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Leader's Digest Leader's Digest #26 Newsletter

Update Conduite : Avril 2026

Command – Leadership – Management: Ein integratives Führungsmodell für militärische und zivile Organisationen

[Gruppe. Interaktion. Organisation. Zeitschrift für Angewandte Organisationspsychologie (GIO), 12.03.2026, Patrick Hofstetter, Florian Demont et Sarah von Felten]

Le modèle de conduite Commandement – Leadership – Management, développé en 2023 et officialisé en janvier 2025 dans la stratégie du Groupe Défense, est désormais présenté de manière systématique et replacé dans son contexte théorique pour la première fois dans un article de journal scientifique évalué par des pairs. Cet article ne se limite toutefois pas à une simple présentation du modèle. Sous la forme d’une étude de cas inductive et conceptuelle, il explique explicitement pourquoi et comment cette approche issue du contexte militaire peut être transposée aux organisations civiles. Ce qui semble souvent aller de soi en Suisse en raison de l’ancrage social profond de l’armée doit d’abord être rendu plausible et justifié dans les pays voisins. C’est précisément ce que le présent article tente de démontrer.

Link (open access): https://link.springer.com/article/10.1007/s11612-026-00870-3

Evolution of Russian Tactics

[YouTube: War Archive, 26.12.2025]

By breaking down the Russian invasion of Ukraine into five phases, War Archive shows how the Russian Armed Forces adapted over time. In the beginning they attempted a decapitation strike aimed mainly at the capital Kyiv in what War Archive calls a “Modernized Blitzkrieg”. As this failed due to unexpected Ukrainian resistance and a lack of air superiority, in May 2022 the Russian armed forces shifted their approach to rely less on manoeuvre and more on an artillery “Wall of Fire”. These artillery-enabled advances then ground to a halt as Ukrainian deep-strikes (such as with HIMARS) targeted the logistics needed for such high artillery firing rates. Having attempted to outmanoeuvre and outgun their opponent, in late 2022 the Russians then shifted their focus to relying on infantry assaults mostly constituted by Wagner troops. As Wagner was disbanded, the regular Russian Armed Forces incorporated Wagner’s infantry-heavy approach and added limited mechanised elements to it. Since mid-2024, they now rely on infiltrating Ukrainian-held positions in small teams. Whereas most teams are quickly eliminated, sheer numbers mean that some are inevitably successful in eroding Ukrainian defences over time, as seen in Russia’s capture of the centre of Pokrovsk in December 2025. Apart from this analysis, War Archive posts other videos where he analyses specific battles of the War in Ukraine in detail. Most notably, his video about the Battle for Hostomel Airport allows the viewers to study how Russian forces attacked and why their plan of enabling an air bridge to Hostomel ultimately failed.

Link Tactics: https://www.youtube.com/watch?v=A6MfjV2vsdg

Link: Hostomel: https://www.youtube.com/watch?v=r0Ji7KqqEqg

From Relic to Relevance: Why Obsolete Weapons Still Win Modern Wars

[Modern War Institute, 13.11.2025, Lukáš Dyčka]

The Bundeswehr retired its Gepard air defence systems in 2010. 12 years later Germany exported Gepard systems to Ukraine, where they proved very capable of defending against Russian Shahed/Geran drones. This article highlights how « obsolete » platforms « may be one adversary or one type of terrain away from renewed relevance. » With European armed forces facing the possibility of a long war and hence being in need of redundancies and deep stockpiles, the author wants armed forces to stop calling weapon systems obsolete and to « Start asking what problems they can still solve ».

Link: https://mwi.westpoint.edu/from-relic-to-relevance-why-obsolete-weapons-still-win-modern-wars/

Le Polemarque

[La Chouette Librairie]

Une librairie en ligne française moins connue, la Chouette Librairie, propose une sélection ciblée d’ouvrages en études stratégiques, histoire militaire, éthique militaire et leadership. Son catalogue comprend des œuvres influentes de figures telles que Guisan, Rommel et Fuller, entièrement en français.

Link: https://www.lachouettelibrairie.com/editeur/le-polemarque/

Is Europe Too Soft to Fight?

[War on the Rocks, 28.10.2025, Florence Gaub, Roderick Parkes]

Gaub and Parkes warn that as governments see their population as unwilling and too soft to fight, they risk a self-fulfilling prophecy. They argue that instead of a fixed category, the « will to fight » should be treated as societal potential that can be both suppressed or cultivated.

Link: https://warontherocks.com/2025/10/is-europe-too-soft-to-fight/

The Case for Treating Drones as Ammunition

[War on the Rocks, 21.11.2025, Zachary Griffiths, Jeff Ivas]

Griffiths and Ivas argue that the US Army will not scale small drones successfully if it continues to manage them like durable equipment. Drawing on Ukraine’s high consumption rates and rapidly growing production, they frame small quadcopters and first-person view drones as inherently expendable, closer in cost and turnover to mortar rounds than to “aircraft”. The author’s proposal is straightforward: classify small aerial drones as conventional ammunition, switch from brand-based procurement to role-based “drone families” (recon, FPV, etc), standardise controllers, and use simulators in addition to live drones to lower drone attrition during training.

Link: https://warontherocks.com/2025/11/the-case-for-treating-drones-as-ammunition/


À propos de « Update Conduite »

Le « Update Conduite » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.

Si vous découvrez des choses intéressantes à lire sur Command, Leadership ou Management, nous serions heureux que vous les partagiez avec nous. Nous serions heureux de recevoir des conseils pour le prochain numéro du Leader’s Digest par leadersdigest@leadershipcampus.ch.

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Leader's Digest Leader's Digest #26 Newsletter

Livre du mois: «Leadership is Language»

Quel est le message clé du livre ?

Le langage est l’outil le plus important dont dispose un chef, car il influence la manière dont les gens pensent, décident et agissent. Une bonne conduite ne consiste pas à donner des ordres, mais à poser des questions et à amener les autres à réfléchir par eux-mêmes. Les décisions doivent être prises là où se trouve l’expertise, plutôt que d’être simplement imposées par la hiérarchie. Celui qui utilise le langage de manière ciblée favorise la responsabilité, la confiance et une collaboration solide.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce livre ?

Comme dans son premier ouvrage « Turn the Ship Around », Marquet décrit la nouvelle orientation du système Leader-Leader. Il s’agit d’un approfondissement du livre axé sur le langage et, par conséquent, sur la culture des chefs. J’ai effectué mon service practique de commandant de compagnie en suivant les suggestions de Marquet et j’ai été étonné des progrès et des performances réalisés par ma compagnie. Je suis particulièrement fier de l’autonomie et de l’esprit d’initiative de mes subordonnés qui en ont résulté.

Y a-t-il des points sur lesquels vous ne soutenez pas l’argumentation du livre ou des domaines qui, selon vous, ne sont pas assez développés ?

Ce livre et le principe « Leader-Leader » reposent sur la compétence et la confiance. Or, ces deux éléments ne sont pas acquis d’emblée dans une école de recrues, et les 18 semaines ne suffisent pas tout à fait pour tout mettre en œuvre. Il peut toutefois servir de guide et inciter les responsables à repenser leur approche et à changer leur façon de voir les choses.

À qui s’adresse votre recommandation ?

Cela s’adresse avant tout aux chefs qui conduisent d’autres chefs, car la compétence et la confiance sont des conditions indispensables pour que cet effet puisse être pleinement exploité.

En quoi ce livre vous a-t-il aidé dans votre quotidien de chef militaire ?

En tant que commandant d’une compagnie de chars, je n’avais pas vraiment la même compréhension du char de combat que mes chefs de section, étant donné que j’occupais un poste d’officier d’état-major. En déléguant délibérément le pouvoir de décision aux personnes les plus compétentes, celles-ci ont pu prendre les décisions nécessaires. Les chefs de section ont ainsi pris davantage de responsabilités et étaient très enthousiastes à l’idée de m’expliquer et de me présenter les particularités techniques. Cela m’a permis de me familiariser très rapidement et en profondeur avec le char de combat Leopard.

À quel aspect du modèle Command-Leadership-Management attribuez-vous votre livre ?

Cela allie commandement et leadership. Grâce à une utilisation ciblée du langage et au transfert du pouvoir de décision, le subordonné est mis en situation de responsabilité et est intrinsèquement motivé à l’assumer. Cela libère du temps et de l’espace de réflexion pour le commandant.

Où voyez-vous les plus grands défis à venir pour la conduite dans l’armée suisse ?

Le fait que nous surchargions de responsabilités des personnes dont le temps de formation est insuffisant, ce qui fait qu’elles n’agissent pas vraiment en tant que leaders, mais plutôt en tant que managers.

Et où voyez-vous les plus grandes chances à cet égard ?

Que nous offrons à la société un cadre dans lequel les cadres peuvent faire leurs premiers pas et acquérir de l’expérience. Ceux-ci affinent ainsi leurs compétences dans la vie professionnelle et apportent ensuite cette valeur ajoutée aux formations de perfectionnement au sein des formations de milice.


À propos de l’auteur de la recension

Capitaine Timothy Rizza a suivi un apprentissage de boulanger-pâtissier et a été incorporé comme cuisinier de troupe. Au cours de la quatrième semaine de l’école de recrues, il a été affecté à la compagnie d’état-major des blindés, puis a occupé pendant trois ans le poste de chef de section d’échelon de conduite. Après l’Académie militaire, il est devenu officier de carrière au sein de la formation d’application blindée/artillerie et est actuellement détaché au Centre d’instruction des forces spéciales pour le développement des compétences en matière d’échelon de conduite et de transmission, ainsi que pour la constitution d’équipes au sein de la compagnie de soutien logistique de combat.

À propos du « Livre du mois »

Le « livre du mois » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.

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Leader's Digest Leader's Digest #26 Newsletter

Jeu de décision et recommandations d’action de Leader’s Digest #25

Les jeux de décision de Leader’s Digest vise à inciter les abonnés de cette newsletter à de se mettre – dans le cadre de scénarios – dans le rôle de personnes qui se trouvent confrontées à des défis éthiques ou tactiques.

Nous reprenons d’abord le dernier scénario présenté ; ensuite, Dr Florian Demont, éthicien militaire à l’Académie militaire de l’EPF Zurich, présente les recommandations d’action que nous avons reçues.

Jeu de décision de Leader’s Digest #25

Inspiré d’expériences personnelles

Vous êtes officier de l’Armée suisse, avec une expérience opérationnelle à l’étranger, et vous avez été détaché pour une année en Côte d’Ivoire. Vous avez beaucoup voyagé et vous pouvez affirmer que vous savez évoluer, dans des environnements culturels étrangers, avec assurance, courtoisie et sans agitation. Votre activité professionnelle sur place se déroule dans un centre ouest-africain de formation pour la paix et la sécurité. Vous pouvez vous déplacer librement dans le pays et bénéficiez en outre, en raison de votre statut diplomatique, d’une certaine protection. Après quelques semaines dans le pays, vous êtes encore en phase d’adaptation, mais vous vous sentez en sécurité, notamment grâce à l’amabilité des habitants. Malgré tout, les plaques diplomatiques facilitent le passage des postes de contrôle quotidiens (sans quoi il est souvent exigé, illégalement, de l’argent pour pouvoir repartir). La corruption est largement répandue et, du côté de l’ambassade, il n’existe aucune directive concernant les Rules of Behaviour (RoB ; règles de comportement).

Vous décidez d’entreprendre un voyage de reconnaissance dans le pays hôte afin de mieux connaître la culture et les différences locales. Pour des raisons de simplicité, d’accessibilité routière et de flexibilité, vous préférez voyager avec votre véhicule personnel. Vous avez largement pris en compte, dans votre itinéraire, les restrictions de voyage publiées par le DFAE pour certaines petites parties du pays, de sorte que l’évaluation des risques est également respectée. Comme vous collaborez étroitement avec l’ambassade, vous l’avez informée de l’itinéraire, dans l’esprit du « Blue Force Tracking ». L’ambassade a été surprise par l’itinéraire et s’est montrée quelque peu sceptique. Vos collègues ivoiriens au Centre ont pu vous conseiller utilement quant aux objectifs d’étape, et l’un d’entre eux vous accompagnera même durant cette reconnaissance.

En raison des contrôles de police récurrents, vous avez souvent discuté avec votre collègue (collaborateur civil des forces armées ivoiriennes) du comportement des agents corrompus, de l’éthique, de l’intégrité et de l’exemplarité. Vous avez clairement exprimé que, sur la base de vos valeurs, vous ne tolériez aucun acte de corruption ou assimilé.

Après quelques jours de voyage, lorsque vous entrez dans une grande ville située au nord, la circulation et la navigation se révèlent difficiles. Le GPS ne fonctionne pas de manière fiable et la destination ne peut pas être atteinte immédiatement. Vous décidez de faire demi-tour avec votre véhicule afin de vous rapprocher du centre-ville. Peu après votre manœuvre, deux agents en uniforme, vraisemblablement non armés, se placent devant votre voiture et vous empêchent d’avancer. La communication verbale est dure, exigeante, bruyante et nerveuse. Vous avez encore de la peine à interpréter correctement le comportement non verbal des personnes sur place. Vous réfléchissez à la manière de procéder, tandis que l’impatience de l’agent devient manifeste.

Remarques particulières :

  • Vous n’êtes ni l’un ni l’autre en uniforme. Votre collègue dans le véhicule reste calme et se contente d’indiquer qu’avec un peu d’argent liquide, la situation serait rapidement réglée.
  • Votre voiture reste bloquée, et plusieurs hommes, dans les environs, suivent la scène.
  • Vous avez légèrement baissé la vitre et vous tentez d’expliquer que vous travaillez pour l’ambassade de Suisse et que vous possédez un passeport diplomatique. Vous attirez l’attention sur la plaque diplomatique du véhicule. Les agents de sécurité ne comprennent pas ce que vous voulez dire.
  • L’agent exige 300 USD d’amende, sinon son supérieur et d’autres agents seront appelés. Les esprits semblent très échauffés.

Questions

  • Comment procédez-vous ?
  • Quelles sont vos réflexions quant à une possible escalade ?
  • Quelle est votre position face à la corruption illégale, en tant que pratique locale largement répandue ?

Recommandation d’action du jeu de décision de Leader’s Digest #25

Le scénario présenté à un poste de contrôle routier ivoirien constitue une situation exigeant un équilibre délicat : préserver son intégrité morale (fidélité aux principes, lutte contre la corruption) tout en garantissant sa sécurité physique dans un environnement volatil et interculturel.

L’analyse du nombre record de 12 contributions montre que ni un relativisme moral aveugle ni un rigorisme éthique rigide ne sont appropriés. Ce qui est requis, c’est une sensibilité situationnelle, une capacité de désescalade et une réflexion moralement fondée et précise.

1re place : capitaine Steven Senn

Synthèse éthique et tactique remarquable

La contribution du cap Senn est évaluée comme la meilleure solution (18/20 points). Il résout le dilemme moral grâce à une différenciation conceptuelle particulièrement fine, combinée à un comportement tactique pertinent.

Justification et points forts :

•   Grande précision moral-philosophique (principe du double effet)

Le cap Senn résout le dilemme de la « corruption illégale » en appliquant implicitement la doctrine du double effet. Il distingue clairement entre corruption active (payer pour obtenir un avantage indu) et paiement sous contrainte (verser une somme pour éviter un dommage physique disproportionné). Par cette distinction, il ne renonce pas à ses principes, mais les adapte à la réalité d’une situation de contrainte.

•   Désescalade tactique («la bureaucratie comme bouclier»)

Au lieu de refuser frontalement, il exige, par l’intermédiaire de son collègue, une quittance officielle. Il s’agit d’un moyen éprouvé et non violent pour contrer des demandes illégales sans accuser directement les agents de corruption.

•   Leadership et délégation exemplaires

Il mobilise activement son collègue ivoirien comme intermédiaire culturel et conseiller (« reality check »), tout en conservant la responsabilité finale de la décision morale.

•   Transparence

Le classement de l’incident comme événement à signaler dans le cadre du « Blue Force Tracking » garantit l’intégrité institutionnelle a posteriori.

Mention spéciale : capitaine Raphael Iselin

Très bonne performance grâce à une pensée latérale

Le cap Iselin propose l’approche la plus créative et intellectuellement stimulante du panel (16/20 points). Sa contribution se distingue par une réflexion approfondie sur le rôle de l’officier suisse.

Points forts de l’approche :

•   Transformation créative du conflit

Le cap Iselin résout le problème de la corruption par une manœuvre interculturelle astucieuse : proposer, via le collègue ivoirien, d’engager spontanément les agents comme « guides » afin de trouver le centre-ville. Il transforme ainsi une extorsion illégale en prestation de service légitime. Les agents reçoivent une rémunération tout en préservant leur face devant les observateurs, tandis qu’Iselin paie pour une contrepartie réelle et préserve son intégrité.

•   Analyse approfondie de l’escalade

Il démontre une excellente compréhension de la dynamique de rue et identifie avec précision que l’objectif principal des agents n’est pas la violence, mais l’intimidation dans une logique économique.

(Remarque : seul point critique, une tolérance au risque personnelle élevée, acceptant potentiellement des violences physiques jusqu’à un seuil dangereux pour préserver ses principes.)

Approches problématiques

Les autres contributions révèlent plusieurs lacunes éthiques, tactiques et interculturelles qui, en situation réelle, pourraient conduire à des escalations critiques ou à une perte de crédibilité du commandement.

Ces approches peuvent être regroupées en plusieurs schémas problématiques :

1. Externalisation morale et faiblesse du leadership

Certaines solutions délèguent entièrement la négociation au collègue ivoirien, avec l’acceptation implicite qu’il paiera probablement un pot-de-vin. L’officier se décharge ainsi de sa responsabilité morale (« je n’ai pas corrompu moi-même »). Il ne s’agit pas d’une répartition culturelle des rôles, mais d’un transfert de responsabilité vers un subordonné.

2. Dogmatisme juridique et arrogance

Une tendance marquée consistait à se retrancher derrière le droit pénal suisse ou à exiger agressivement l’identité des agents afin de les « sortir de l’anonymat ». Cela méconnaît les rapports de force réels, place les agents sous pression devant un public et provoque une perte de face susceptible de dégénérer en violence.

3. Confrontation arrogante (« stratégie d’attente »)

Une autre approche consistait à menacer d’appeler immédiatement l’ambassadeur et à reprocher aux agents de ternir l’image de leur pays. Couplée à l’annonce que l’on pouvait attendre sur place devant la foule, cette posture constitue un jeu de pouvoir risqué, dépourvu de sensibilité interculturelle.

4. Éthique opportuniste et réactions impulsives

Certaines réponses révèlent un opportunisme moral : les principes sont maintenus tant qu’il n’y a pas de pression, puis abandonnés dès que la situation se tend. Particulièrement critique, l’idée d’accélérer brusquement pour fuir avec des personnes autour du véhicule, ce qui constitue une mise en danger irresponsable.

5. Incohérence intellectuelle

Certains ont tenté d’analyser la situation à l’aide de concepts issus de la théorie des jeux (jeu de coordination, maximisation de l’utilité), pour finalement conclure par un absolutisme moral rigide (« je ne pourrais pas vivre avec le fait de payer »). Si le cadre théorique ne soutient pas l’action pratique, la capacité d’agir s’effondre sous stress.

6. Naïveté et mentalité de repli

Parmi les approches les plus faibles figuraient le verrouillage du véhicule tout en plaquant le passeport diplomatique contre la vitre depuis l’intérieur, signalant à la fois peur et arrogance. De même, l’hypothèse selon laquelle des agents corrompus accepteraient volontairement de suivre un véhicule étranger jusqu’à un poste officiel relève d’une appréciation irréaliste de la situation.

Nous remercions tous les participants pour leurs contributions et félicitons le cap Steven Senn pour avoir remporté le livre du mois de mars, « Pearl Harbor: Japans Angriff und der Kriegseintritt der USA » de Takuma Melber.

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Update Conduite : Mars 2026

Bulletin 2025 zur Schweizerischen Sicherheitspolitik

[CSS ETH, 2025, Lucas Renaud, Daniel Möckli et al.]

Das Bulletin 2025 zur Schweizerischen Sicherheitspolitik liefert eine Bestandesaufnahme angesichts der aktuellen globalen sicherheitspolitischen Entwicklungen. Es beleuchtet unter anderem die Bedeutung eines «Drohnen-Ökosystems» für die Schweiz, die Notwendigkeit der Weiterentwicklung des Bevölkerungsschutzsystems sowie die Rolle der Schweiz als Vorsitz in der Organisation für Sicherheit und Zusammenarbeit in Europa (OSZE). Zudem analysiert es die Herausforderungen und Chancen, die sich für das Labor Spiez aus dem Wandel des Umfelds und dem technologischen Fortschritt ergeben. Eröffnet wird das Bulletin mit einem Interview mit Bundesrat und VBS-Vorsteher Martin Pfister.

Link: https://css.ethz.ch/publikationen/bulletin-zur-schweizerischen-sicherheitspolitik/details.html?id=/b/u/l/l/bulletin_2025_on_swiss_security_policybu

Realising Societal Resilience for a Whole of Society Approach to Defence

[RUSI, 14.10.2025, Katharine A.M. Wright]

Open and democratic societies are inherently vulnerable to information warfare: influencing citizens’ votes can give foreign actors leverage over what should be domestic decisions. But resilience against disinformation is only one dimension of societal resilience—a broad concept spanning everything from citizens’ critical thinking to universities training enough doctors for potential mass-casualty events, to education that gives young adults a basic grasp of security policy and resilience. Wright argues that effective societal resilience depends on strong trust in government and on people feeling safe rather than preoccupied with other pressures. From this perspective, she highlights the UK’s housing and health crises as key factors undermining societal resilience.

Link: https://www.rusi.org/explore-our-research/publications/commentary/realising-societal-resilience-whole-society-approach-defence

Why Mechanized Warfare Will Still Be Decisive in the Next Land War

[War on the Rocks, 02.01.2026, Scott Rutter, Matthew C. Paul]

Rutter and Paul argue that the war in Ukraine shows mechanised forces are not obsolete: they remain essential for seizing and holding ground. Their effectiveness, however, depends on operating within a “window of advantage”. On a sensor-saturated, drone-rich battlefield, tanks work only when commanders create brief windows through deception, ISR, electronic warfare, rapid breaching, and tightly synchronised fires. Platform upgrades alone are therefore insufficient. The authors call for shifting emphasis toward unmanned systems, EW, ISR, AI-enabled command and control, and logistics that can sustain short, violent mechanised thrusts.

Link: https://warontherocks.com/2026/01/why-mechanized-warfare-will-still-be-decisive-in-the-next-land-war/

Ten Jolting Takeaways from Trump’s New National Security Strategy

[War on the Rocks, 05.12.2025, Rick Landgraf]

This article gives a quick summary of the new National Security Strategy of the US, released in November 2025. Apart from being influenced by US domestic politics, it highlights how the strategy seeks to prioritise US influence in the Western hemisphere over influence in other regions, in what has been called the Trump Corollary to the Monroe Doctrine, or the “Donroe Doctrine”. In regards to Europe, the prioritisation of the Western hemisphere goes hand-in-hand with the US attitude towards European defence changing from an attempt at burden-sharing to burden-shifting.

Link: https://warontherocks.com/2025/12/ten-jolting-takeaways-from-trumps-new-national-security-strategy/

Faster Wars, Smarter Minds: Driving the Army’s Quiet Cognitive Revolution

[War on the Rocks, 02.09.2025, Milford Beagle Jr.]

Beagle’s core claim is that battlefield technology is advancing faster than human cognition can keep up—so building cognitive capacity is as important as investing in new systems. He frames AI as “additional intelligence”: a tool for synthesis and pattern-finding that expands what staffs can see and process, not an automatic decision-maker or a substitute for responsibility. The article argues that US professional military education is being redesigned to build that cognitive edge—by strengthening adaptive and creative thinking, using AI-enabled tools to personalise learning, and accelerating doctrinal updates. The aim is leaders who ask better questions, critically test machine outputs, and integrate new capabilities ethically and effectively.

Link: https://warontherocks.com/2025/09/faster-wars-smarter-minds-driving-the-armys-quiet-cognitive-revolution/

A Secure Europe Between Gaullism and ‘Daddy’

[CEPA, 08.07.2025, Roland Freudenstein]

Europe faces an aggressive neighbour in the East and a transatlantic partner that is unpredictable at best—and hostile at worst. Against this backdrop, Freudenstein argues that Europe should choose neither an anti-American, Gaullist path nor subservience to the US. Instead, he claims the most responsible course lies between these two extremes.

Link:https://cepa.org/article/a-europe-secure-between-gaullism-and-washington/


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Leader's Digest Leader's Digest #25 Newsletter

Livre du mois: «Pearl Harbor: Japans Angriff und der Kriegseintritt der USA»

Quel est le message clé du livre ?

Melber raconte d’abord l’histoire avant la guerre, avec les longues négociations entre les États-Unis et le Japon et les manœuvres diplomatiques de 1941, puis les conflits politiques à Tokyo entre l’armée, la marine, le ministère des Affaires étrangères et les instances civiles, qui ont mené à une logique d’escalade. Il met ainsi fortement en avant le rôle de la diplomatie et ses limites, mais de manière plus analytique que programmatique, contrairement à la littérature appelant à la paix.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce livre ?

Il montre notamment que ce qu’on voit en ce moment dans la politique géopolitique et de sécurité internationale ressemble beaucoup à ce qui s’est passé à l’époque.

Y a-t-il des points sur lesquels vous ne soutenez pas l’argumentation du livre ou des domaines qui, selon vous, ne sont pas assez développés ?

Pas du tout. C’est au lecteur de faire le lien avec la réalité d’aujourd’hui. Par exemple, le sujet de l’utilisation et de la disponibilité des moyens de communication et les possibilités d’échanger à tous les niveaux qui en découlent, c’est un tout autre défi aujourd’hui.

À qui s’adresse votre recommandation ?

Pour ceux qui veulent comprendre la géopolitique dans son ensemble et la replacer dans un contexte historique.

En quoi ce livre vous a-t-il aidé dans votre quotidien de chef militaire ?

Ça montre l’importance de la communication entre les départements et m’a fait comprendre à quel point il est important que je comprenne aussi les autres départements.

À quel aspect du modèle Command-Leadership-Management attribuez-vous votre livre ?

Même si une bonne partie du livre parle du commandement, je pense que le leadership est au cœur du sujet, parce que la façon de voir et de pratiquer le leadership est vraiment différente entre le gouvernement, la politique, la diplomatie et l’armée.

Où voyez-vous les plus grands défis à venir pour la conduite dans l’armée suisse ?

La demande en matière de politique de sécurité pour plus de coopération et d’interopérabilité va forcément mener à plus de collaboration internationale et donc à des interdépendances. Ça va demander des efforts de conduite, par exemple pour prioriser les ressources ou le personnel.

Et où voyez-vous les plus grandes chances à cet égard ?

Toute collaboration, c’est donner et recevoir. Pour moi, la plus grande opportunité, c’est ce qu’on reçoit, le potentiel (compétences et connaissances) de nos alliés, qui peut renforcer notre capacité de défense.


À propos de l’auteur de la recension

La carrière du lt col EMG André Stirnimann a commencé par un apprentissage de dessinateur en bâtiment, mais depuis l’école de recrues à Isone, il n’a plus voulu quitter sa tenue de combat. Depuis, il a suivi plusieurs cours, missions et détachements à l’étranger en tant qu’officier de carrière. Il est actuellement officier de liaison de l’armée auprès de l’OTAN au Commandement allié Transformation (Norfolk VA, États-Unis). André Stirnimann est marié et père de deux filles. En plus de la moto et du sport, il dessine des meubles et s’est récemment lancé dans l’artisanat du cuir.

À propos du « Livre du mois »

Le « livre du mois » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.

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Leader's Digest Leader's Digest #25 Newsletter

Jeu de décision et recommandations d’action de Leader’s Digest #24

Les jeux de décision de Leader’s Digest vise à inciter les abonnés de cette newsletter à de se mettre – dans le cadre de scénarios – dans le rôle de personnes qui se trouvent confrontées à des défis éthiques ou tactiques.

Nous reprenons d’abord le dernier scénario présenté ; lt col EMG Patrick Hofstetter et Maj EMG Florian Schweizer désigneront ensuite les recommandations les plus pertinentes.

Jeu de décision de Leader’s Digest #24

Adversaire dans la zone d’intérêt

Intention présumée du régiment mécanisé 43 (ROUGE) :

  • Défend, sous couverture de combat avec des postes de campagne de la force d’une section sur la ligne WROGE (ND 61 61) – HÄTELER BERG (ND 67 62) – MÜDEN (ND 75 59 en dehors de la carte à l’EST),
  • avec deux bataillons mécanisés côte à côte, le bataillon mécanisé 431 à droite (notre fuseau d’attaque) et le bataillon mécanisé 432 à gauche, ici l’axe principal, en position 1, au nord de la ligne WIETZENDORF -FASSBERG, et deux bataillons en profondeur, le bataillon mécanisé 433 à droite en position 2 et le bataillon blindé 434 à gauche, au nord de la ligne WILDE BERGE (ND 62 69) – SUROIDE (ND 65 68) – OERREL (hors de la carte à l’est),
  • à partir de 020600Z nov xx pendant au moins 84 heures
  • afin de stopper l’attaque de la brigade blindée 13 (BLEU) – condition préalable pour garder ouverts les passages ELBESEITENKANAL (loin au nord-est).

Adversaire dans la zone de responsabilité

Intention présumée du bataillon mécanisé 431 (potentiel de combat restant 35 %, total 8 VCI BMP-2) :

  • Défend avec deux compagnies mécanisées réduites, effort principal à droite, en position 1 du régiment mécanisé 43, dans le secteur de part et d’autre de WIETZENDORF, sous sûreté de combat assurée par des postes avancés près de WROGE et HÄTELER BERG, afin de stopper l’attaque de la brigade de grenadiers mécanisés 13.

Moyens propres

4e compagnie de grenadiers de chars 132

  • 3 sections de grenadiers de chars avec véhicule de combat d’infanterie PUMA et MELLS (MELLS = missile antichar guidé, portée jusqu’à 5 km)
  • Effectif débarqué de 24 militaires par section de grenadiers de chars (le chef de section débarqué commande l’ensemble de la section)

La compagnie est entièrement apte au combat, ravitaillée en munitions, et vient de franchir la ligne de départ.

Mission

4e compagnie du bataillon de grenadiers de chars 132 (à l’EST)

  • Marche d’approche en empruntant l’itinéraire d’approche B.
  • Attaque en tête, effort principal à droite.
  • Perce les éléments de sûreté dans le secteur de HÄTELER BERG.
  • S’empare des franchissements WIETZE.
  • S’empare de l’objectif intermédiaire 1 du bataillon à l’EST de WIETZENDORF.
  • Est ensuite suivie par la 2e compagnie du bataillon de chars 133, effort principal à droite, le long de la ligne HAUSMANNSHÖHE (69/69) – ILSTER (au NORD, hors carte) – EHLBEK (au NORD, hors carte) – REHLINGEN (au NORD, hors carte).
  • Se prépare à arrêter, dans le secteur HAUSMANNSHÖHE, une contre-attaque du régiment mécanisé 43, en coordination avec des feux à trajectoire courbe et des barrages de mines dispersées.
  • S’empare de l’objectif d’attaque du bataillon.
  • Se prépare, sur l’objectif d’attaque du bataillon (AMELINGHAUSEN, loin au NORD), à occuper les positions 3.1 à 3.4.

Environnement

Le secteur au sud de WIETZENDORF est divisé en deux par le WIETZENDORFER MOOR et le GROSSES MOOR. Un axe d’attaque sur routes revêtues n’est possible à l’OUEST que par la B3 (route fédérale 3) et à l’EST que par la K12 (route de district 12) ou la K43 (route de district 43). Deux ponts porteurs se trouvent à l’EST de WIETZENDORF, l’un sur la K12 et l’autre sur la K43, tous deux MLC 100 (classe de charge militaire 100 tonnes). En novembre, en NIEDERSACHSEN, la météo apporte beaucoup de pluie et de brouillard. Le sol est détrempé et les forêts autour du HÄRTELER BERG sont difficilement praticables pour les matériels lourds.

Conditions temporelles

Le commandant de bataillon attend de vous que, dans les 90 prochaines minutes, vous ayez établi les franchissements de la WIETZE et engagé l’attaque sur l’objectif intermédiaire du bataillon.

Question

Quelle est votre décision en tant que commandant de compagnie ?

Recommandation d’action du jeu de décision de Leader’s Digest #24

Le Decision Game #24 a reçu un nombre record de huit réponses, même si le sujet était un peu plus compliqué que d’habitude pour beaucoup de lecteurs à cause du terrain allemand et de la terminologie allemande. On n’aurait pas pu faire l’appréciation de toutes les réponses à temps sans l’appui de l’auteur, le Maj EMG Florian Schweizer, qu’on remercie encore une fois.

Comme d’habitude, nous ne donnons pas de « solution d’école », mais nous discutons des trois meilleures réponses. On a divisé la question « Quelle est votre décision ? » en trois parties : la situation a-t-elle été bien comprise ? La décision est-elle faisable sur le plan tactique ? L’intention formulée peut-elle être transformée en un ordre cohérent ?

La première place revient au Cap Damien Bordier. Sa réponse était globalement la plus solide. Ce ne sont pas seulement la concision et la précision qui ont été déterminantes, mais surtout l’appréciation tactique. Il évalue correctement le rapport de forces, tient compte de la capacité de l’adversaire à poser des mines et réfléchit au combat dynamique de l’avant-poste. Son intention est réalisable, compréhensible et cohérente :

Je veux:

  • dans une 1ère phase, avec une section, prendre les hauteurs de HÄTELER BERG et préparer un appui feu sur les ponts 01 et 02
  • Dans une 2ème phase, avec 2 sections en même temps, prendre les ponts 01 et 02
  • Dans une 3ème phase, avec 2 sections, attaquer l’objectif intermédiaire WIETZENDORF depuis l’est en passant le pont 02
  • Dans une dernière phase, laisser passer BRAVO, réorganiser et me préparer à bar-rer à la hauteur de HAUSMANNS HÖHE (nouvelle donnée d’ordre).

Ce qui est particulièrement convaincant, c’est qu’il ne se concentre pas seulement sur la prise des ponts, mais garde aussi à l’esprit la poursuite du combat.

Ses ordres à la compagnie sont aussi clairs et concis. La structure des phases est compréhensible, les ordres et les intentions sont cohérents, le langage tactique est précis. Nous voyons principalement deux points à améliorer : premièrement, l’artillerie aurait pu être mieux intégrée dans sa réflexion. Deuxièmement, il faut noter que prendre deux ponts en même temps avec deux sections représente un défi. Cela ne change toutefois rien au fait qu’il s’agissait de la solution globale la plus convaincante.

Le lieutenant Maxime Rinderknecht arrive en deuxième position. Sa proposition était super courte, presque trop parfois, mais elle a convaincu sur plusieurs points. Les points clés de l’appréciation sont bien compris, et la volonté de développer différentes variantes mérite aussi d’être soulignée. Il faut aussi souligner la créativité de l’approche, le baptême du terrain avec une valeur ajoutée évidente pour les subordonnés et le dialogue tactique intégré à la fin.

En même temps, on voit aussi des limites claires. L’approche d’infiltration choisie peut sembler intéressante à première vue, mais elle ne tient pas assez compte de la pression du temps du commandant de bataillon. Quand on dispose d’environ 90 minutes maximum pour franchir les passages, on ne peut pas se permettre une infiltration à pied qui prend du temps. À cela s’ajoute une analyse insuffisante du terrain. Le combat debarqué proposé sur le terrain ouvert est peu approprié dans ce secteur, c’est pourquoi la division de la compagnie en éléments montés et débarqués n’est guère efficace. Dans l’ensemble, il s’agit d’une contribution intéressante et complète, avec de bonnes idées, mais sans la rigueur tactique du premier classé.

La troisième place revient au capitaine Raphael Iselin. Son travail était très détaillé et il a pris la peine de développer trois variantes et d’étudier activement le terrain. Le point fort choisi est aussi en gros le bon, et certains éléments, comme la demande à l’artillerie, sont bien pensés en soi.

Mais ce qui fait qu’il est moins bien classé, c’est une erreur de base dans l’évaluation de l’adversaire. Il surestime clairement les forces adverses dans le secteur d’engagement. Le bataillon mécanisé ne défend plus WIETZENDORF avec quatre sections, mais seulement avec environ deux sections et demie, selon les pertes supposées. L’avant-poste devrait aussi faire l’objet d’une appréciation plus petite. Cette erreur de départ se retrouve dans toute la solution et ne peut plus être rattrapée par la suite. En plus, le langage tactique reste souvent imprécis et l’intention n’est pas clairement définie. Sa contribution montre un travail de réflexion, mais reste clairement en retrait par rapport aux deux premiers en termes de densité tactique.

Juste derrière le podium, à la quatrième place, on retrouve d’ailleurs un officier de la Bundeswehr qui a travaillé de manière rigoureuse, avec une grande précision linguistique et, dans l’ensemble, de manière très claire. Selon nous, seule l’absence d’ordre complet l’a empêché de remporter ce jeu de décision.

Comme d’habitude, le gagnant remporte le livre du mois, «La règle ? Pas de règles ! Netflix et la culture de la réinvention» de Reed Hastings et Erin Meyer. La première place est également récompensée par un ensemble de symboles tactiques (compagnie de grenadiers de chars). La deuxième place est récompensée par un set de symboles tactiques représentant une section de grenadiers de chars, et la troisième place par un set de véhicules pour la représentation de la situation (section de grenadiers de chars bleue). Les trois prix supplémentaires ont été sponsorisés par TACSYMBOLS.CH – merci beaucoup.

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Leader's Digest Leader's Digest #24 Newsletter

Update Conduite : Février 2026

Stratos 2/2025

[Schweizer Armee, 30.10.2025]

Das neue Stratos ist da! Diese Ausgabe des zweimal jährlich erscheinenden Magazins der Schweizer Armee beschäftigt sich mit Human Security (HUMSEC). Durch die veränderte geopolitische Lage und die zunehmende Urbanisierung der Schweiz gewinnt der Schutz der Zivilbevölkerung in einem potenziellen bewaffneten Konflikt an Bedeutung. Insbesondere lesenswert ist hierzu das Interview mit Brigadier Christian Arioli (S. 88), aber auch die Beiträge zu Führungskonzepten der Schweizer Armee im internationalen Vergleich (S. 43), Leistungsoptimierung und Substanzmissbrauch in der Armee (S. 50), zivil-militärischer Zusammenarbeit (S. 95) sowie Bevölkerungsschutz im bewaffneten Konflikt (S. 102).

Link: https://www.vtg.admin.ch/de/stratos

Sechs Jahre an der Frontlinie der Verantwortung

[Schweizer Armee Podcast, 02.12.2025]

In diesem Gespräch spricht der ehemalige Chef der Armee, KKdt Thomas Süssli, offen darüber, wie er diese Jahre erlebt hat: über Entscheidungen unter Druck, über Kritik und Verantwortung, über Momente der Unsicherheit und darüber, was gute Führung in schwierigen Zeiten ausmacht. KKdt Süssli schildert die grösste Mobilmachung der jüngeren Geschichte der Schweizer Armee, erzählt vom Morgen des 24. Februar 2022, von der Herausforderung, stets präsent zu sein und von der Kunst, im richtigen Moment innezuhalten. Zugleich zeigt er, warum Realismus, Vorbereitung und eine starke Milizarmee unverzichtbar sind.

Link: https://youtube.com/watch?v=eOs0pV3fFTo

Risk and Resilience Report: The Strategic Value of Civil Protection Exercises

[CSS ETH, 09.2025, Jurgena Kamberaj, Simon Aebi]

Civil protection exercises are usually treated as operational training, but this report argues they also have strategic value, for example by creating political momentum for reforms. For the Swiss Armed Forces, exercises are one of the few practical ways to test and improve the state of information sharing, logistics and civil-military cooperation.

Link: https://css.ethz.ch/en/publications/risk-and-resilience-reports.html

The World in 2026

[Chatham House, 15.12.2025, Orysia Lutsevych]

This big-picture report of a British think tank considers 14 factors which are likely to shape 2026. They range from wars and conflicts in Ukraine and the Middle East to AI, Trump, health, nuclear weapons and political polarisation. Without a doubt, reading this wide-angle article will help its reader understand and compartmentalise the developments to occur in 2026.

Link: https://www.chathamhouse.org/publications/the-world-today/2025-12/world-2026

The Battle of Shusha City and the Missed Lessons of the 2020 Nagorno-Karabakh War

[Modern War Institute, 14.07.2021, John Spencer, Harshana Ghoorhoo]

This case study looks at the battles over control of the city of Shusha/Shushi in the Southern Caucasus. The city is situated on a hill and surrounded by mountainous terrain. Both Armenia and Azerbaijan have strong cultural ties to the city. After the Soviet Union broke apart, Armenia took control of the city in 1992. Azerbaijani forces launched an offensive on the Karabakh/Artsakh region in 2020, and the city changed hands. This article investigates the reasons that made the Armenian defences fail and what made the Azerbaijani offensive succeed and thereby provides valuable lessons on the conduct of urban warfare.

Link: https://mwi.westpoint.edu/the-battle-of-shusha-city-and-the-missed-lessons-of-the-2020-nagorno-karabakh-war/

Strategic Competition in the Age of AIEmerging Risks and Opportunities from Military Use of Artificial Intelligence

[RAND, 06.09.2024, James Black et al.]

In this comprehensive, 144-page RAND report, the authors investigate the risks and opportunities that come with integrating AI into the armed forces. The authors note that by facilitating deep fakes, enabling non-state actors and through managing nuclear arsenals, the application of AI in defence could potentially have catastrophic consequences. To guard against this threat, the authors suggests that knowledge of AI’s risks should be more thoroughly researched, and awareness of AI’s risks should be increased. Moreover, reminiscent of arms control, the authors suggest that military AI use should be transparent and regulated on an international scale. The link leads you to a summary page, there you can download the full report.

Link: https://www.rand.org/pubs/research_reports/RRA3295-1.html


À propos de « Update Conduite »

Le « Update Conduite » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.

Si vous découvrez des choses intéressantes à lire sur Command, Leadership ou Management, nous serions heureux que vous les partagiez avec nous. Nous serions heureux de recevoir des conseils pour le prochain numéro du Leader’s Digest par document.getElementById(« email-obfuscator-leadersdigest »).innerHTML= »r-znvy ».replace(/[a-zA-Z]/g,function(c){return String.fromCharCode((c=(c=c.charCodeAt(0)+13)?c:c-26);});[Activez JavaScript pour voir l’adresse e-mail].

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Leader's Digest Leader's Digest #24 Newsletter

Livre du mois: «La règle? Pas de règles! Netflix et la culture de la réinvention»

Quel est le message clé du livre ?

Le livre décrit la culture d’entreprise radicale de Netflix, qui mise sur la liberté, la responsabilité individuelle et la transparence. Au lieu de règles et de processus stricts, Netflix mise sur un environnement dans lequel les collaborateurs disposent d’une grande marge de manœuvre et assument des responsabilités.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce livre ?

Il a le courage de remettre radicalement en question les règles traditionnelles de conduite et fournit des exemples concrets montrant comment une culture de confiance et de responsabilité individuelle favorise l’innovation. Les aspects liés à la culture de confiance sont pour moi particulièrement importants dans le contexte militaire.

Y a-t-il des points sur lesquels vous ne soutenez pas l’argumentation du livre ou des domaines qui, selon vous, ne sont pas assez développés ?

Oui, l’accent mis sur l’ouverture et la liberté radicales pourrait ne pas être facilement transposable dans d’autres organisations, en particulier dans les domaines hiérarchiques ou critiques pour la sécurité, comme l’armée.

À qui s’adresse votre recommandation ?

À tous les cadres qui repensent leur culture d’entreprise ou travaillent dans des organisations qui souhaitent devenir plus agiles, innovantes et autonomes.

En quoi ce livre vous a-t-il aidé dans votre quotidien de chef militaire ?

Cela incite à réfléchir à la mesure dans laquelle on peut accorder une certaine responsabilité individuelle dans le domaine militaire. Tous les principes ne sont pas transposables, mais l’idée fondamentale qui consiste à privilégier la confiance plutôt que le contrôle est également source d’inspiration dans le quotidien du commandement militaire.

À quel aspect du modèle Command-Leadership-Management attribuez-vous votre livre ?

Clairement le leadership, car il s’agit de changement culturel, de confiance, de responsabilité et de développement humain.

Où voyez-vous les plus grands défis à venir pour la conduite dans l’armée suisse ?

Trouver le juste milieu entre la hiérarchie/discipline nécessaire et davantage de responsabilité individuelle et d’innovation. Au final, il s’agit de passer du management au leadership dans un champ de bataille en constante évolution.

Et où voyez-vous les plus grandes chances à cet égard ?

Dans la possibilité d’exploiter davantage le potentiel et la créativité des membres de l’armée grâce à une confiance ciblée et à moins de micromanagement.


À propos de l’auteur de la recension

Maj EMG Florian Schweizer est un ancien banquier privé. Il a effectué son instruction de base comme grenadier mécanisé de l’Armée suisse. Officier de carrière au sein du Centre d’instruction des troupes blindées et de l’artillerie, il sert actuellement comme officier d’échange à l’École des troupes blindées en Allemagne et poursuit en parallèle un master en gestion des ressources humaines. Pendant ses loisirs, il aime passer du temps avec sa famille avec deux enfants, pratiquer la randonnée, encadrer des groupes de marche, jouer au hockey sur glace et s’adonner à des jeux de stratégie.

À propos du « Livre du mois »

Le « livre du mois » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.

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Leader's Digest Leader's Digest #24 Newsletter

Jeu de décision et recommandations d’action de Leader’s Digest #23

Les jeux de décision de Leader’s Digest vise à inciter les abonnés de cette newsletter à de se mettre – dans le cadre de scénarios – dans le rôle de personnes qui se trouvent confrontées à des défis éthiques ou tactiques.

Nous reprenons d’abord le dernier scénario présenté ; ensuite, Dr Florian Demont, éthicien militaire à l’Académie militaire de l’EPF Zurich, présente les recommandations d’action que nous avons reçues.

Jeu de décision de Leader’s Digest #23

Un pays partenaire européen demande à la Suisse de lui apporter son appui à court terme dans le cadre d’un exercice de défense à grande échelle. La situation en matière de politique de sécurité est tendue, les activités hybrides se multiplient et l’opinion publique observe chaque mouvement militaire avec une sensibilité accrue. L’armée dispose des moyens et des compétences nécessaires, mais un engagement entraînerait plusieurs conséquences. Une participation renforcerait la coopération internationale et améliorerait le savoir-faire national. En même temps, elle pourrait susciter la controverse sur le plan intérieur, car une partie de la population voit d’un œil critique une plus grande visibilité de la Suisse en matière de politique de sécurité.

Au niveau du commandement de l’armée, un dilemme se pose. L’armée doit-elle apporter son appui à l’exercice et ainsi envoyer un signal clair de sa disponibilité, comme le demande Bauer dans son livre [If You Want Peace, Prepare for War: A Blueprint for Deterrence] ? Ou doit-elle faire preuve de retenue afin d’éviter des tensions politiques internes et de ne pas peser inutilement sur la conception de la neutralité ?

Questions

Comment justifies-tu ta décision auprès des responsables politiques, de la troupe et du public ?

Recommandation d’action du jeu de décision de Leader’s Digest #23

Chères lectrices, chers lecteurs,

Notre EDG #23 a reçu un très bon accueil. Les contributions montrent que la question de la volonté de coopération dans un contexte tendu en matière de politique de sécurité touche au cœur de notre identité actuelle. Le dilemme entre l’appel à la dissuasion (tel que l’amiral Bauer le décrit comme un précieux moteur) et la prise en compte des sensibilités politiques internes a fait l’objet d’une analyse approfondie et plusieurs propositions de solutions d’excellente qualité ont été formulées.

Une chose est claire : dans ce contexte, la conduite ne consiste pas à appliquer un « modèle » statique ou à se cacher derrière des dogmes rigides. Il s’agit plutôt d’une tâche de conduite permanente et très dynamique, qui consiste à rééquilibrer sans cesse les impératifs militaires, notre neutralité politique et l’acceptation sociale dans une situation qui ne cesse de s’aggraver. Aujourd’hui, ceux qui dirigent doivent être capables de concilier les dures réalités opérationnelles – telles que la portée transfrontalière des systèmes d’armes modernes – avec les attentes sensibles d’un public démocratique. Cela nécessite non seulement des compétences tactiques, mais aussi une vision stratégique qui comprenne que la crédibilité militaire à l’extérieur est indissociable de la légitimité politique à l’intérieur. Seule cette gestion active et constante de la marge de manœuvre permet de garantir la capacité de défense sans compromettre le consensus social et la confiance dans l’armée.

Le gagnant : le capitaine Raphael Iselin – l’excellence par la synthèse

Après une évaluation minutieuse, la contribution du capitaine Raphael Iselin s’est avérée la plus convaincante. La qualité de ce projet réside dans la synthèse entre profondeur opérationnelle et maturité institutionnelle. Iselin soutient que la compétence militaire et le sens des responsabilités politiques ne sont pas contradictoires, mais se conditionnent mutuellement afin de rester capable d’agir dans un contexte de menaces complexes.

  • Déduction logique de la coopération : Iselin rompt avec les slogans superficiels et justifie la nécessité de la coopération internationale de manière cohérente à partir de la réalité physique des conflits modernes. À une époque où les armes à longue portée, les cyberopérations et les menaces hybrides ne connaissent plus de frontières nationales au sens classique du terme, la séparation purement géographique est souvent caduque sur le plan opérationnel. Iselin souligne que, par exemple, la défense aérienne moderne ou la protection des infrastructures critiques ne sont efficaces que si elles sont pensées et mises en pratique de manière interconnectée au sein même de l’espace européen. Dans ces conditions, un isolement militaire total ne signifierait pas la souveraineté, mais une perte massive d’efficacité opérationnelle, de profondeur de reconnaissance et de temps d’alerte précoce. Cette analyse honnête des sphères transfrontalières fournit la base technique nécessaire sur laquelle la politique peut et doit s’appuyer pour prendre des décisions viables.
  • La norme de communication de l’honnêteté opérative : un autre aspect central est la compréhension qu’a Iselin de l’interaction entre l’armée et la politique. L’article montre clairement que l’armée n’agit pas de manière autonome, mais doit préparer son expertise de manière à ce que l’exécutif politique – en la personne du conseiller fédéral compétent – soit en mesure d’agir et de communiquer. Iselin définit ici une nouvelle norme d’honnêteté opérationnelle : au lieu de se contenter de rassurer le public ou de présenter les actions militaires comme des actes purement technocratiques, le projet mise sur la transparence et l’exploration active. En fournissant aux responsables politiques les faits et les scénarios nécessaires, les experts militaires peuvent leur permettre de communiquer de manière crédible à la population le sens des exercices et des coopérations. Cette approche renforce la résilience démocratique, car elle fonde la confiance des citoyens sur une compréhension approfondie de la situation en matière de sécurité et positionne l’armée comme un partenaire fiable de la société.

Mention spéciale : rigueur stratégique et innovation pragmatique

Deux autres contributions méritent d’être saluées pour leurs perspectives spécifiques :

  1. Maj EMG Florian Schweizer : Son argument de cohérence est une contribution essentielle à l’ancrage politique. Il souligne qu’il serait stratégiquement contradictoire de soutenir des sanctions économiques, mais de se réfugier dans l’isolement par crainte de la neutralité dans le domaine de la formation militaire, qui est au cœur de notre prévoyance. L’armée est ici considérée comme un élément cohérent de la stratégie globale de la Suisse.
  2. Lt Maxime Rinderknecht : il propose une approche pragmatique en mettant l’accent sur l’aptitude à la milice. La proposition d’organiser la participation sur une base volontaire (en se référant à des exemples tels que TRIAS-25) est un moyen intelligent d’accroître le professionnalisme de nos formations de milice tout en garantissant l’acceptation politique interne par la motivation plutôt que par la contrainte.

Conclusion et réflexion

Ce document n’était pas un simple exercice intellectuel purement académique, mais un petit exercice de communication stratégique axé sur la réalité. Il nous invite à réfléchir au rôle de l’armée suisse dans le débat public et, surtout, à aborder la question de la responsabilité de l’interprétation des impératifs de la politique de sécurité. L’armée suisse ne doit pas se cantonner au rôle d’« artisan de la défense » qui se contente d’exécuter techniquement des ordres. Elle doit plutôt agir en tant que fournisseur indispensable d’expertise, qui traduit et traite les réalités militaires complexes et souvent inconfortables de manière à ce qu’elles puissent être communiquées de manière factuellement correcte dans l’arène politique et largement prises en compte dans la formation de l’opinion publique.

Cette tâche est existentielle : sans une compréhension approfondie de la population quant aux menaces modernes – des attaques hybrides aux systèmes d’armes transfrontaliers –, la base de tout effort de défense s’érode à long terme. Il doit y avoir une compréhension largement partagée du fait que la capacité de défense n’est pas en contradiction avec l’ouverture démocratique, mais qu’elle en est le bouclier.

Il n’existe pas de solution miracle qui permette de résoudre d’un seul coup toutes les tensions entre la tradition de neutralité et la coopération opérationnelle. Mais c’est précisément dans cette incertitude que réside un devoir professionnel : nous devons à l’État et au public une analyse honnête et sans concession de la situation, et aux troupes une capacité d’action rapide et résolue. Seuls ceux qui supportent les contradictions de notre époque et les surmontent par la communication peuvent garantir la sécurité dans un monde instable.

Nous remercions tous les participants pour leurs contributions et félicitons le capitaine Raphael Iselin pour son excellent article. Nous vous souhaitons une agréable lecture de « If you want peace, prepare for war » de l’amiral Rob Bauer.

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Leader's Digest Leader's Digest #23 Newsletter

Update Conduite : Decembre 2025

Auftrag. Mensch. Organisation. Führung zwischen Chaos und Perfektion.

[Verlag NZZ Folio, Patrick Hofstetter, Thomas Vogel und Reto Wegmann, 8. Dezember 2025]

Unter dem Dreiklang «Auftrag – Mensch – Organisation» verbinden die Autoren militärische Führungsprinzipien mit den Herausforderungen ziviler Organisationen und machen sie für den Alltag von Führungskräften nutzbar. Der kompakte Ratgeber präsentiert ihre persönlichen Erfahrungen anhand eines fiktiven Charakters, dem Oberleutnant Lukas Weber. Lukas ist Startup-Gründer, ETH Zürich-Abgänger, Milizoffizier, Freizeitmusiker. Er nutzt Tipps und Tricks aus seiner Führungsausbildung in der Schweizer Armee, um sich durch das Chaos seines Lebens zu kämpfen. Damit soll das Werk nicht nur hilfreich, sondern auch unterhaltsam zu lesen sein. Das Command-Leadership-Management-Modell und der OODA-Loop dienen dabei als robuste Orientierung: von der Problemerfassung über die Auftragsanalyse bis hin zu Lagemeetings, Kulturarbeit und persönlicher Stressregulation. Wer seine Führung zwischen Chaos und Perfektion bewusster gestalten will, findet in diesem Buch eine verständliche und zugleich anspruchsvolle Grundlage für den eigenen Führungsalltag – egal, ob Bereichsleiterin, Zugführer oder Projektverantwortliche.

Link: https://www.nzz-libro.ch/Auftrag.-Mensch.-Organisation.-978-3-03980-033-9

The Wartech Nexus – Are Military Structures Fit Enough?

[Defence Horizon Journal, 12.06.2025, Bernhard Schulyok, Lukas Grangl]

In this journal article, the authors argue that to stay effective, armed forces need the ability to integrate technological innovation quickly and effectively. Militaries’ institutional tendency to favour a purely conservative approach puts them at risk as they are unprepared if a potential enemy uses technological innovation to his advantage. Therefore, the authors see «institutional fitness», the military’s ability to change, as crucial. Their suggested path towards institutional fitness includes decentralised decision-making, public-private partnerships and cultural transformation. A valuable read.

Link: https://tdhj.org/blog/post/wartech-military-innovation/

Defense Secretary Pete Hegseth’s War with the Rules of Engagement

[Just Security, 09.10.2025, Daniel Maurer]

U.S. defense secretary Pete Hegseth, leader of the renamed Department of War, has repeatedly called for Rules of Engagements to be lifted, so that the hands of U.S. soldiers could be « untied ». He wants the U.S. Armed Forces to focus on lethality to be victorious, ignoring various other factors that contribute to military success, such as having a coherent (military) strategy that meaningfully bridges the existing means to the desired ends. The article notes how Hegseth’s denigration of the RoE risks encouraging lawlessness within the U.S. Armed Forces. As President Trump is deploying the National Guard domestically, such lawlessness can impact U.S. citizens not just peripherally, but directly. 

Link: https://www.justsecurity.org/122191/hegseths-war-rules-engagement/

When the Campaign Meets the City: Urban Battles and the Operational Level of War

[Modern War Institute, Alec Wahlman, 07.09.2020]

The author uses an example of a potential Russian advance on Warsaw to show how seemingly minor tactical successes can have operational-level effects. He then argues that the tactical level is not to be seen as divorced from the operational level of war, but rather that both should be connected meaningfully to serve the broader military strategic goals effectively.

Link: https://mwi.westpoint.edu/when-the-campaign-meets-the-city-urban-battles-and-the-operational-level-of-war/

Building Trust in Military AI Starts with Opening the Black Box

[War on the Rocks, 12.08.2025, Roy Lindelauf & Herwin Meerveld]

As the capabilities of AI are advancing, many pundits have already argued for a rapid integration of AI into the armed forces. Yet the authors of this article argue that if militaries’ AI adoption is hastened, they risk investing into AI-solutions that aren’t a solution at all. Moreover, over-reliance on AI carries its own risks, as does the skipping of answering ethical questions before deploying AI within the armed forces. The authors therefore argue that militaries should adopt AI, yet do so in a systematic and thought-out manner and not in haste. They propose that increasing AI literacy within the armed forces as well as within the defence sector can serve as a first step and will help militaries adopt AI systematically whilst also helping to mitigate the risks associated with AI-use in defence.

Link: https://warontherocks.com/2025/08/building-trust-in-military-ai-starts-with-opening-the-black-box/

Dispersed, Disguised, and Degradable The Implications of the Fighting in Ukraine for Future U.S.-Involved Conflicts

[RAND, 22.05.2025, Mark Hvizda et al.]

The authors of this RAND report look at the Russian War in Ukraine and which lessons can be drawn from it for future conflicts. Both the tactical and the operational level of war are investigated. The report addresses UAS and precision-mass strikes, how the gap between UAS and cruise missiles is shrinking, why offensive operations have become even more challenging, and why air superiority remains critical. The link leads you to a summary page, there you can download the full report.

Link: https://www.rand.org/pubs/research_reports/RRA3141-2.html

Drift or Abandonment? Exploring How US Domestic Politics and External Realities May Affect US Security Engagement in Europe 2025-2029

[Swedish Defence Research Agency, 09.09.2025, Alin Aronsson, Björn Ottosson]

As a reaction to the Trump administration’s chaotic behaviour and ever-changing approach to European security, the authors of this study analyse possible U.S. defence postures in Europe during Trump’s second term (2025–2029). They outline four scenarios: Policy Drift (gradual change), Bilateralisation (fragmented ties to Europe on a country-by-country basis), Asia First (abrupt Indo-Pacific pivot), and Abandonment (U.S. withdrawal from NATO). All scenarios involve reduced American military presence, creating risks for NATO cohesion and European security. The study urges European leaders to address these risks by strengthening interoperability and strategic cooperation to move towards strategic autonomy. A crucial first step towards autonomy would be compensating for existing European capability gaps of capabilities which for now only the U.S. armed forces can adequately provide, such as ISR (Intelligence, Surveillance and Reconnaissance), missile defence and long-range strike capabilities. The full report can be downloaded on the following page.

Link: https://www.foi.se/en/foi/reports/report-summary.html?reportNo=FOI-R–5777–SE

Breaking NATO’s Cult of the Urban Offense

[Modern War Institute, 16.08.2025, John Spencer et al.]

This article draws an interesting connection between the Allies’ struggle to liberate Nazi-occupied Europe and today’s focus of Western armies on the urban offense. John Spencer, Stuart Lyle and Jayson Geroux argue that this focus on the urban offense is not justified anymore in today’s context, and that training for urban defence should be prioritised. They conclude that “[o]ffense and defense are not opposites. They are interdependent. To focus on only one is to plan for failure.”

Link: https://mwi.westpoint.edu/breaking-natos-cult-of-the-urban-offense/


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