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Leader's Digest Leader's Digest #31 Newsletter Update Conduite

Update Conduite : Octobre 2026

Complex Adaptive Systems: New Ways to Study Officer Training

[YouTube, 22.08.2026, Military History Not Visualized]

Warum modelliert man Kriegführung, statt nur aus der Militärgeschichte zu lernen? Oberst i Gst Patrick Hofstetter argumentiert, dass die verschiedenen Perspektiven sich ergänzen. Historische Vergleiche, qualitative und quantitative Forschung sowie Simulationen machen je andere Aspekte sichtbar. Gerade im Krieg fehlen oft verlässliche Daten. Agentenbasierte Modelle können deshalb helfen, wiederkehrende Muster und Wechselwirkungen zu erkennen. Das Gespräch führt von Selbstähnlichkeit und Flankenschutz bis zu einer sehr praktischen Frage: Wie lassen sich Ausbildung, Erholung und Einsatz von Truppen sinnvoll verbinden?

Link: https://www.youtube.com/watch?v=UsXad6BEt4k

Starke Führung ohne starke Führer: Was die Schweiz von zeitgemässer militärischer Führung lernen kann

[Sichtweisen Schweiz, 29.09.2026, Patrick Hofstetter]

Klare Aufträge, Respekt vor Menschen und handlungsfähige Organisationen: Militärische Führung verbindet, was in Krisen leicht auseinanderfällt. Davon kann nicht nur die Schweizer Armee lernen. In diesem Meinungsartikel legt der Autor dar, dass starke Führung nicht zwingend starke Führer braucht – und dass die Schweiz dies und vieles mehr von zeitgemässer militärischer Führung lernen kann, um für die die nächste Krise besser gewappnet zu sein.

Link: https://sichtweisenschweiz.ch/gesellschaft/starke-fuehrung-ohne-starke-fuehrer-was-die-schweiz-von-zeitgemaesser-militaerischer-fuehrung-lernen-kann/

OSINT at Home

[YouTube, Benjamin Strick]

True to Swiss Armed Forces operational guidelines «Augen vor Bewegung», any movement must be preceded by reconnaissance. Open-source intelligence (OSINT) can help soldiers gain the required situational awareness and can therefore support individual training and mission planning. Exploring the various functions of Google Earth Pro can serve as a useful starting point. For this purpose, a great resource is the «OSINT at Home» series on the YouTube channel «Bendobrown» of the OSINT investigator Benjamin Strick.

Important: As open-source information can be outdated, wrong or incomplete, it should be used carefully and in combination with other sources.

Link: https://www.youtube.com/watch?v=qW96515QG6Y&list=PLrFPX1Vfqk3ehZKSFeb9pVIHqxqrNW8Sy

Taiwan Is a NIGHTMARE for Drones – My Experience

[YouTube, 25.01.2026, Civ Div]

A lot of ink has been spilled about the effectiveness of aerial drones in the Russian-Ukrainian War. These wartime innovations and adaptations in Ukraine have prompted analysts to debate to what extent other armed forces can extract “lessons learned” from the ongoing war, and to what extent those lessons can solely be applied to the unique context of the Russian-Ukrainian War. A US-American who volunteered in the Ukrainian Special Operations Forces (SSO), and has also worked with the Taiwanese Armed Forces, now provides his viewers with insights on the factors in Taiwan which would force drone warfare to be conducted differently. He mentions how Ukraine is a country with vast open fields separated by tree lines, and how Taiwan features more mountainous and densely vegetated areas which carry implications for signal range, the effectiveness of enemy camouflage and so on. As parts of Switzerland are similarly mountainous to Taiwan, some of the video’s insights are relevant for the Swiss Armed Forces.

Link: https://www.youtube.com/watch?v=6sMWyFb_UrI

The Heart of War: Ukraine’s Key Battlefield System

[CEPA, 16.03.2026, David Kirichenko]

Ukrainian aerial drones and increasingly also ground drones are gathering a lot of international attention. Yet in this article, Kirichenko argues that this is just one part of the picture; hardware is one thing, software the other. The author stresses how important software such as the battlefield management system “Delta” is in coordinating hardware effectively. Delta is crucial for situational awareness and near real-time command. It helps with targeting and avoiding friendly fire. Moreover, integrated AI capabilities mean kill chains can further be shortened. Overall, the article shows how hardware is just part of the picture, and that for hardware to be truly effective it needs to be well-integrated within the larger system.

Link: https://cepa.org/article/the-heart-of-war-ukraines-key-battlefield-system/

Guns Not Missiles Will Defeat the Drone

[CEPA, 21.10.2025, David Brookfield]

Brookfield argues that Europe has invested too heavily in expensive missile-centric air defence when trying to solve the problem of cheap, mass-produced drones. He argues that low-cost drones can be produced and financed on a much larger scale than advanced interceptor missiles. He mentions the Falklands War and the current Russian-Ukrainian war to argue that a sustainable defence against massed attacks combines gun-based air defences with interceptor drones.

Link: https://cepa.org/article/guns-not-missiles-will-defeat-the-drone/


À propos de « Update Conduite »

Le « Update Conduite » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien. Si vous découvrez des choses intéressantes à lire sur Command, Leadership ou Management, nous serions heureux que vous les partagiez avec nous. Nous serions heureux de recevoir des conseils pour le prochain numéro du Leader’s Digest par leadersdigest@leadershipcampus.ch.

Nouveau : tous les articles parus jusqu’à présent dans la rubrique « Update Conduite » sont désormais disponibles dans les Archives Update Conduite.

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Leader's Digest Leader's Digest #31 Livre du Mois Newsletter

Livre du mois: «No More Heroes: Madness and Psychiatry in War»

Quel est le message clé du livre ?

Gabriel étudie les limites de résistance psychologique des soldats en temps de guerre. Son analyse du « soldat chimique » et de l’influence pharmacologique sur l’anxiété, l’épuisement et la capacité à tenir le coup revêt une importance particulière. Cet ouvrage met en lumière la frontière entre traitement médical, amélioration des performances militaires et devoir de protection.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce livre ?

Le langage clair et direct ainsi que la retenue délibérément objective de l’auteur permettent de ressentir directement l’horreur de la guerre, sans pour autant la réduire à une abstraction clinique.

Y a-t-il des points sur lesquels vous ne soutenez pas l’argumentation du livre ou des domaines qui, selon vous, ne sont pas assez développés ?

Cet ouvrage a été publié en 1987 et est donc marqué par la guerre froide. Il ne peut donc pas tenir compte des changements de paradigme liés à la « Global War on Terror » et à la guerre russo-ukrainienne.

À qui s’adresse votre recommandation ?

Aux soldats et aux supérieurs hiérarchiques peu expérimentés et naïfs quant à la réalité de la guerre.

En quoi ce livre vous a-t-il aidé dans votre quotidien de chef militaire ?

Cela m’a fait prendre pleinement conscience des horreurs de la guerre et de la responsabilité qui incombe à un supérieur hiérarchique. Cela m’a permis de faire le lien avec mon expérience de soldat en Afghanistan.

À quel aspect du modèle Command-Leadership-Management rattachez-vous ce livre ?

La dimension humaine, notamment le leadership, occupe clairement une place centrale dans cet ouvrage. L’accent mis sur le leadership est essentiel pour se préparer à la guerre.


À propos de l’auteur de la recension

Le capitaine Alexander Schäbler est officier régional chargé de la jeunesse au sein de la Bundeswehr à Potsdam et chargé de mission en matière de politique de sécurité. Il intervient dans les écoles et auprès du grand public pour aborder les questions de la guerre et de la paix, ainsi que la politique étrangère et de sécurité allemande. Auparavant, il a servi au sein du Service central de santé militaire et a été déployé en Afghanistan et au Mali. Cap Schäbler est titulaire d’un master en études stratégiques et est membre permanent du comité consultatif chargé des questions de commandement interne auprès du ministre allemand de la Défense.

À propos du « Livre du mois »

Le « livre du mois » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.

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Leader's Digest Leader's Digest #31 Newsletter TDG

Jeu de décision et recommandations d’action de Leader’s Digest #30

Les jeux de décision de Leader’s Digest vise à inciter les abonnés de cette newsletter à de se mettre – dans le cadre de scénarios – dans le rôle de personnes qui se trouvent confrontées à des défis éthiques ou tactiques.

Nous reprenons d’abord le dernier scénario présenté ; ensuite, Col Patrick Hofstetter, enseignant conduite et communication à l’Académie militaire de l’EPF Zurich, présente les recommandations d’action que nous avons reçues. Ce mois-ci, le gagnant recevra, en plus du livre du mois du mois dernier, le jeu de société « Offensive Le Jeu ».

Lien vers le jeu de société : Via Negativa – Offensive le jeu

Jeu de décision de Leader’s Digest #30

Avant-propos

Via Negativa est un outil d’appréciation de situation : à partir d’un ordre de bataille, d’un plateau et d’un dispositif donnés (Partie A), bornés par des servitudes de mouvement, de portée, le participant formule un jugement tactique. Le participant n’y exécute rien : il ne déplace pas de pion selon des règles de résolution, il ne tranche aucun combat. Son rôle est d’analyser la situation posée et de produire une appréciation — possibilités d’évolution et intention de combat — comme il le ferait face à une situation réelle. La plus-value didactique de la Via Negativa tient à cette discipline : en commençant par écarter ce qui est impossible plutôt qu’en imaginant ce qui est souhaitable, elle réduit le risque de construire un raisonnement à partir d’un scénario choisi à l’avance, et resserre le jugement sur ce que la situation permet réellement. La méthode s’appelle Via Negativa parce qu’elle commence par ce qui est exclu, non par ce qui est possible : on établit d’abord ce que Rouge ne peut pas faire, avant de risquer une hypothèse sur ce qu’il fera probablement.

Les éléments ci-dessous sont donnés : ils décrivent la situation de départ et le cadre du problème. Veuillez consulter l’image ci-dessous.

Situation

Bleu (BLUEFOR) est la propre force chargée de progresser vers un objectif (case N6). Rouge (OPFOR) est une force adverse déployée en position défensive.

Ordre de bataille

BLUEFOR
  • 1 compagnie d’infanterie légère (Symbole : 2 fantassins)
  • 1 compagnie d’infanterie mécanisée (Symbole : soldat avec arme antichar)
  • 2 compagnies de chars de combat (Symbole : char)
  • 2 sections de drones effecteur (tir indirect) (Symbole : drone)
OPFOR
  • 2 compagnies d’infanterie légère en case L8 et J5
  • 1 compagnie de chars de combat en case L9
  • 1 section de drone effecteur (tir indirect) en case I5

Plateau et terrain

Grille de 26 × 16 cases. Colonnes numérotées de 1 à 10, lignes repérées de A à O. Chaque case représente un type de terrain.

  • Cases blanches — terrain découvert. Permet le mouvement des unités lourdes (infanterie mécanisée / chars de combat).
  • Cases vertes — terrain couvert. Position défensive avantageuse pour l’unité qui s’y trouve.
  • Cases grises claires — zones urbaines. Position défensive avantageuse pour l’unité qui s’y trouve.
  • Cases grises foncées — réseau routier. Permet le mouvement des unités lourdes (infanterie mécanisée / chars de combat).
  • Cases bleues — rivières. Une rivière ne peut être franchie que par un pont, quel que soit le type d’unité.

Dispositif de départ

OPFOR est déployé selon son dispositif défensif. BLUEFOR établit son propre dispositif de départ sur les cases qui lui sont attribuées.

Objectifs

BLUEFOR doit s’emparer vers la case objectif (N6) (case marquée d’un carré bleu en traitillé).

Mouvement et portées des systèmes

Ces éléments bornent ce qu’une unité peut ou ne peut pas faire. Ce sont des limites de capacité et de posture.

Compagnie d’infanterie légère

Mouvements : Jusqu’à 2 cases par séquence temporelle (environ 30’), tout terrain sauf rivière — franchissement possible uniquement par un pont.

Efficacités/portées : 2 cases, 1 case en terrain couvert ou urbain.

Compagnie d’infanterie mécanisée

Mouvements : Jusqu’à 3 cases par tour terrain découvert ou réseau routier uniquement — ni terrain couvert, ni zone urbaine, ni rivière hors pont.

Efficacités/portées : 1 case, sans influence du terrain.

Compagnie de chars de combat

Mouvements : Jusqu’à 3 cases par tour terrain découvert ou réseau routier uniquement — ni terrain couvert, ni zone urbaine, ni rivière hors pont.

Efficacités/portées : 3 cases en terrain découvert, 1 case en terrain couvert ou urbain avec route.

Section de drone effecteur

Mouvements : Jusqu’à 2 cases par séquence temporelle (environ 30’), tout terrain sauf rivière — franchissement possible uniquement par un pont.

Efficacités/portées : 3 cases, sans influence du terrain.

Questions

À partir des seules conditions de jeu et servitudes à respecter, établir une appréciation de situation en quatre volets, dans cet ordre :

  1. Impossibilités de OPFOR. Avant toute hypothèse positive, établir ce que OPFOR ne peut pas faire — ce que les conditions et servitudes excluent d’emblée. Ce volet ne cherche pas ce que OPFOR fera, mais ce qui est déjà hors de sa portée.
  2. Possibilité de développement déterminante. Une fois les impossibilités posées, quelle évolution de la situation, parmi ce qui reste ouvert à OPFOR, est la plus probable ou la plus lourde de conséquences pour BLUEFOR ?
  3. Intention de combat. Pour la possibilité déterminante, ce que BLUEFOR déciderait de faire — formulé de façon synthétique : Force – espace – temps – information, avec justification.
  4. Situation de départ. En tant que BLUEFOR, comment vais-je placer mes 5 unités au début sur les cases A3 à A8 ?

Recommandation d’action du jeu de décision de Leader’s Digest #28

Avec le Decision Game #30, nous avons pour la première fois proposé un TDG fondé sur le concept de jeu Via Negativa. La différence essentielle par rapport aux TDG précédents réside dans le fait que l’on ne cherche pas immédiatement la meilleure solution tactique. Le point de départ consiste plutôt à déterminer ce que l’adversaire ne peut pas faire. Sur la base de ce processus d’exclusion, on déduit une possibilité déterminante d’évolution de la situation adverse, puis l’intention de combat propre. Le plateau de jeu sert ainsi de base structurée à l’appréciation tactique – sans qu’il soit nécessaire de jouer effectivement les différents tours.

Nous avons tenu compte de cette logique dans l’évaluation. Chaque solution a été notée sur une échelle de 0 à 5 selon cinq critères : impossibilités de l’OPFOR 25 %, possibilité déterminante d’évolution de la situation 20 %, intention de combat 30 %, cohérence interne et dispositif initial 10 %, ainsi que décisions réservées et capacité d’adaptation 15 %. La qualité de l’analyse de ROUGE représente ainsi 45 % de la note. Ce choix est délibéré : une bonne intuition tactique peut conduire au bon résultat dans une situation donnée ; une méthode explicite et vérifiable doit, en revanche, rester applicable lorsque la situation change.

Trois approches différentes

Les trois contributions illustrent très clairement cette différence. Le cap Raphael Iselin obtient la première place avec 2,95 points sur 5 ; les deux autres solutions sont proches, avec respectivement 2,30 et 2,10 points.

Le cap Iselin convainc notamment par l’analyse la plus systématique des possibilités d’action adverses. Il combine les capacités de mouvement et les portées d’action des différents systèmes d’armes pour en déduire les limitations de l’OPFOR. Il relève également que l’objectif N6 n’offre lui-même aucune protection et identifie la section de drones adverse comme un élément-clé qu’il convient de neutraliser le plus tôt possible. Sa volonté d’obtenir une « avance dans la décision » touche ainsi à un mécanisme central de la situation. Sa solution comporte toutefois également des erreurs. Son effort principal passe par le franchissement sud, couvert par les drones et les chars, alors que le franchissement nord se trouve initialement hors de portée des chars rouges. La qualité de l’analyse ne se traduit donc pas entièrement dans sa propre intention de combat. En outre, plusieurs possibilités d’évolution adverses sont évoquées sans que l’une d’elles soit clairement désignée comme déterminante ou particulièrement dangereuse.

Le deuxième suit presque le chemin inverse. Son idée de manœuvre est celle qui se rapproche le plus de notre solution de référence : il choisit le franchissement nord, entend d’abord y battre une partie limitée de l’adversaire et ainsi combattre les forces rouges successivement plutôt que simultanément. Ses réflexions sur l’adaptation ultérieure à la réaction adverse vont également déjà dans le sens de décisions réservées. Le problème réside surtout dans la justification. La première étape de la Via Negativa est à peine appliquée ; elle est en partie remplacée par un raisonnement en miroir du type « si j’étais l’adversaire, je ferais… ». L’intuition tactique est donc plausible, mais seulement partiellement reproductible. S’y ajoutent quelques incohérences dans le dispositif initial ainsi que la fixation de forces devant le franchissement central, particulièrement bien couvert.

Le troisième, qui suit de près, propose quant à lui le cadrage formel le plus rigoureux de l’exercice. Il identifie deux ambiguïtés réelles dans l’énoncé, calcule le temps nécessaire pour atteindre N6 et formule un besoin en renseignement relativement précis, assorti de déclencheurs pour les décisions ultérieures. Son idée de dégrader d’abord les forces rouges avant l’action décisive va également dans la bonne direction. Ici aussi, le principal problème réside toutefois dans le manque de cohérence entre l’analyse et l’ordre : bien qu’il constate lui-même que l’OPFOR peut agir plus rapidement sur N6, sa solution finit malgré tout par se transformer en course vers l’objectif. S’y ajoutent des erreurs de calcul concernant l’action des drones et un effort par le franchissement central, couvert par trois systèmes adverses.

La comparaison des trois solutions montre ainsi particulièrement bien pourquoi la méthode a été davantage pondérée dans ce TDG que la simple concordance avec une solution de référence. Pour un instrument destiné à entraîner l’appréciation tactique comme la Via Negativa, la qualité de la démarche analytique est finalement déterminante. L’analyse de référence montre par ailleurs que la situation doit être comprise moins comme une course vers N6 que comme un problème de séquençage : d’abord maîtriser le drone adverse et les positions de feu dangereuses, ensuite réduire les différents éléments adverses, et seulement à la fin occuper l’objectif.

Nous félicitons chaleureusement le cap Raphael Iselin et lui souhaitons beaucoup de plaisir à la lecture de What I Learned Losing a Million Dollars de Jim Paul et Brendan Moynihan, ainsi qu’à la découverte du jeu de plateau Offensive Le Jeu, offert en complément.

En novembre, nous proposerons à nouveau un TDG fondé sur ce concept de jeu. Pour la prochaine édition, nous recommandons à toutes les participantes et à tous les participants de garder en particulier les trois points suivants à l’esprit :

  1. Exclure d’abord, puis raisonner sur le champ restant. Avant toute hypothèse sur le comportement adverse, établir ce que chaque unité adverse ne peut pas faire en fonction du mouvement, de la portée et du terrain. Le plan s’appuie ensuite uniquement sur le champ qui subsiste : si cette base est solide, le reste du raisonnement l’est aussi.
  2. Dimensionner le plan sur le dangereux, pas sur le probable. Dans le champ restant, la possibilité la plus probable n’est pas forcément celle contre laquelle le plan doit tenir. Le plan doit rester robuste face à la plus dangereuse, parce que c’est elle qui fait basculer la situation si elle se réalise.
  3. Rattacher les décisions réservées aux exclusions. Pour chaque ajustement, formuler le déclencheur sous la forme « si X est observé, Y suit », et préciser quelle exclusion X remettrait en cause. Le plan reste ainsi lié à ses fondations et se corrige dès que l’une d’elles cède.

À propos du « Jeu de Décision »

Le « Jeu de Décision » est une rubrique récurrente de la newsletter Leader’s Digest. Cette newsletter est le fruit d’une coopération entre le Leadership Campus de l’Armée suisse et les études conduite et communication de l’Académie militaire à l’EPF de Zurich. Si vous n’êtes pas encore abonné au Leader’s Digest, vous trouverez de plus amples informations ainsi que le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien.

Nouveau : vous trouverez tous les articles parus jusqu’à présent dans la rubrique « Jeu de Décision », classés et archivés, en cliquant sur les deux liens suivants :

Archives Jeu de Décision tactique

Archives Jeu de Décision éthique