus à la pression politique de l’agresseur oriental ORION. Celui-ci a annoncé vouloir entraîner la défense avancée de la patrie dans le cadre de la manœuvre WESTWIND 28. À cet effet, la 42e armée blindée de la Garde s’est déployée dans la région du VORARLBERG.
En réaction à la dégradation de la situation, le Conseil fédéral a mobilisé l’armée il y a trois mois et nommé un commandant en chef de l’armée. La population est divisée et effrayée. Dans les grandes villes en particulier, des voix réclament une adaptation : «mieux vaut vivre sous ORION que mourir inutilement». Le moral de l’armée reste en revanche intact, même si l’ancienneté du matériel et les faibles stocks préoccupent la troupe et ses chefs.
La conduite cohérente de l’armée s’est révélée difficile dès le début, car le système de commandement et de contrôle n’est pas encore introduit sur l’ensemble du territoire et nos réseaux semblent compromis. Des drones d’attaque ont déjà été employés ponctuellement contre des objectifs militaires et civils en SUISSE ORIENTALE, mais ORION en a toujours contesté l’attribution. La défense sol-air a révélé à cette occasion de graves lacunes. De plus, des actions régulières de probing sollicitent de plus en plus la flotte des anciens FA-18, et l’espace aérien n’est plus que partiellement sous notre contrôle.
Pour toutes ces raisons, le commandement de l’armée a opté pour un dispositif de déploiement très décentralisé. Une grande partie des formations d’infanterie a été immédiatement engagée pour protéger la frontière et les infrastructures critiques. Elles remplissent leur mission avec discipline. Le Cdt en chef a en outre mis en place, avec des régiments de volontaires, un réseau de forces légères couvrant toute la SUISSE afin de prévenir l’espionnage, le sabotage et la subversion, et ainsi renforcer le sentiment de sécurité de la population. Les forces lourdes conduisent l’instruction en fonction de l’engagement (IFE) réparties sur l’ensemble de la SUISSE. Afin de préserver la liberté d’action, une autonomie logistique élevée a été ordonnée, c’est-à-dire qu’une grande partie du matériel et des munitions a déjà été perçue par les bataillons. Les réserves ont été décentralisées et réparties entre les divisions et les brigades.
Le bataillon mécanisé 29 se prépare dans la région de THOUNE à un engagement possible. Tu commandes la compagnie DELTA, qui se trouve dans le secteur d’attente de BLUMENSTEIN après les exercices de tir de la veille.
L’officier de garde Dugalesi, qui t’a réveillé, t’informe de la situation :
Aujourd’hui à 0500, l’ennemi a mené une frappe massive avec des missiles de croisière, des missiles balistiques et des drones d’attaque contre des objectifs symboliques ainsi que contre des infrastructures militaires de conduite et de logistique. ORION a manifestement lancé sa campagne de suppression de notre défense aérienne et de destruction de notre puissance aérienne. La situation aérienne est confuse. Les formations de protection de la frontière sont soumises à un feu d’artillerie massif, et une poussée terrestre est imminente.
Des hélicoptères de combat et des drones tactiques MALE (Medium Altitude Long Endurance) ont manifestement pénétré dans l’espace aérien à l’aube et tournent au-dessus de BERNE. Des images circulent également sur les réseaux sociaux montrant des hélicoptères de transport ayant atterri sur l’aérodrome de BELP, ainsi que des vidéos d’autres vagues d’appareils se déplaçant vers l’ouest à travers le pays.
Le régiment de volontaires BUBENBERG, stationné dans la ville fédérale, signale des combats avec des personnes en civil et rapporte l’arrestation d’agents à des checkpoints ainsi que des explosions dans la VIEILLE VILLE DE BERNE. La police a donc appelé la population urbaine à se rendre dans les abris et à ne pas quitter les habitations.
Aucune trace du Conseil fédéral jusqu’à présent. Des rumeurs indiquent toutefois que le gouvernement aurait voulu s’exfiltrer par l’aérodrome de BELP avant que celui-ci ne soit occupé par l’ennemi. Une vidéo tremblante prise avec un téléphone portable montre un convoi de véhicules tout-terrain noirs devant le terminal de l’aérodrome.
Le contact avec l’échelon supérieur est interrompu. Il faut partir du principe que le QG de la brigade a été touché.
Le S2 (officier renseignement) interprète la situation confuse du renseignement dans la région de BERNE comme une tentative de l’ennemi de briser rapidement la volonté du peuple et de l’armée par une attaque aérienne écrasante et une frappe stratégique de décapitation, afin d’éviter d’avoir à se frayer péniblement un chemin au sol.
Un premier posé d’assaut aérien à BELP a déjà eu lieu. Cette formation doit vraisemblablement sécuriser l’aéroport afin de permettre l’acheminement de forces supplémentaires. L’ennemi tentera probablement ensuite de prendre le contrôle de bâtiments gouvernementaux symboliques et de capturer ou tuer la conduite politique et militaire.
Le commandant du bataillon 29 a décidé de ne pas attendre davantage. Il a immédiatement déclenché ses éléments de reconnaissance afin de densifier l’image de la situation. Il veut
pousser avec une compagnie d’avant-garde le long de l’axe A6/H6 afin de l’ouvrir et de le maintenir ouvert ;
prendre avec deux compagnies le QUARTIER DU PALAIS FÉDÉRAL afin de le tenir et de créer des conditions favorables pour la STRATCOM (Strategic Communication);
détruire avec une compagnie l’ennemi héliporté à BELP afin de lui interdire l’acheminement de forces supplémentaires ;
assurer la logistique, y compris le service sanitaire, au moyen des processus établis dans l’IFE, avec de petites équipes mobiles de ravitaillement selon le principe de livraison vers l’avant.
La compagnie DELTA reçoit la mission suivante : «Prend et tient l’aérodrome de BELP. Empêche d’autres posés d’assaut aérien.» Et, selon les mots du commandant de bataillon : «Par pitié, ne me fusillez pas notre gouvernement national !»
L’officier de garde Dugalesi t’informe en outre qu’il a déclenché, comme mesure immédiate, l’alarme MECCANO. Cela signifie que les sections établissent de manière autonome la disponibilité de marche et auront atteint le degré de disponibilité de marche IV («prêt au départ en quelques minutes») dans 1 heure.
Les chefs de section se présenteront auprès de toi dans 30 minutes pour la donnée d’ordres. Les contraintes temporelles excluent une planification détaillée de l’action. Ce qui est désormais requis, c’est un plan compréhensible et exécutable, ainsi qu’une conduite résolue au combat.
Ennemi
Il n’existe aucune information précise sur le dispositif ennemi à l’aérodrome de BELP. Le S2 estime que l’ennemi dispose des moyens suivants :
infanterie légère, au maximum de l’ordre de la compagnie
3 à 4 véhicules légèrement blindés, probablement des BMP, modèle inconnu
toute la palette des moyens d’effet de l’infanterie, en particulier différents types de drones, armes antichars et mortiers.
Il faut en outre s’attendre à ce que des forces d’opérations spéciales ennemies, de l’ordre du groupe, se trouvent déjà dans la région afin d’appuyer les éléments débarqués.
Moyens propres
Ta compagnie est composée comme suit :
2 capteurs pour la reconnaissance et la conduite du feu avec véhicule d’exploration 93/97, y compris TASYS
1 section de chars avec 4 chars de combat 87 WE
2 sections de grenadiers de chars avec chacune 4 chars de grenadiers 2000 NUV
1 section de sapeurs de chars avec 4 chars du génie 21
1 section de mortiers avec 4 mortiers 16
12 microdrones, divers modèles destinés à l’acquisition visuelle d’informations, répartis entre les capteurs et les sections de combat
1 section de commandement, comprenant 1 char de dépannage et quelques véhicules non blindés pour la logistique et le service sanitaire.
Les trois mois d’IFE ont fortement amélioré, comme prévu, le niveau d’instruction de ta compagnie. L’intégration des sapeurs de chars et des mortiers a fonctionné après certaines difficultés initiales. La boucle sensor-to-shooter est établie et fonctionne, tant que la technique fonctionne. Le moral et la discipline de la troupe sont très bons. Tu es heureux de pouvoir t’appuyer sur des sous-officiers fiables et expérimentés. Ton cadre supérieur se compose en grande partie d’officiers de milice et de sous-officiers supérieurs entreprenants, capables de trouver des solutions créatives à des problèmes tactiques et techniques.
Trois aspects te préoccupent surtout :
ce sera le premier engagement de combat de ta compagnie. Tu ne sais pas comment les chefs et la troupe réagiront à la réalité de tuer et de mourir. Il ne reste que la confiance dans l’entraînement, la résilience et la cohésion ;
le jeune chef de section Leo (char de combat Leopard), le lieutenant Capreol, est «fraîchement sorti de l’école» et dispose donc de connaissances tactiques limitées. Certes engagé par principe, mais souvent hésitant dans les décisions importantes, il s’appuie fortement sur l’expérience et l’initiative de ses commandants de char ;
lorsque les grenadiers de chars débarquent, plus rien ne les arrête. Après les exercices de certification il y a deux semaines, l’inspecteur a relevé que le moral très élevé de la troupe «confine parfois à la témérité». Une agressivité fondamentale ciblée bascule rapidement vers une forme de «trigger-happiness».
Environnement
Le terrain se présente conformément aux images satellites accessibles au public.
Pour cette journée d’avril, un brouillard élevé est annoncé. Il a fortement plu la semaine dernière.
Contraintes temporelles
La compagnie DELTA a atteint le degré de disponibilité de marche IV à 0600.
Aucune contrainte temporelle n’est connue concernant la durée de la mission ou un éventuel appui. Par ton réseau, tu sais que les camarades des bataillons frères 13 et 14 se trouvent dans les régions du KANDERTAL et du SEELAND.
Questions
Esquisse ta décision sur la carte et formule ton intention de manière simple et précise.
Justifie les aspects suivants en quelques phrases afin que tes chefs de section puissent comprendre ton intention :
Où et comment attends-tu le dispositif ennemi ?
Comment comptes-tu engager ta propre supériorité de feu ?
Quelles mesures prends-tu contre les hélicoptères de combat et les drones ?
Comment traites-tu la rumeur selon laquelle le Conseil fédéral se trouverait dans la zone de combat ?
Recommandation d’action du jeu de décision de Leader’s Digest #28
« Point culminant BELP »
Cinq solutions détaillées nous sont parvenues pour le Tactical Decision Game « Point culminant BELP ». Malgré des accents différents, elles témoignent d’une remarquable unité de doctrine : tous les participants partent du principe que l’adversaire aéroporté tient l’aérodrome de BELP comme base d’opérations, sécurise ses accès et engage ses quelques véhicules blindés comme réserve mobile.
Les solutions suivent ainsi fondamentalement la même logique du combat interarmes : les capteurs assurent la reconnaissance et appuient la conduite du feu, les chars de combat établissent la supériorité de feu, les grenadiers de chars conduisent l’attaque, tandis que les sapeurs de chars garantissent la mobilité et rendent la piste inutilisable. Face aux drones et aux hélicoptères de combat adverses, les participants misent avant tout sur des mesures de protection passives telles que le camouflage, la dispersion, de courtes durées en position et la rapidité.
La présence supposée du Conseil fédéral n’est pas non plus considérée comme un obstacle à l’accomplissement de la mission. Des exigences accrues sont toutefois proposées en matière d’identification des objectifs, de conduite du feu et de progression dans le secteur du terminal. Les solutions auraient pu davantage tenir compte du fait qu’il s’agit simplement d’une désinformation ciblée de l’adversaire. Nous concentrons toutefois notre analyse sur un autre aspect.
Le point décisif : la marche d’approche
La faiblesse commune des solutions réside dans le fait qu’elles planifient principalement le combat sur l’aérodrome, mais prennent moins systématiquement en compte la marche d’approche sous la reconnaissance et les actions retardatrices adverses. ORION ne doit pas détruire les forces de réaction suisses. Il lui suffit de retarder leur arrivée jusqu’à la prochaine vague aéroportée.
Le terrain compartimenté autour de BELP permet à l’adversaire de bloquer des passages obligés avec peu de moyens, de canaliser les formations mécanisées et de les user au moyen d’embuscades ou d’attaques de drones. Une marche d’approche groupée par l’A6 et la HUNZIGENBRÜGG paraît certes évidente, mais elle est précisément particulièrement risquée : un seul véhicule détruit ou un obstacle simple pourrait bloquer toute la compagnie sur la mauvaise rive de l’AARE.
Dans la plupart des solutions, les drones adverses sont principalement envisagés comme un problème de protection. Ils constituent pourtant également un moyen de reconnaître la progression, de diriger les forces propres vers un terrain défavorable et de gagner du temps. Le recours quasi réflexe aux hauteurs dominantes ne convainc lui aussi que partiellement. Depuis HOHBURG, la possibilité d’agir efficacement sur l’aérodrome est incertaine ; à ENGLISBERG et ZIMMERWALD, les chars de combat devraient s’exposer sur des ruptures de terrain et seraient ainsi particulièrement vulnérables aux drones et aux armes antichars.
Il en découle une autre approche : marcher séparément et frapper ensemble. Les grenadiers de chars devraient progresser sur plusieurs axes, tandis que le détachement de chars serait maintenu comme élément de réserve mobile. Les capteurs seraient d’abord engagés pour reconnaître les axes d’approche propres, puis seulement pour acquérir des objectifs sur l’aérodrome. L’adversaire devrait ainsi répartir ses faibles moyens entre plusieurs menaces et pourrait moins facilement canaliser l’attaque.
Le vainqueur : lt Maxime Rinderknecht
La première place revient au lt Maxime Rinderknecht. Sa solution reconnaît mieux que les autres que le combat ne commence pas seulement sur l’aérodrome. Il répartit ses capteurs et ses forces dans plusieurs secteurs, tient compte de KEHRSATZ et des axes de fuite possibles et relie la situation tactique à l’importance opérative d’une seconde vague aéroportée ainsi qu’aux conséquences stratégiques d’une éventuelle présence du Conseil fédéral.
Son approche est toutefois complexe et exige une synchronisation rigoureuse. C’est précisément la dispersion spatiale qui la rend comparativement robuste : l’adversaire peut moins facilement retarder les forces suisses sur un axe unique, tandis que le détachement de chars peut verrouiller l’aérodrome ou intervenir là où une occasion favorable se présente en premier.
Mention honorable : plt Arthur Martin Lopez
Le plt Arthur Martin Lopez mérite une mention honorable. Sa solution est la plus cohérente en ce qui concerne l’intention, les points de décision, la boucle capteur-effecteur, la discipline de feu et le passage à la défense. Elle accorde en outre une attention particulière au facteur humain.
Les effets supposés du détachement de chars à distance ainsi que la marche d’approche centralisée sont toutefois problématiques. Cette dernière pourrait être stoppée par une seule embuscade avant même le déclenchement de la manœuvre de flanc prévue. Le plt Lopez présente ainsi le plan le plus abouti sur le plan méthodique, mais pas le plus robuste compte tenu du terrain et des délais disponibles.
Dans l’ensemble, les cinq propositions témoignent d’un bon niveau tactique et d’une compréhension commune du combat interarmes. L’enseignement central de ce TDG consiste toutefois à identifier le sous-problème déterminant: la question n’est pas seulement de savoir comment battre l’adversaire sur l’aérodrome, mais si les forces propres peuvent l’atteindre à temps et en conservant leur liberté d’action.
Nous félicitons chaleureusement le lt Maxime Rinderknecht et lui souhaitons beaucoup de plaisir à la lecture de «Clausewitz verstehen: Wirken, Werk, Wirkung» de Christian Th. Müller.
À propos du « Jeu de Décision »
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Designing A Generative AI Platform For Tactical Training Of Junior Officers
[TDHJ, 28.05.2026, Ivan Colak-Antic, Lauriane Fivaz, Simone Matteo Locatelli]
In this article, Colak-Antic (research associate at MILAK), Fivaz and Locatelli (students at MILAK) analyse the potential of generative AI for tactical decision games in junior officer training. They argue that traditional wargames and TDGs are valuable, but constrained by instructor capacity, limited scenario diversity, single-point decisions and instructor bias. AI-enabled platforms could help alleviate these shortcoming by enabling their users to repeatedly practise varied, multi-step tactical scenarios with adaptive adversaries, battlefield visualisation and personalised debriefings. Phillip J. Halton’s CustomGPT “What Now, Commander?”, while not part of the article, gives a useful impression of how such a tactical AI tutor could feel in practice. The authors nevertheless underline that such systems require multi-agent architecture, adequate data, coherent scenario progression and feedback based on national doctrine.
Drones Aren’t Antithetical to Maneuver Warfare – They’re the Key to Unleashing its Effectiveness
[Modern War Institute, 25.11.2025, Charlie Phelps]
Phelps challenges the view that drones undermine manoeuvre warfare and argues that they are essential to preserving tempo, initiative, and offensive action in future large-scale land combat. Rather than treating drones simply as a tool to strike, he highlights the manifold tasks drones can serve apart from striking enemy targets. When properly integrated, they can provide persistent reconnaissance, support electronic warfare, and rapidly expose gaps in the enemy’s defences. In doing so, Phelps argues that tactical drones can enable mission command and manoeuvre warfare.
10 Ukrainians Humbled Two NATO Battalions. When Will NATO Wake Up?
[War on the Rocks, 26.03.2026, Bryan Daugherty]
In this article Daugherty highlights the gaps in NATO capabilities which Hedgehog 2025, a NATO exercise including Ukrainian soldiers, highlighted. He stresses the need for armed forces to cooperate with Ukraine to catch up in drone warfare and drone interception capabilities. Whilst they are not part of NATO, the Gulf States’ inability for reliable and sustained air defence against Iranian saturation attacks has further driven the author’s point home; states such as Saudi Arabia have consequently decided to cooperate more closely with Ukraine.
Neocentaur: A Model for Cognitive Evolution Across the Levels of War
[Modern War Institute, 09.05.2025, William J. Barry, Blair Wilcox]
In this piece, a professor of emerging technology at the U.S. Army War College and his colleague discuss the potential and risks of integrating AI into the strategic, operational and tactical levels of war. They advocate a Neocentaur model, where human operators are paired with AI, yet where humans maintain control over the machine. Moreover, they warn of the dangers of the inherently attractive process of cognitive offloading, where humans, especially when working in a stressful environment, are tempted to over-rely on machines for decision-making. In that case, generative AI would direct human cognition instead of augmenting it. The authors warn of this minotaur drift, the trend towards giving up control to machines.
Emergent Approaches to Combined Arms Manoeuvre in Ukraine
[RUSI, 23.10.2025, Jack Watling]
After Ukraine’s failed 2023 southern offensive, Watling argues that the war in Ukraine has exposed why classic combined arms manoeuvre, massing armour, infantry and artillery to achieve surprise and then exploit, is now far harder. Persistent drone reconnaissance, dispersed sensors and space-enabled communications lead to a more transparent battlefield, and concentrations of troops and equipment are detected and hit quickly. Just as importantly, resupply and reinforcements are often easier to target than frontline troops, so offensives lose momentum before any weaknesses in the enemy’s defences can be exploited. Watling focuses on higher-performing Ukrainian assault units which treat manoeuvre as a staged system across three zones: contact, middle (enemy fires, EW, UAV teams and logistics), and deep. The assault unit’s sequence is to contest the enemy’s sensing, isolate a chosen sector from support and resupply, then deliberately degrade and fix the defence before suppressing, closing, clearing, and consolidating with overwatch across open terrain.
This CSIS article considers how rapid technological advances such as in drone technology and AI are changing the character of war. Sensors are ubiquitous, and traditionally massing forces is increasingly risky, as are non-dispersed logistics. The authors argue that to adapt to this new character of war, armed forces need to acquire robust counter-drone and electronic warfare (EW) capabilities and redundant secure communications. Moreover, the article strikes the importance of dispersed tactics and agile procurement systems.
Seven Contemporary Insights on the State of the Ukraine War
[CSIS, 17.11.2025, Mick Ryan]
In this nuanced analysis, Mick Ryan shares the insights he gathered from observing the Russian-Ukrainian War. Amongst other points, he argues that while drone saturation has certainly changed how the war is fought, it is not a drone war as drones complement rather than replace existing capabilities such as artillery. The author then further investigates the role of military adaptation, long-range strikes and the upcoming of a new battle triangle.
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Cet ouvrage propose une introduction systématique à la pensée, à l’œuvre et à l’influence historique de Carl von Clausewitz, sans doute le théoricien de la guerre le plus célèbre de l’Occident. L’auteur montre que la théorie de la guerre de Clausewitz ne repose pas sur des dogmes immuables, mais sur des concepts heuristiques qui lient indissolublement politique, guerre et stratégie. Müller parvient à rendre compréhensibles les idées souvent mal comprises de Clausewitz et à mettre en évidence leur pertinence pour les conflits historiques comme contemporains.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce livre ?
Que la théorie complexe de Clausewitz soit décortiquée sans être simplifiée. Les réflexions souvent fragmentaires tirées de l’ouvrage majeur de Clausewitz, « De la guerre », sont replacées dans leur contexte biographique, politique et historique militaire, puis reliées entre elles. Clausewitz passe ainsi du statut de maître déroutant à celui de penseur accessible.
Y a-t-il des points sur lesquels vous ne soutenez pas l’argumentation du livre ou des domaines qui, selon vous, ne sont pas assez développés ?
Non, ce livre est vraiment complet en soi et constitue une excellente introduction à la pensée du plus grand classique de notre métier.
À qui s’adresse votre recommandation ?
À tous ceux qui veulent comprendre ce que d’autres ne font que citer de manière anecdotique.
En quoi ce livre vous a-t-il aidé dans votre quotidien de chef militaire ?
Je ne considère plus les situations militaires comme de simples problèmes techniques, mais comme des champs de tensions complexes, marqués par des frictions, des incertitudes et des interactions. Les solutions toutes faites, à la manière de Betty Bossi, s’avèrent souvent insuffisantes : ce qu’il faut, c’est de la créativité, un esprit d’analyse et une réflexion systémique.
À quel aspect du modèle Command-Leadership-Management attribuez-vous votre livre ?
Cet ouvrage montre de manière systématique comment le commandement, le leadership, mais aussi le management interagissent. Si je devais choisir un aspect, ce serait le commandement, car le livre met l’accent sur la formation à la pensée critique et l’apprentissage du vocabulaire correspondant.
Où voyez-vous les plus grands défis à venir pour la conduite dans l’armée suisse ?
Que nous parvenions à susciter chez les cadres un tel enthousiasme pour le sujet qu’ils s’intéressent souvent à la gestion et au leadership même en dehors des formations.
Et où voyez-vous les plus grandes chances à cet égard ?
Le fait que la situation internationale tendue montre à nos chefs la nécessité de l’apprentissage autodidacte – c’est-à-dire de la lecture.
À propos de l’auteur de la recension
Après des études d’histoire, de philosophie et de sciences politiques, maj EMG Anton Maurice Regli a participé à l’élaboration de la stratégie de formation de l’armée. Il est aujourd’hui chef Stratégie et gouvernance de la Défense. Au cours de sa carrière de milicien, il a d’abord commandé une section de grenadiers blindés, puis une compagnie de reconnaissance ; il sert actuellement comme officier d’état-major au sein de l’état-major de la 11e brigade mécanisée. Pendant son temps libre, il entretient sa forme physique, aime faire de la randonnée et lit beaucoup.
À propos du « Livre du mois »
Le « livre du mois » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.
Nouveau : tous les articles parus jusqu’à présent dans la rubrique « Livre du mois » sont désormais disponibles dans les Archives Livre du mois.
Les jeux de décision de Leader’s Digest vise à inciter les abonnés de cette newsletter à de se mettre – dans le cadre de scénarios – dans le rôle de personnes qui se trouvent confrontées à des défis éthiques ou tactiques.
Nous reprenons d’abord le dernier scénario présenté ; ensuite, Dr Florian Demont, éthicien militaire à l’Académie militaire de l’EPF Zurich, présente les recommandations d’action que nous avons reçues.
Jeu de décision de Leader’s Digest #27
Votre section d’infanterie est engagée depuis des semaines dans des combats urbains intenses. Un conducteur de chien fait partie intégrante de l’unité de combat. Le chien de protection TRINITAS a déjà protégé la troupe de pertes lors de trois combats. Il a déjà été promu caporal par le commandant du bataillon et, outre ses compétences, il est pour de nombreux soldats un soutien émotionnel important dans les combats difficiles et une « oreille attentive » dans toutes les situations problématiques.
Ce matin, votre patrouille déployée, composée de deux groupes et renforcée par TRINITAS, est tombée dans une embuscade. En tant que chef de section, vous avez réussi à vous mettre à couvert en feu et mouvement et à fixer l’adversaire. Cependant, TRINITAS a été touché par l’explosion d’un drone FPV et gît désormais blessé à environ 100 mètres devant l’abri, en pleine rue, essayant de toutes ses forces de ramper vers le groupe. Le conducteur de chien Loïc Morel est hors de lui et prêt à tout. Le chef de groupe Taner Demiri est également déterminé à sauver TRINITAS. Cependant, compte tenu des tireurs d’élite ennemis, des drones FPV dans les airs et de la route ouverte, vous estimez que la situation est extrêmement risquée. Les soldats sont prêts à risquer leur vie pour TRINITAS : « Il a fait la même chose pour nous et a sauvé la vie de trois d’entre nous » – « Exactement, nous ne laisserons personne derrière nous. » Les opinions semblent faites, mais en tant que chef de section, vous avez plus que des doutes : vous avez une responsabilité envers vos hommes et vos femmes. Qui voudra expliquer aux époux et aux enfants restés à la maison que leurs proches sont morts pour un animal ? D’un autre côté, quel rôle joue le moral des troupes ? Abandonner TRINITAS le ébranlerait sans aucun doute et risquerait d’aliéner les troupes les unes des autres. Quelle importance ont les doutes au sein de la troupe, tels que « Et moi ? Me laisseriez-vous également derrière dans une situation similaire à celle de TRINITAS ? » pour les prochains combats ? Vous avez cependant également vu ce qu’ont provoqué les décès du caporal Inês Fernandez et du fantassin Loris Chappuisat la semaine dernière dans la compagnie voisine.
Questions
Que décides-tu ?
Comment agis-tu ?
Quels mots adresserais-tu à la troupe ?
Recommandation d’action du jeu de décision de Leader’s Digest #27
Le dilemme autour de « TRINITAS »
Le vainqueur :Plt Romain Berthod
La première place de cet EDG revient au Plt Romain Berthod, qui propose une solution réfléchie et équilibrée. Son analyse s’appuie sur des concepts de sociologie militaire tels que la cohésion horizontale de la troupe et le risque de moral injury en cas d’abandon irréfléchi de l’animal. Sur le plan tactique, Berthod exige une réduction conséquente des risques avant même d’envisager une récupération. Il convient de souligner en particulier sa communication de conduite : au lieu de se limiter à la simple transmission d’un ordre, il prend en compte le lien émotionnel de la troupe avec TRINITAS et le canalise vers la discipline militaire. Dans son adresse, il appelle les soldats à honorer TRINITAS en agissant, dans une situation confuse, avec le même professionnalisme et le même sang-froid que le chien a toujours incarnés. Il fait ainsi de l’animal un modèle moral pour le comportement attendu de l’unité dans cette crise.
Mentions honorables : Plt Lopez et Plt Morales
Deux autres contributions se sont distinguées par leur qualité méthodologique et méritent une mention honorable :
Plt Arthur Martin Lopez se distingue par une structure particulièrement solide. La qualité spécifique de son travail réside dans sa matrice décisionnelle, qui lie clairement une éventuelle récupération aux conditions tactiques concrètes. Il fait également preuve d’une réelle largeur d’analyse en intégrant un exemple historique : celui de DIESEL, le chien policier français de l’unité spéciale RAID, tué en 2015. Il montre ainsi, de manière proche de la pratique, comment des unités armées peuvent gérer la perte d’un animal sans porter atteinte à leur cohésion.
Plt Célia Morales propose une argumentation bien structurée en appliquant la boucle OODA et en maintenant de manière cohérente la doctrine Care under Fire. Un élément central de sa solution réside dans un procédé rhétorique efficace en matière de communication de conduite : elle initie chez les soldats un changement de perspective en leur demandant d’imaginer qu’ils seraient eux-mêmes blessés sur la route. La question qui suit, à savoir s’ils voudraient réellement, dans une telle situation, que leurs camarades risquent leur propre vie pour les récupérer, contribue à objectiver la situation et à la désescalade.
Conclusion: En conclusion, le niveau des contributions à cet EDG s’est révélé très réjouissant. Le champ de tension entre l’accomplissement de la mission, le devoir de sollicitude envers les vies humaines, les questions relatives au statut moral des animaux et le moral de la troupe a conduit les participants à formuler plusieurs approches fondées, tactiquement solides et psychologiquement nuancées. Nous remercions tous ceux qui ont relevé ce défi, félicitons le premier-lieutenant Berthod pour sa première place et lui souhaitons une bonne lecture de « Adaptation under Fire – How Militaries Change in Wartime » de David Barno et Nora Bensahel.
À propos du « Jeu de Décision »
Le « Jeu de Décision » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.
Nouveau : vous trouverez tous les articles parus jusqu’à présent dans la rubrique « Jeu de Décision », classés et archivés, en cliquant sur les deux liens suivants :
Georg Häsler über Neutralität, Sicherheit und die Idee einer Alpenallianz
[YouTube, 13.02.2026, Georg Häsler, Mathias Müller]
Was bedeutet Neutralität in einer zunehmend unsicheren Welt? Welche sicherheitspolitischen Herausforderungen kommen auf die Schweiz zu? Und wie kann Zusammenarbeit im Alpenraum zur Stabilität Europas beitragen? Im offiziellen Podcast der Schweizer Armee spricht NZZ-Redaktor, Sicherheitsexperte und Oberst Georg Häsler mit Gastgeber Oberst i Gst Mathias Müller über strategisches Denken, militärische Realität und die Verantwortung eines neutralen Staates. Dabei erläutert er auch die Grundidee seines Buches «Alpenallianz», das den Alpenraum als gemeinsamen sicherheitspolitischen Raum betrachtet. Ein interessantes Gespräch über Geopolitik, Landesverteidigung und die Bedeutung klarer Analyse in komplexen Zeiten.
[CSS ETH, 12.03.2026, Gorana Grgić, Daniel Möckli et al]
In der diesjährigen Ausgabe des jährlichen Reports des Center for Security Studies an der ETH Zürich identifizieren und analysieren die Autoren strategische Trends, welche ihrer Ansicht nach die Weltpolitik der nächsten Jahre prägen werden. Im Detail behandelt werden dabei der sich wandelnde Charakter des Krieges, die Militarisierung des Weltraums, sowie die zunehmend multipolare Weltordnung.
In this video, War Archive analyses the 2023 Ukrainian counteroffensive, which allows viewers to study how Russian forces defended the frontline and which weaknesses in Ukrainian strategy they exploited. The counteroffensive was shaped by NATO training and hence Western assumptions on how a war involving NATO would unfold. Early Ukrainian attempts at breaching Russian lines through mechanized assaults proved costly, as Ukraine lacked air superiority, strong air support, and was faced with strong Russian reconnaissance and defences. The failed 2023 counteroffensive can therefore serve as a cautionary tale on how no war is the same, and how military planners need to account for the context in which a war unfolds. Apart from this analysis, War Archive post other videos where he analyses specific battles of the Russian War in Ukraine in detail. Highly recommended is his video on the Battle of Kharkiv.
Diese Ausgabe des Bundeswehrmagazins «Innere Führung» beschäftigt sich mit zeitgemässer Menschenführung (16), innerer Führung (30), sowie der nun 70-jährigen Geschichte der Bundeswehr (24).
[The New York Times Magazine, 31.12.2025, C.J. Chivers]
Whereas early-on in the war Ukraine’s drones could operate freely, the Russian Armed Forces later deployed strong electronic warfare systems. As EW systems were mounted on potential targets such as tanks, many Ukrainian drones did not reach their targets as the drone operator lost control over his or her drone as the drone was jammed. To avoid this failure in the last stage of an attack, A.I. plays an increasingly important role as it helps drones successfully reach their targets even as they are exposed to jamming. Chivers reports from Ukraine’s “fast-feedback” drone ecosystem, where the need to overcome Russian EW leads to increasingly autonomous drone missions. He shows how terminal guidance modules, GPS-free navigation (visual positioning), and early swarm management concepts are already in combat use, often built from commercial components and iterated through rapid frontline feedback loops. The article highlights a certain interconnectedness, where not only the efforts of combat units matter, but where successful strike operations under jamming conditions are also the collective product of the work of venture capital, government procurement and engineers. Chivers notes how armed forces which do not prepare for (partially) autonomous warfare will fall behind.
Defending the City: An Overview of Defensive Tactics from the Modern History of Urban Warfare
[Modern War Institute, 14.02.2022, John Spencer, Jayson Geroux]
In this intriguing piece, Spencer and Geroux use historic examples from WWII and contemporary wars to extract lessons for urban warfare. Amongst others, they use the Battle of Stalingrad (1942-1943), the Defence of Mosul (2016-2017) and the First Battle of Grozny (1994-1995) as case studies.
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Si vous découvrez des choses intéressantes à lire sur Command, Leadership ou Management, nous serions heureux que vous les partagiez avec nous. Nous serions heureux de recevoir des conseils pour le prochain numéro du Leader’s Digest par leadersdigest@leadershipcampus.ch.
Aujourd’hui, tout le monde parle d’innovation et d’adaptation. Une compréhension approfondie du sujet fournit un appui à ses propres arguments. La première partie met en évidence les influences de la doctrine, de la technologie et du leadership. La deuxième partie montre, sur la base d’expériences et d’exemples concrets tirés des guerres en Irak et en Afghanistan, quelles influences la doctrine, la technologie et le leadership ont eues sur les possibilités/limites de l’adaptation. La troisième partie se tourne vers l’avenir, ou plutôt vers le présent. Comment les forces armées américaines peuvent-elles s’améliorer en tirant les leçons de leurs expériences ? Que pouvons-nous apprendre de ces développements en Europe ou en Suisse ?
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce livre ?
Malheureusement, l’adaptation ou l’innovation sont souvent considérées comme étant presque exclusivement liées à la technologie. Le rôle important joué par la doctrine, qui permet de tels développements, et en particulier par le leadership, qui apporte son appui et renforce ces développements, n’est pas ou peu pris en compte. Sans ces deux facteurs, l’innovation se perd dans les discussions techniques. La doctrine et le leadership sont entre nos mains. Nous avons le pouvoir de stimuler l’innovation et l’adaptation. C’est précisément sur ce point que le livre fournit d’excellentes informations de fond.
Y a-t-il des points sur lesquels vous ne soutenez pas l’argumentation du livre ou des domaines qui, selon vous, ne sont pas assez développés ?
Les exemples historiques tirés des guerres en Irak et en Afghanistan sont parfois un peu longs à lire.
À qui s’adresse votre recommandation ?
À tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur l’adaptation dans la pratique et qui veulent exploiter les opportunités qu’elle offre dans l’armée suisse.
En quoi ce livre vous a-t-il aidé dans votre quotidien de chef militaire ?
Le leadership est partout. Sans cette compréhension ou sans un leadership qui apporte son appui et est stimulant, même l’idée la plus innovante reste lettre morte.
À quel aspect du modèle Command-Leadership-Management attribuez-vous votre livre ?
Le leadership, car c’est l’être humain qui déclenche la doctrine et la technologie.
Où voyez-vous les plus grands défis à venir pour la conduite dans l’armée suisse ?
Utiliser de manière optimale les ressources limitées pour augmenter la capacité de défense et expliquer de manière crédible à la population et aux responsables politiques l’urgence de renforcer la capacité de défense.
Et où voyez-vous les plus grandes chances à cet égard ?
Nous disposons d’excellents militaires qui, grâce à leur formation, leur compréhension technologique, leur pragmatisme et leurs compétences en matière de leadership, sont à la hauteur de ces défis. Si nous laissons à chaque niveau une marge de manœuvre, si nous faisons preuve de confiance et si nous autorisons également des approches non conventionnelles et intelligentes, alors nous serons prêts pour l’avenir.
« Ce qui importe le plus, c’est la capacité à s’adapter avec succès à des circonstances imprévues lorsqu’elles surviennent. »
À propos de l’auteur de la recension
Le brigadier Dan Aeschbach est commandant de la brigade logistique 1 depuis le 1er février 2026. Auparavant, il était commandant du centre de compétences du service vétérinaire et des animaux de l’armée, ainsi que sous-chef d’état-major logistique de la division territoriale 4.
À propos du « Livre du mois »
Le « livre du mois » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.
Les jeux de décision de Leader’s Digest vise à inciter les abonnés de cette newsletter à de se mettre – dans le cadre de scénarios – dans le rôle de personnes qui se trouvent confrontées à des défis éthiques ou tactiques.
Nous reprenons d’abord le dernier scénario présenté ; ensuite, Colonel EMG Patrick Hofstetter, enseignant conduite et communication à l’Académie militaire de l’EPF Zurich, présente les recommandations d’action que nous avons reçues.
Jeu de décision de Leader’s Digest #26
Adversaire
Adversaire dans la zone d’intérêt
Les forces ont déjà entamé leur combat défensif dans la région de WIETZENDORF (à 35 km plus au sud) et occupent désormais, avec les effectifs restants, leur dernière position défensive. Les bataillons de front, les bataillons mécanisés 431 et 432, ont déjà été complètement anéantis et n’ont pas rempli leurs missions.
Forces restantes du régiment mécanisé 43 (ROUGE):
• Empêcher toute percée ennemie sur la ligne de défense AMELINGHAUSEN-WRIEDEL pendant 6 heures, afin de permettre au régiment mécanisé 44 de mener une contre-attaque via le canal ELBESEITENKANAL et de continuer à le tenir.
Ennemi dans la zone de responsabilité
Intention présumée du bataillon mécanisé 433 (ROUGE) :
• Défend AMELINGHAUSEN avec 2 sections de grenadiers blindés (puissance de combat encore d’environ 75 %).
• Défend les contreforts sud d’AMELINGHAUSEN avec 1 section blindée (puissance de combat encore de 2 x T80).
Si l’ennemi ne parvient pas à tenir AMELINGHAUSEN, BLEU peut percer jusqu’au ELBESEITENKANAL, le 43e régiment mécanisé sera alors complètement anéanti et la mission des forces ennemies ne sera pas accomplie. Dans cette ligne de défense, c’est tout ou rien pour l’armée de Wislanie.
Moyens propres
Vous êtes chef de la section CHARLIE [Remarque : dans la Bundeswehr, il s’agit de la 3e section de la compagnie, contrairement à la Suisse, où CHARLIE désigne la 3e compagnie du bataillon] au sein de la 4e compagnie de grenadiers blindés du 132e bataillon :
Vous disposez de 4 véhicules de combat de grenadiers PUMA, avec un effectif de 24 grenadiers blindés.
Le véhicule de combat de grenadiers PUMA est équipé d’un MELLS (missile antichar guidé d’une portée maximale de 4 km) et d’un canon embarqué de 30 mm. Voir brève explication PUMA : https://www.youtube.com/watch?v=YSCaAJTSeQ016.67%
Votre section est pleinement opérationnelle, bien approvisionnée en munitions et, malgré 35 km de combat en profondeur, elle est la seule section de la compagnie à n’avoir subi aucune perte.
Le moral est au beau fixe ; selon votre commandant, l’objectif d’attaque du bataillon, AMELINGHAUSEN, ainsi que la victoire sont imminents.
La compagnie dispose de 2 chars de pont LEGUAN (un en configuration 14 m et un en configuration 26 m). Voir brève explication LEGUAN : https://www.youtube.com/watch?v=XWYnKV-J6oU
Ils roulent à 30 km/h et se trouvent actuellement à 500 m à l’ouest du DRUMBERG ; ils constituent la tête de la compagnie (voir carte).
Mission
Lors de la transmission des ordres par votre commandant de compagnie pendant l’opération en cours, vous avez reçu la mission suivante :
Prendre et tenir ouverts deux points de passage à REHLINGEN.
(Les chars de pont sont disponibles sur appel et seront envoyés par le commandant de compagnie vers d’éventuels points de franchissement dès que ceux-ci seront sécurisés.)
Environnement
Concernant la situation à REHLINGEN, on sait seulement qu’il existe deux passages à grande capacité au-dessus de la LOPAU. Au nord se trouve une installation de biogaz le long de la route principale (route départementale 19).
Conditions temporelles
Il est actuellement 21 h 07 – en Basse-Saxe, il fait déjà nuit depuis une heure à cette période de l’année. Le chef de compagnie attend de vous un rapport de mission dans les 45 prochaines minutes.
Nous venons de recevoir un message du chef de la section de reconnaissance : Chef de la patrouille de reconnaissance 4 sur le réseau de commandement de la compagnie : ici Œil 4, position actuelle à M-12+2. Reconnaissance par drone : deux explosions à REHLINGEN aux coordonnées 817 847 et colonnes de fumée s’élevant. 2 BMP en mouvement de contournement vers le nord. Poursuivez la reconnaissance. (Heure 2107Z)
Questions
Analysez brièvement le terrain à l’aide des moyens dont vous disposez (cartes, sources ouvertes, etc.). Pour ce type d’analyses OSINT, Swisstopo (tant que nous analysons le terrain suisse) et Google Earth Pro (dans le monde entier) sont particulièrement adaptés ; ce dernier offre davantage de fonctionnalités que Google Maps, telles que la mesure de distances, la mesure de rayons, des images satellites historiques, etc. Google Earth Pro peut être installé gratuitement, tandis que Swisstopo est accessible directement dans le navigateur.
Quelle est votre décision en tant que chef de section ? (Un croquis et un odre « orientation – intention – missions »)
Justifiez votre décision en trois phrases.
Recommandation d’action du jeu de décision de Leader’s Digest #26
Le Decision Game consacré à REHLINGEN plaçait le chef de la section CHARLIE devant une mission qui pouvait paraître simple au premier abord : prendre et tenir ouverts deux points de passage à REHLINGEN. En réalité, la difficulté ne résidait pas dans la prise isolée d’un village ou de quelques points de franchissement, mais dans la combinaison de plusieurs facteurs : l’obscurité, la pression du temps, deux explosions signalées, des BMP ennemis en mouvement de repli, la mission propre en tant que section de tête de la compagnie et la disponibilité de deux chars de pont LEGUAN, qui ne pouvaient être engagés par le commandant de compagnie vers d’éventuels points de pose qu’après l’annonce de leur sécurisation.
Comme d’habitude, nous ne proposons pas ici une solution exemplaire, mais une discussion à partir des trois meilleures réponses. La question centrale n’était pas seulement de savoir si une décision avait été formulée, mais si la situation avait été correctement comprise, si la décision était réalisable sur le plan tactique et si l’engagement des chars de pont avait été intégré dans un ordre cohérent au niveau de la section.
Un problème commun à presque toutes les réponses est apparu : la destruction annoncée des ponts n’a pas été prise en compte de manière suffisamment conséquente. Plusieurs solutions supposaient implicitement qu’il serait possible de poser simplement un pont sur les ponts détruits. C’est problématique. L’effet des décombres après une destruction de pont n’est pas un détail secondaire ; il doit être compris par tout officier comme un problème tactique et technique. Quiconque observe des images actuelles de ponts détruits, par exemple en Ukraine, constate rapidement qu’il n’est pas possible de poser une passerelle ou un pont de remplacement n’importe où sur la structure détruite ou immédiatement à côté. C’est précisément là que commençait la véritable appréciation du terrain : non pas « où se trouvaient les ponts auparavant ? », mais « où un char de pont peut-il réellement poser son pont dans les conditions données ? ».
Le deuxième point récurrent concerne le LEGUAN. Pour une section de grenadiers blindés, un char de pont est un moyen qui n’appartient pas organiquement à son système d’action habituel. C’est justement pour cette raison que le chef de section doit intégrer activement son emploi dans sa décision. Il ne suffit pas de mentionner le LEGUAN ou de présupposer qu’il apparaîtra d’une manière ou d’une autre au bon moment. L’ordre doit préciser qui accueille le char de pont, qui le guide, qui le protège pendant la pose, qui franchit en premier et quel comportement est attendu une fois le pont établi. Plusieurs contributions sont restées trop générales sur ce point.
Troisièmement, la phase après la pose du pont manquait dans de nombreuses solutions. La mission ne s’achève pas avec le message « le pont est posé ». Il faut ensuite établir et sécuriser la tête de pont. Au niveau de la section, cela signifie par exemple : sécuriser en profondeur avec les PUMA, observer et battre la prochaine chambre de terrain, orienter le feu et l’observation contre d’éventuelles contre-attaques et permettre le passage du reste de la compagnie. Celui qui ne pense que jusqu’à la pose du pont ne pense pas la mission jusqu’au bout.
Quatrièmement, le cadre d’ensemble de la compagnie a été trop peu exploité. Dans beaucoup de solutions, les chefs de section combattaient de facto seuls. C’était pourtant précisément le point central de cette mission. La section CHARLIE est la section de tête de la compagnie, et non un groupe de combat isolé. Cela soulève plusieurs questions : où vont les sections voisines ? À partir de quel moment une protection de flanc peut-elle être reprise par les sections qui suivent ? De quelles informations supplémentaires ai-je besoin de la part de la reconnaissance ? Que dois-je demander au commandant de compagnie ? Une demande — par exemple d’aveuglement, d’appui-feu ou de conduite plus précise de la reconnaissance — peut aussi faire partie d’une bonne décision, si elle est tactiquement justifiée.
L’installation de biogaz au nord a été fortement pondérée dans certaines solutions. Elle constitue certes une infrastructure et sa destruction peut provoquer un incendie, une explosion ou une perte de visibilité. Mais elle n’est pas automatiquement le terrain clé de la mission de la section. Celui qui fait de l’installation de biogaz le centre de sa décision risque de fixer des forces sur un objet qui n’apporte qu’une valeur limitée pour le maintien ouvert des points de passage.
Le premier rang revient au Capitaine Pugin. Sa contribution était globalement la plus solide. Ce qui a été déterminant, c’est surtout la qualité de l’analyse du terrain. Il a reconnu le problème des ponts détruits, apprécié de manière réaliste les possibilités de pose et intégré la protection des chars de pont dans sa réflexion. Son intention était claire, tactiquement réalisable et cohérente. L’ordre était également précis et conduisible au niveau de la section. Le potentiel d’amélioration se situait surtout dans la phase suivant la pose : la sécurisation de la tête de pont en profondeur aurait dû être réglée plus clairement. En outre, avec une section mécanisée, il faut toujours examiner de manière critique jusqu’où l’on peut étirer ses propres forces et à partir de quel moment les éléments suivants de la compagnie peuvent reprendre certaines tâches de sûreté. Dans l’ensemble, il s’agissait toutefois de la solution globale la plus convaincante.
Le deuxième rang revient au Lieutenant Rinderknecht. Il faut relever positivement qu’il a appliqué appréciation de la situation et qu’il s’est manifestement efforcé d’appréhender de manière structurée l’ennemi, le terrain et ses propres possibilités d’action. Sa solution contient plusieurs réflexions justes et montre un véritable travail tactique. En même temps, la formulation de la décision manque de force et de cohérence. Certaines mesures, en particulier le poste d’observation ou d’alarme au nord, fixent des forces sans contribuer de manière substantielle à l’accomplissement de la mission. La focalisation importante sur l’installation de biogaz détourne également l’attention du problème central. Le manque de réflexion dans le cadre global de la compagnie apparaît ici de manière particulièrement nette : si les sections suivantes progressent derrière la section de tête, celle-ci ne doit pas nécessairement assurer durablement une protection de flanc étendue au nord. Malgré ces faiblesses, la contribution était suffisamment substantielle pour mériter le deuxième rang.
Le troisième rang revient au Capitaine Petkoski. Sa solution était courte, simple et compréhensible. Le croquis était utilisable, l’ordre au niveau de la section était approprié, et l’emploi de patrouilles correspondait mieux au cadre d’une section de grenadiers blindés qu’une fragmentation excessive en groupes débarqués isolés. Il faut également relever positivement que l’attaque de nuit a été intégrée dans la justification. Il reste toutefois discutable que deux groupes engagés à deux endroits différents suffisent pour prendre deux points de passage, les sécuriser et accueillir correctement les chars de pont. Chez lui aussi, il aurait fallu ordonner plus clairement qui guide les LEGUAN, qui les protège et qui sécurise la tête de pont après la pose. Précisément parce que la solution était courte et claire, quelques phrases supplémentaires auraient permis de gagner beaucoup en qualité.
La principale leçon de ce Decision Game n’est donc pas une solution tactique particulière, mais un principe de conduite : le chef de section ne doit pas considérer sa mission de manière isolée. Il doit intégrer le terrain, l’ennemi, ses propres moyens, la pression du temps, les sections voisines, les prestations d’appui et les moyens non organiques dans une décision conduisible. Prendre REHLINGEN n’était que la première partie. L’élément décisif consistait, dans les conditions créées par la destruction des points de passage, à permettre l’engagement des LEGUAN, à les protéger et à établir ensuite une tête de pont viable pour la compagnie.
Les trois premiers rangs reçoivent à nouveau des prix offerts par tacsymbols.ch. Le premier rang reçoit en plus le livre du mois d’avril, Leadership is Language: The Hidden Power of What You Say – and What You Don’t de L. David Marquet, avec la signature de l’auteur.
Pour terminer, une correction de notre part : lors de l’évaluation du mois dernier, une erreur nous a échappé. Le Capitaine Bryan Morisod avait obtenu le même nombre de points que le premier classé. Il recevra donc lui aussi, à titre rétroactif, un exemplaire du livre du mois de mars.
On ne peut pas simplement poser un pont provisoire au-dessus d’un pont détruit. Photo : 2022, Irpin, Ukraine.
Command – Leadership – Management: Ein integratives Führungsmodell für militärische und zivile Organisationen
[Gruppe. Interaktion. Organisation. Zeitschrift für Angewandte Organisationspsychologie (GIO), 12.03.2026, Patrick Hofstetter, Florian Demont et Sarah von Felten]
Le modèle de conduite Commandement – Leadership – Management, développé en 2023 et officialisé en janvier 2025 dans la stratégie du Groupe Défense, est désormais présenté de manière systématique et replacé dans son contexte théorique pour la première fois dans un article de journal scientifique évalué par des pairs. Cet article ne se limite toutefois pas à une simple présentation du modèle. Sous la forme d’une étude de cas inductive et conceptuelle, il explique explicitement pourquoi et comment cette approche issue du contexte militaire peut être transposée aux organisations civiles. Ce qui semble souvent aller de soi en Suisse en raison de l’ancrage social profond de l’armée doit d’abord être rendu plausible et justifié dans les pays voisins. C’est précisément ce que le présent article tente de démontrer.
By breaking down the Russian invasion of Ukraine into five phases, War Archive shows how the Russian Armed Forces adapted over time. In the beginning they attempted a decapitation strike aimed mainly at the capital Kyiv in what War Archive calls a “Modernized Blitzkrieg”. As this failed due to unexpected Ukrainian resistance and a lack of air superiority, in May 2022 the Russian armed forces shifted their approach to rely less on manoeuvre and more on an artillery “Wall of Fire”. These artillery-enabled advances then ground to a halt as Ukrainian deep-strikes (such as with HIMARS) targeted the logistics needed for such high artillery firing rates. Having attempted to outmanoeuvre and outgun their opponent, in late 2022 the Russians then shifted their focus to relying on infantry assaults mostly constituted by Wagner troops. As Wagner was disbanded, the regular Russian Armed Forces incorporated Wagner’s infantry-heavy approach and added limited mechanised elements to it. Since mid-2024, they now rely on infiltrating Ukrainian-held positions in small teams. Whereas most teams are quickly eliminated, sheer numbers mean that some are inevitably successful in eroding Ukrainian defences over time, as seen in Russia’s capture of the centre of Pokrovsk in December 2025. Apart from this analysis, War Archive posts other videos where he analyses specific battles of the War in Ukraine in detail. Most notably, his video about the Battle for Hostomel Airport allows the viewers to study how Russian forces attacked and why their plan of enabling an air bridge to Hostomel ultimately failed.
From Relic to Relevance: Why Obsolete Weapons Still Win Modern Wars
[Modern War Institute, 13.11.2025, Lukáš Dyčka]
The Bundeswehr retired its Gepard air defence systems in 2010. 12 years later Germany exported Gepard systems to Ukraine, where they proved very capable of defending against Russian Shahed/Geran drones. This article highlights how « obsolete » platforms « may be one adversary or one type of terrain away from renewed relevance. » With European armed forces facing the possibility of a long war and hence being in need of redundancies and deep stockpiles, the author wants armed forces to stop calling weapon systems obsolete and to « Start asking what problems they can still solve ».
Une librairie en ligne française moins connue, la Chouette Librairie, propose une sélection ciblée d’ouvrages en études stratégiques, histoire militaire, éthique militaire et leadership. Son catalogue comprend des œuvres influentes de figures telles que Guisan, Rommel et Fuller, entièrement en français.
[War on the Rocks, 28.10.2025, Florence Gaub, Roderick Parkes]
Gaub and Parkes warn that as governments see their population as unwilling and too soft to fight, they risk a self-fulfilling prophecy. They argue that instead of a fixed category, the « will to fight » should be treated as societal potential that can be both suppressed or cultivated.
[War on the Rocks, 21.11.2025, Zachary Griffiths, Jeff Ivas]
Griffiths and Ivas argue that the US Army will not scale small drones successfully if it continues to manage them like durable equipment. Drawing on Ukraine’s high consumption rates and rapidly growing production, they frame small quadcopters and first-person view drones as inherently expendable, closer in cost and turnover to mortar rounds than to “aircraft”. The author’s proposal is straightforward: classify small aerial drones as conventional ammunition, switch from brand-based procurement to role-based “drone families” (recon, FPV, etc), standardise controllers, and use simulators in addition to live drones to lower drone attrition during training.
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