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Leader's Digest Leader's Digest #29 Newsletter Update Conduite

Update Conduite : Août 2026

Studie «Sicherheit 2026»

[MILAK ETH, 26.05.2026, Tibor Szvircsev Tresch et al.]

Die diesjährige Studie zur aussen-, sicherheits- und verteidigungspolitischen Meinungsbildung der Schweizer Stimmbevölkerung zeigt unter anderem: 50% sind der Ansicht, dass Auslandeinsätze der Schweizer Armee zur Sicherheit der Schweiz beitragen. Die Zustimmung zu einer Annäherung der Schweiz an die NATO ist um 3 Prozentpunkte auf 56% gestiegen. Nur noch 25% befürworten die Abschaffung der Wehrpflicht – der tiefste Wert seit 1983.

Link: https://css.ethz.ch/ueber-uns/CSS-news/2026/05/studie-sicherheit-2026.html

The Rise of AI Drone Warfare in Ukraine

[YouTube, 06.06.2026, War Archive]

Over the past few years, both sides in the Russo-Ukrainian War have adopted unmanned aerial systems (UAS) extensively at the tactical level. Deep strikes, including attacks on Russian oil refineries, also have strategic effects. Ukraine now fields improved fixed-wing drones that use AI for terminal guidance, enabling them to reach their targets even under electronic-warfare disruption. Combined with degraded Russian air defence capabilities, this means that Ukrainian medium-range strikes increasingly generate effects at the operational level. Protecting military logistics under similar conditions is therefore a pressing question for many armed forces.

Link: https://youtu.be/wjZhQdTGFno?si=JXjHbE4jVinugpud

Beyond FPVs: Learning the Lessons of the Ukraine War, All of Them

[Modern War Institute, 08.10.2025, Sam Scanlon]

Scanlon argues that the war in Ukraine is neither a crystal ball for future warfare nor irrelevant to it. While debate often remains fixated on aerial drones, innovation has spread across domains: ground robots increasingly perform routine and high-risk tasks, and maritime drones have evolved rapidly, as demonstrated by Ukrainian naval drones downing Russian fighter aircraft in May 2025. He further argues that low-cost deep-strike capabilities require equally low-cost defensive solutions. Overall, the article makes the case that armed forces must learn and adapt quickly enough to out-innovate a changing adversary.

Link: https://mwi.westpoint.edu/beyond-fpvs-learning-the-lessons-of-the-ukraine-war-all-of-them/

Will, Cohesion, Resilience, and the Wars of the Future

[CSIS, 16.09.2025, Daniel Byman]

This article by the Center for Strategic and International Studies reasons that modern conflicts depend as much on political unity and societal resilience as on military power. Drawing on Ukraine and the Middle East, it highlights three imperatives, namely building public trust to strengthen societal resilience, reinforcing alliance cohesion through coordination, and countering divisive disinformation.

Link: https://www.csis.org/analysis/chapter-2-will-cohesion-and-resilience

The Russian «Firehose of Falsehood» Propaganda Model

[RAND, 11.07.2016, Christopher Paul, Miriam Matthews]

Already having been published 10 years ago, this article examines in detail how modern Russian propaganda works, and why its inherent contradictions are not a flaw but rather a core feature. Paul and Matthews argue that people’s mental resilience and awareness are key in lowering their vulnerability to propaganda, saying “[D]on’t expect to counter Russia’s firehose of falsehood with the squirt gun of truth. Instead, put raincoats on those at whom the firehose is aimed”.

Link: https://www.rand.org/pubs/perspectives/PE198.html

Bevölkerungsschutz im bewaffneten Konflikt: Ländervergleich zu Schutzbauten und Evakuierungen

[CSS ETH, Mai 2026, Leonard Schliesser]

Zivile Resilienz ist ein zentraler Bestandteil militärischer Verteidigungsfähigkeit. Um die Wiederausrichtung des Schweizer Bevölkerungsschutzes auf militärische Konflikte zu unterstützen, vergleicht diese Fallstudie den aktuellen Stand ziviler Schutzbauten und Evakuierungskonzepten in Finnland, Deutschland, Polen und in der Ukraine. Besonders hervorgehoben werden dabei das umfassende Sicherheitsmodell Finnlands, das Tempo im Polnischen Bevölkerungsschutz sowie die forcierte Improvisationsfähigkeit im Ukrainischen Bevölkerungsschutz. Auf der verlinkten Website können Sie die komplette Studie als PDF-Datei herunterladen.

Link: https://css.ethz.ch/publikationen/css-studies/details.html?id=/b/e/v/l/bevlkerungsschutz_im_bewaffneten__konfli


À propos de « Update Conduite »

Le « Update Conduite » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien. Si vous découvrez des choses intéressantes à lire sur Command, Leadership ou Management, nous serions heureux que vous les partagiez avec nous. Nous serions heureux de recevoir des conseils pour le prochain numéro du Leader’s Digest par leadersdigest@leadershipcampus.ch.

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Leader's Digest Leader's Digest #29 Livre du Mois Newsletter

Livre du mois: «Philosophische Anthropologie und Religion»

Quel est le message clé du livre ?

À travers onze articles offrant des perspectives très variées, cet ouvrage propose un aperçu passionnant de la religion et de la religiosité en tant que composantes de l’identité humaine. La terminologie religieuse et les symboles religieux portés sous forme d’amulettes ou de tatouages sont fréquents non seulement sur les théâtres d’opérations, mais aussi chez les militaires de nos forces armées, souvent sans grande réflexion. Cet ouvrage propose différentes façons de prendre en compte ces aspects dans la pratique du commandement, sans pour autant instrumentaliser la religion ni porter atteinte à la liberté de culte.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce livre ?

Parce qu’il s’agit d’un recueil, l’ouvrage ne propose ni définition ni méthode uniforme, et donc potentiellement idéologique. Il revient aux lecteurs de se forger leur propre opinion.

Y a-t-il des points sur lesquels vous ne soutenez pas l’argumentation du livre ou des domaines qui, selon vous, ne sont pas assez développés ?

Non, car les différents articles s’appuient sur des arguments différents. Les lecteurs peuvent ainsi choisir eux-mêmes le point de vue qui correspond le mieux à leur expérience et à leurs convictions personnelles.

À qui s’adresse votre recommandation ?

À tous ceux qui souhaitent conduire des soldats de manière professionnelle tout en protégeant la liberté de religion, en tant que droit humain, dans la zone d’opération. Cette recommandation s’adresse également aux responsables qui souhaitent intégrer la religion de manière réfléchie et respectueuse dans leur propre pratique du commandement.

En quoi ce livre vous a-t-il aidé dans votre quotidien de chef militaire ?

Cet ouvrage présente des approches très variées permettant d’interpréter la perception religieuse d’un point de vue anthropologique, et met en lumière les motivations ou les freins qui peuvent en découler, tant chez les dirigeants que chez les dirigés.

À quel aspect du modèle Command-Leadership-Management rattachez-vous ce livre?

Leadership – car il s’agit avant tout d’intégrer de manière pertinente les connaissances anthropologiques dans sa propre pratique du leadership, tant dans le domaine civil que militaire : plus on identifie et reconnaît clairement les constantes humaines, plus on peut conduire et être conduit efficacement.

Où voyez-vous les plus grands défis à venir pour la conduite dans l’armée suisse ?

Je vois ici le même défi que chez nous, en Autriche. Il s’agit, face à un déluge (volontairement créé) d’informations et de suggestions d’actions dans l’espace numérique, de ne pas ignorer ni négliger les supérieurs hiérarchiques directs et les subordonnés, ainsi que leurs décisions.

Et où voyez-vous les plus grandes chances à cet égard ?

Dans le cadre de liens personnels, d’une réflexion claire et sereine sur ses propres racines et ses objectifs, ainsi que d’une coopération internationale constructive. Avec un clin d’œil venu d’Autriche : la « diplomatie de l’Apfelstrudel » peut elle aussi y contribuer. Il s’agit de prendre le temps de partager un repas, d’engager la conversation et de rester ouvert à son interlocuteur.


À propos de l’auteur de la recension

Le Militärdekan (aumônier) Stefan Gugerel enseigne, parallèlement à son activité d’aumônier militaire catholique, l’éthique militaire à l’Académie des sous-officiers de l’armée de terre à Enns ainsi qu’à l’Académie militaire thérésienne à Wiener Neustadt. Ses engagements à l’étranger l’ont jusqu’ici mené au Tchad, au Kosovo, en Bosnie-Herzégovine ainsi qu’au Liban. Pour Gugerel, James Bond et Star Trek constituent deux sources de culture populaire particulièrement intéressantes pour aborder des scénarios relevant de l’éthique militaire.

À propos du « Livre du mois »

Le « Livre du mois » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.

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Leader's Digest Leader's Digest #29 Newsletter TDG

Jeu de décision et recommandations d’action de Leader’s Digest #28

Les jeux de décision du Leader’s Digest vise à inciter les abonnés de cette newsletter à de se mettre – dans le cadre de scénarios – dans le rôle de personnes qui se trouvent confrontées à des défis éthiques ou tactiques.

Nous reprenons d’abord le dernier scénario présenté ; ensuite, Maj EMG Anton Regli et Col EMG Patrick Hofstetter, enseignant conduite et communication à l’Académie militaire de l’EPF Zurich, présentent les recommandations d’action que nous avons reçues.

Jeu de décision de Leader’s Digest #28

«Commandant, Commandant, Ils sont là ! Les ORIONISTES attaquent.» Tu es brutalement tiré de ton sommeil. Il te faut d’abord un instant, puis la nouvelle réalité te frappe comme une gifle :

Nous sommes en 2028, la guerre fait rage en EUROPE. Les États-Unis se sont détournés du partenariat transatlantique. Après une pression massive et des actions hybrides sur le front oriental, l’OTAN s’est fragmentée en alliances régionales de défense. La HONGRIE et l’AUTRICHE cèdent de plus en plus à la pression politique de l’agresseur oriental ORION. Celui-ci a annoncé vouloir entraîner la défense avancée de la patrie dans le cadre de la manœuvre WESTWIND 28. À cet effet, la 42e armée blindée de la Garde s’est déployée dans la région du VORARLBERG.

En réaction à la dégradation de la situation, le Conseil fédéral a mobilisé l’armée il y a trois mois et nommé un commandant en chef de l’armée. La population est divisée et effrayée. Dans les grandes villes en particulier, des voix réclament une adaptation : «mieux vaut vivre sous ORION que mourir inutilement». Le moral de l’armée reste en revanche intact, même si l’ancienneté du matériel et les faibles stocks préoccupent la troupe et ses chefs.

La conduite cohérente de l’armée s’est révélée difficile dès le début, car le système de commandement et de contrôle n’est pas encore introduit sur l’ensemble du territoire et nos réseaux semblent compromis. Des drones d’attaque ont déjà été employés ponctuellement contre des objectifs militaires et civils en SUISSE ORIENTALE, mais ORION en a toujours contesté l’attribution. La défense sol-air a révélé à cette occasion de graves lacunes. De plus, des actions régulières de probing sollicitent de plus en plus la flotte des anciens FA-18, et l’espace aérien n’est plus que partiellement sous notre contrôle.

Pour toutes ces raisons, le commandement de l’armée a opté pour un dispositif de déploiement très décentralisé. Une grande partie des formations d’infanterie a été immédiatement engagée pour protéger la frontière et les infrastructures critiques. Elles remplissent leur mission avec discipline. Le Cdt en chef a en outre mis en place, avec des régiments de volontaires, un réseau de forces légères couvrant toute la SUISSE afin de prévenir l’espionnage, le sabotage et la subversion, et ainsi renforcer le sentiment de sécurité de la population. Les forces lourdes conduisent l’instruction en fonction de l’engagement (IFE) réparties sur l’ensemble de la SUISSE. Afin de préserver la liberté d’action, une autonomie logistique élevée a été ordonnée, c’est-à-dire qu’une grande partie du matériel et des munitions a déjà été perçue par les bataillons. Les réserves ont été décentralisées et réparties entre les divisions et les brigades.

Le bataillon mécanisé 29 se prépare dans la région de THOUNE à un engagement possible. Tu commandes la compagnie DELTA, qui se trouve dans le secteur d’attente de BLUMENSTEIN après les exercices de tir de la veille.

L’officier de garde Dugalesi, qui t’a réveillé, t’informe de la situation :

  • Aujourd’hui à 0500, l’ennemi a mené une frappe massive avec des missiles de croisière, des missiles balistiques et des drones d’attaque contre des objectifs symboliques ainsi que contre des infrastructures militaires de conduite et de logistique. ORION a manifestement lancé sa campagne de suppression de notre défense aérienne et de destruction de notre puissance aérienne. La situation aérienne est confuse. Les formations de protection de la frontière sont soumises à un feu d’artillerie massif, et une poussée terrestre est imminente.
  • Des hélicoptères de combat et des drones tactiques MALE (Medium Altitude Long Endurance) ont manifestement pénétré dans l’espace aérien à l’aube et tournent au-dessus de BERNE. Des images circulent également sur les réseaux sociaux montrant des hélicoptères de transport ayant atterri sur l’aérodrome de BELP, ainsi que des vidéos d’autres vagues d’appareils se déplaçant vers l’ouest à travers le pays.
  • Le régiment de volontaires BUBENBERG, stationné dans la ville fédérale, signale des combats avec des personnes en civil et rapporte l’arrestation d’agents à des checkpoints ainsi que des explosions dans la VIEILLE VILLE DE BERNE. La police a donc appelé la population urbaine à se rendre dans les abris et à ne pas quitter les habitations.
  • Aucune trace du Conseil fédéral jusqu’à présent. Des rumeurs indiquent toutefois que le gouvernement aurait voulu s’exfiltrer par l’aérodrome de BELP avant que celui-ci ne soit occupé par l’ennemi. Une vidéo tremblante prise avec un téléphone portable montre un convoi de véhicules tout-terrain noirs devant le terminal de l’aérodrome.
  • Le contact avec l’échelon supérieur est interrompu. Il faut partir du principe que le QG de la brigade a été touché.
  • Le S2 (officier renseignement) interprète la situation confuse du renseignement dans la région de BERNE comme une tentative de l’ennemi de briser rapidement la volonté du peuple et de l’armée par une attaque aérienne écrasante et une frappe stratégique de décapitation, afin d’éviter d’avoir à se frayer péniblement un chemin au sol.
  • Un premier posé d’assaut aérien à BELP a déjà eu lieu. Cette formation doit vraisemblablement sécuriser l’aéroport afin de permettre l’acheminement de forces supplémentaires. L’ennemi tentera probablement ensuite de prendre le contrôle de bâtiments gouvernementaux symboliques et de capturer ou tuer la conduite politique et militaire.
  • Le commandant du bataillon 29 a décidé de ne pas attendre davantage. Il a immédiatement déclenché ses éléments de reconnaissance afin de densifier l’image de la situation. Il veut
    • pousser avec une compagnie d’avant-garde le long de l’axe A6/H6 afin de l’ouvrir et de le maintenir ouvert ;
    • prendre avec deux compagnies le QUARTIER DU PALAIS FÉDÉRAL afin de le tenir et de créer des conditions favorables pour la STRATCOM (Strategic Communication);
    • détruire avec une compagnie l’ennemi héliporté à BELP afin de lui interdire l’acheminement de forces supplémentaires ;
    • assurer la logistique, y compris le service sanitaire, au moyen des processus établis dans l’IFE, avec de petites équipes mobiles de ravitaillement selon le principe de livraison vers l’avant.
  • La compagnie DELTA reçoit la mission suivante : «Prend et tient l’aérodrome de BELP. Empêche d’autres posés d’assaut aérien.» Et, selon les mots du commandant de bataillon : «Par pitié, ne me fusillez pas notre gouvernement national !»
  • L’officier de garde Dugalesi t’informe en outre qu’il a déclenché, comme mesure immédiate, l’alarme MECCANO. Cela signifie que les sections établissent de manière autonome la disponibilité de marche et auront atteint le degré de disponibilité de marche IV («prêt au départ en quelques minutes») dans 1 heure.
  • Les chefs de section se présenteront auprès de toi dans 30 minutes pour la donnée d’ordres. Les contraintes temporelles excluent une planification détaillée de l’action. Ce qui est désormais requis, c’est un plan compréhensible et exécutable, ainsi qu’une conduite résolue au combat.

Ennemi

Il n’existe aucune information précise sur le dispositif ennemi à l’aérodrome de BELP. Le S2 estime que l’ennemi dispose des moyens suivants :

  • infanterie légère, au maximum de l’ordre de la compagnie
  • 3 à 4 véhicules légèrement blindés, probablement des BMP, modèle inconnu
  • toute la palette des moyens d’effet de l’infanterie, en particulier différents types de drones, armes antichars et mortiers.

Il faut en outre s’attendre à ce que des forces d’opérations spéciales ennemies, de l’ordre du groupe, se trouvent déjà dans la région afin d’appuyer les éléments débarqués.

Moyens propres

Ta compagnie est composée comme suit :

  • 2 capteurs pour la reconnaissance et la conduite du feu avec véhicule d’exploration 93/97, y compris TASYS
  • 1 section de chars avec 4 chars de combat 87 WE
  • 2 sections de grenadiers de chars avec chacune 4 chars de grenadiers 2000 NUV
  • 1 section de sapeurs de chars avec 4 chars du génie 21
  • 1 section de mortiers avec 4 mortiers 16
  • 12 microdrones, divers modèles destinés à l’acquisition visuelle d’informations, répartis entre les capteurs et les sections de combat
  • 1 section de commandement, comprenant 1 char de dépannage et quelques véhicules non blindés pour la logistique et le service sanitaire.

Les trois mois d’IFE ont fortement amélioré, comme prévu, le niveau d’instruction de ta compagnie. L’intégration des sapeurs de chars et des mortiers a fonctionné après certaines difficultés initiales. La boucle sensor-to-shooter est établie et fonctionne, tant que la technique fonctionne. Le moral et la discipline de la troupe sont très bons. Tu es heureux de pouvoir t’appuyer sur des sous-officiers fiables et expérimentés. Ton cadre supérieur se compose en grande partie d’officiers de milice et de sous-officiers supérieurs entreprenants, capables de trouver des solutions créatives à des problèmes tactiques et techniques.

Trois aspects te préoccupent surtout :

  • ce sera le premier engagement de combat de ta compagnie. Tu ne sais pas comment les chefs et la troupe réagiront à la réalité de tuer et de mourir. Il ne reste que la confiance dans l’entraînement, la résilience et la cohésion ;
  • le jeune chef de section Leo (char de combat Leopard), le lieutenant Capreol, est «fraîchement sorti de l’école» et dispose donc de connaissances tactiques limitées. Certes engagé par principe, mais souvent hésitant dans les décisions importantes, il s’appuie fortement sur l’expérience et l’initiative de ses commandants de char ;
  • lorsque les grenadiers de chars débarquent, plus rien ne les arrête. Après les exercices de certification il y a deux semaines, l’inspecteur a relevé que le moral très élevé de la troupe «confine parfois à la témérité». Une agressivité fondamentale ciblée bascule rapidement vers une forme de «trigger-happiness».

Environnement

Le terrain se présente conformément aux images satellites accessibles au public.

Pour cette journée d’avril, un brouillard élevé est annoncé. Il a fortement plu la semaine dernière.

Contraintes temporelles

La compagnie DELTA a atteint le degré de disponibilité de marche IV à 0600.

Aucune contrainte temporelle n’est connue concernant la durée de la mission ou un éventuel appui. Par ton réseau, tu sais que les camarades des bataillons frères 13 et 14 se trouvent dans les régions du KANDERTAL et du SEELAND.

Questions

  • Esquisse ta décision sur la carte et formule ton intention de manière simple et précise.
  • Justifie les aspects suivants en quelques phrases afin que tes chefs de section puissent comprendre ton intention :
    • Où et comment attends-tu le dispositif ennemi ?
    • Comment comptes-tu engager ta propre supériorité de feu ?
    • Quelles mesures prends-tu contre les hélicoptères de combat et les drones ?
    • Comment traites-tu la rumeur selon laquelle le Conseil fédéral se trouverait dans la zone de combat ?

Recommandation d’action du jeu de décision de Leader’s Digest #28

« Point culminant BELP »

Cinq solutions détaillées nous sont parvenues pour le Tactical Decision Game « Point culminant BELP ». Malgré des accents différents, elles témoignent d’une remarquable unité de doctrine : tous les participants partent du principe que l’adversaire aéroporté tient l’aérodrome de BELP comme base d’opérations, sécurise ses accès et engage ses quelques véhicules blindés comme réserve mobile.

Les solutions suivent ainsi fondamentalement la même logique du combat interarmes : les capteurs assurent la reconnaissance et appuient la conduite du feu, les chars de combat établissent la supériorité de feu, les grenadiers de chars conduisent l’attaque, tandis que les sapeurs de chars garantissent la mobilité et rendent la piste inutilisable. Face aux drones et aux hélicoptères de combat adverses, les participants misent avant tout sur des mesures de protection passives telles que le camouflage, la dispersion, de courtes durées en position et la rapidité.

La présence supposée du Conseil fédéral n’est pas non plus considérée comme un obstacle à l’accomplissement de la mission. Des exigences accrues sont toutefois proposées en matière d’identification des objectifs, de conduite du feu et de progression dans le secteur du terminal. Les solutions auraient pu davantage tenir compte du fait qu’il s’agit simplement d’une désinformation ciblée de l’adversaire. Nous concentrons toutefois notre analyse sur un autre aspect.

Le point décisif : la marche d’approche

La faiblesse commune des solutions réside dans le fait qu’elles planifient principalement le combat sur l’aérodrome, mais prennent moins systématiquement en compte la marche d’approche sous la reconnaissance et les actions retardatrices adverses. ORION ne doit pas détruire les forces de réaction suisses. Il lui suffit de retarder leur arrivée jusqu’à la prochaine vague aéroportée.

Le terrain compartimenté autour de BELP permet à l’adversaire de bloquer des passages obligés avec peu de moyens, de canaliser les formations mécanisées et de les user au moyen d’embuscades ou d’attaques de drones. Une marche d’approche groupée par l’A6 et la HUNZIGENBRÜGG paraît certes évidente, mais elle est précisément particulièrement risquée : un seul véhicule détruit ou un obstacle simple pourrait bloquer toute la compagnie sur la mauvaise rive de l’AARE.

Dans la plupart des solutions, les drones adverses sont principalement envisagés comme un problème de protection. Ils constituent pourtant également un moyen de reconnaître la progression, de diriger les forces propres vers un terrain défavorable et de gagner du temps. Le recours quasi réflexe aux hauteurs dominantes ne convainc lui aussi que partiellement. Depuis HOHBURG, la possibilité d’agir efficacement sur l’aérodrome est incertaine ; à ENGLISBERG et ZIMMERWALD, les chars de combat devraient s’exposer sur des ruptures de terrain et seraient ainsi particulièrement vulnérables aux drones et aux armes antichars.

Il en découle une autre approche : marcher séparément et frapper ensemble. Les grenadiers de chars devraient progresser sur plusieurs axes, tandis que le détachement de chars serait maintenu comme élément de réserve mobile. Les capteurs seraient d’abord engagés pour reconnaître les axes d’approche propres, puis seulement pour acquérir des objectifs sur l’aérodrome. L’adversaire devrait ainsi répartir ses faibles moyens entre plusieurs menaces et pourrait moins facilement canaliser l’attaque.

Le vainqueur : lt Maxime Rinderknecht

La première place revient au lt Maxime Rinderknecht. Sa solution reconnaît mieux que les autres que le combat ne commence pas seulement sur l’aérodrome. Il répartit ses capteurs et ses forces dans plusieurs secteurs, tient compte de KEHRSATZ et des axes de fuite possibles et relie la situation tactique à l’importance opérative d’une seconde vague aéroportée ainsi qu’aux conséquences stratégiques d’une éventuelle présence du Conseil fédéral.

Son approche est toutefois complexe et exige une synchronisation rigoureuse. C’est précisément la dispersion spatiale qui la rend comparativement robuste : l’adversaire peut moins facilement retarder les forces suisses sur un axe unique, tandis que le détachement de chars peut verrouiller l’aérodrome ou intervenir là où une occasion favorable se présente en premier.

Mention honorable : plt Arthur Martin Lopez

Le plt Arthur Martin Lopez mérite une mention honorable. Sa solution est la plus cohérente en ce qui concerne l’intention, les points de décision, la boucle capteur-effecteur, la discipline de feu et le passage à la défense. Elle accorde en outre une attention particulière au facteur humain.

Les effets supposés du détachement de chars à distance ainsi que la marche d’approche centralisée sont toutefois problématiques. Cette dernière pourrait être stoppée par une seule embuscade avant même le déclenchement de la manœuvre de flanc prévue. Le plt Lopez présente ainsi le plan le plus abouti sur le plan méthodique, mais pas le plus robuste compte tenu du terrain et des délais disponibles.

Dans l’ensemble, les cinq propositions témoignent d’un bon niveau tactique et d’une compréhension commune du combat interarmes. L’enseignement central de ce TDG consiste toutefois à identifier le sous-problème déterminant: la question n’est pas seulement de savoir comment battre l’adversaire sur l’aérodrome, mais si les forces propres peuvent l’atteindre à temps et en conservant leur liberté d’action.

Nous félicitons chaleureusement le lt Maxime Rinderknecht et lui souhaitons beaucoup de plaisir à la lecture de «Clausewitz verstehen: Wirken, Werk, Wirkung» de Christian Th. Müller.

À propos du « Jeu de Décision »

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